Cameroun: Le journaliste adolarc lamissia convoqué après son article sur la grève des camionneurs

10 Décembre 2025

Le journaliste Adolarc Lamissia, du quotidien Le Jour, se retrouve au cœur d'une affaire sensible illustrant les tensions persistantes entre le pouvoir et la presse au Cameroun. Le reporter a été sommé de se présenter devant la Brigade de recherches de Ngaoundéré suite à la publication en Une d'un article intitulé « Les camionneurs durcissent leur grève ». Cette convocation pour un simple fait de publication, survenu dans la journée, marque une escalade dans la pression exercée sur les médias qui couvrent des sujets d'agitation sociale.

L'article en question portait sur le mouvement des transporteurs routiers, une grève des camionneurs qui a affecté l'économie locale et les chaînes d'approvisionnement, notamment dans la région de l'Adamaoua et le long de l'axe routier vital reliant le nord et le sud du pays. La grève, motivée par des revendications sur les conditions de travail ou les taxes, a eu un impact majeur sur le transport des marchandises. Le choix du titre, soulignant l'intensification du mouvement ("durcissent leur grève"), a manifestement attiré l'attention des autorités.

La convocation d'Adolarc Lamissia, l'obligeant à se rendre devant une unité de gendarmerie pour être entendu, est perçue par les défenseurs de la liberté de la presse comme une tentative d'intimidation visant à décourager la couverture indépendante et critique. Le Cameroun, bien que se dotant d'un arsenal juridique moderne, est régulièrement critiqué par les organisations internationales pour l'usage de la loi pour museler les voix discordantes. L'interpellation ou la convocation de journalistes sur la base de leurs reportages est un signal fort qui vise à décourager les enquêtes approfondies sur des sujets dits "sensibles" ou touchant à l'ordre public.

Le journal Le Jour est reconnu pour son rôle dans le paysage médiatique camerounais et cette affaire rappelle l'environnement de travail précaire des reporters qui couvrent les manifestations sociales ou les actions de l'opposition. Dans un contexte où l'information actualisée et non censurée est cruciale, cette convocation soulève des inquiétudes quant aux limites imposées à la profession.

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Les syndicats de journalistes et les observateurs internationaux suivent de près le déroulement de cette convocation, craignant qu'elle ne soit le prélude à des poursuites judiciaires, même si les motifs exacts du questionnement n'ont pas été détaillés publiquement. Le sort d'Adolarc Lamissia devient ainsi un baromètre des droits des médias indépendants au Cameroun.

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