Kenya: La Fédération des consommateurs kényane porte plainte contre l'accord de coopération avec les États-Unis

Naomi Nyengai, participante du programme Inkomoko, a commencé à vendre des avocats à partir d'une brouette à Kakuma. Son entreprise a rapidement grandi, mais les obstacles étaient constants : absence de capital, manque d'infrastructures de transport, responsabilités de soins et volatilité persistante des prix. (Archives)

Au Kenya, la Cofek, Fédération kényane des consommateurs, a déposé une plainte mardi 9 décembre auprès de la Haute Cour de Nairobi, contestant l'accord bilatéral de santé signé avec les États-Unis. Cet accord, conclu jeudi 4 décembre à Washington, prévoit le versement de plus d'un milliard et demi de dollars sur cinq ans pour financer la lutte contre des maladies infectieuses telles que le VIH, le paludisme ou la tuberculose. En échange, le Kenya s'engage à partager des données médicales pour une durée de sept ans.

Au Kenya, la Cofek vise le ministre de la Santé, le Premier ministre, l'Agence de la santé digitale et le Bureau du commissaire à la protection des données. Elle leur reproche leur manque de transparence, dans la négociation de l'accord de coopération de santé avec les États-Unis. Dans sa plainte, Stephen Mutoro, secrétaire général de la Cofek reproche notamment que ce texte n'ait été soumis ni à la participation publique, ni au débat parlementaire.

Au coeur des préoccupations de la Cofek figure le partage de données médicales des Kenyans avec les États-Unis. Selon Tali Israel Tali, avocat de la fédération : « Une fois que ces données seront à l'étranger, ni cette cour, ni les organes de régulation kényans n'auront le pouvoir de les récupérer ou de superviser l'usage qu'il en sera fait ».

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Depuis la signature, l'accord suscite de vives critiques au Kenya. Pour rassurer l'opinion publique, le ministère de la Santé l'a rendu public lundi 9 décembre, et Aden Duale, le ministre, multiplie les interventions médiatiques. Mardi 10 décembre sur Citizen TV, il a rappelé que toutes les données partagées resteront « anonymes et agrégées », afin de préserver la vie privée des patients kényans.

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