Cote d'Ivoire: Georges N'Goan, président du Cno Côte d'Ivoire - 'On veut créer un environnement olympique sain et ça dérange'

10 Décembre 2025
interview

Que doit-on retenir de l'assemblée générale du Comité national olympique tenue, le samedi 6 décembre, à l'Espace Cristal ?

Il faut dire que le mouvement olympique ivoirien est en marche. Le bilan de l'exercice écoulé a mis en lumière tout ce qui a été fait. En tout cas, je sors satisfait de cette assemblée générale, parce qu'elle s'est déroulée dans de très bonnes conditions, dans une ambiance cordiale et fraternelle, avec comme base, l'olympisme. Les différents acteurs, les présidents et présidentes de fédération ont eu beaucoup d'informations à nous donner et nous avons encaissé tout cela.

Pourquoi un budget prévisionnel de 2 milliards de F Cfa ?

Le tableau présenté était explicatif. Nous avons proposé un budget global de 2 159 187 061 FCfa. Ce budget tient compte surtout des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. La participation ivoirienne aux Joj Dakar 2026 est évaluée à 1 777 000 000 FCfa. 177 millions de FCfa sont prévus pour subventionner les fédérations olympiques, afin de permettre aux athlètes de mieux préparer les Jeux de Dakar.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Pour préparer ces jeux, il faut beaucoup de moyens; il y a des équipements, des voyages pour les athlètes, les équipes, pour participer à des compétitions bien structurées afin d'être compétitifs. C'est ce qui explique ce montant. La Côte d'Ivoire est un pays qui compte et nous n'avons plus le droit, en 2026, d'aller à des rendez-vous mondiaux pour faire de la figuration. Nos ambitions sont à l'image de notre pays.

Une dizaine de fédérations absentes à cette assemblée générale ont lu une motion de censure, il y a quelques jours devant le siège du Comité national olympique...

Si vous regardez bien, sur les dix signataires, en réalité, il n'y a que cinq présidents de fédération. Ce sont les mêmes qui nous ont combattu depuis le premier jour de notre élection. Ils n'ont peut-être pas accepté le résultat de l' élection. La première assemblée générale que nous avons organisée en 2023, ils ont écrit au Comité international olympique et le Cio a trouvé leurs arguments très dérisoires. Mais ils n'abandonnent pas. C'est la première fois que les affaires du Cno sont mises sur la place publique. C'est pourquoi je me permets de me prononcer aujourd'hui.

Mais ils parlent de mauvaise gouvernance, d'éthique...

Cela me fait sourire. C'est leur propre description qu'ils font dans cette motion. Dans le milieu sportif, tout le monde sait ce que valent certains membres de ce petit groupe. Tous les signataires de ce document ne respectent rien. Et c'est cela la raison de leur combat. Ils nous combattent parce que nous sommes en train de mettre de l'ordre dans la maison.

Nous sommes en train de créer un environnement olympique sain en Côte d'Ivoire. Et cela dérange. On ne peut plus accepter qu'en 2025 des dirigeants de fédération se comportent comme des ... « brouteurs ». Quand Zolobé Honoré de la fédération ivoirienne de badminton parle de respect des textes ; « c'est l'hôpital qui se fout de la charité ».

Nous avons écrit au ministre des Sports et du Cadre de vie afin qu'on se penche sur cette fédération de badminton qui n'a aucun fondement juridique. Cette fédération ne comporte que deux personnes : Monsieur et madame. C'est plutôt une Ong au bénéfice de sa seule famille. Et lui aussi parle d'éthique et de respect des textes. Comment voulez-vous que dans une fédération, 5000 athlètes ont 5 voix, et toutes les personnes qu'il a nommées ont chacune une voix.

Ah bon ?

Demandez-lui les textes de sa fédération et vous serez édifiés. Mais il n'y a pas que cette fédération qui est hors la loi. Il y a surtout ceux qui prennent les bourses des athlètes, on ne peut pas en parler et ils entrent en rébellion. Nous avons dénoncé le président Alou Honoré à la fédération internationale de lutte. Ce dirigeant, donneur de leçon, a dérobé jusqu'à 7 millions de F Cfa d'un athlète.

Il fait chaque fois une ponction sur la bourse des athlètes. On n'en a jamais parlé, mais là ils ont poussé le bouchon trop loin. Il y a même un autre qui risque même la prison. A peine élu président de la fédération de rugby, il s'achète un véhicule avec l'argent de la fédération et ce Lukas Koré parle de mauvaise gestion du Cno. Je crois que le ministère des Sports et du Cadre de vie doit nous soutenir dans cette bataille. Parce que nous voulons tous le bien du sport dans notre pays.

Est-ce vrai que le Cno s'ingère dans les fédérations, notamment dans la boxe ?

Sur ce dossier de la boxe, c'est bien le ministère des Sports qui nous a saisis, conformément à l'article 8 des statuts du Cno, parce que cette fédération n'avait plus d'agrément, elle ne percevait plus la parafiscalité. Il y a un bicéphalisme et le ministère nous a demandé de régler ce problème. Pendant 3 mois, nous avons essayé de mettre en place tout un mécanisme.

On a fait de nouveaux statuts. On a demandé aux membres qui souhaitaient être candidats de faire acte de candidature. Nous avions même fixé la date des élections au 18 octobre dernier, avec une Commission électorale composée du Cno, du ministère des Sports, et au dernier moment, le même ministère des Sports nous écrit pour nous demander de tout suspendre, en raison de l'élection présidentielle d'octobre. En aucun moment le Cno était intervenu dans la gestion de leur fédération.

Qu'en est-il du judo ?

Le judo, c'est encore pire. C'est parce que le président du judo avait convoqué une assemblée générale ordinaire devenue subitement une assemblée générale extraordinaire pour modifier les statuts et empêcher certaines personnes de se présenter. Vous avez des personnes qui n'étaient pas contentes qui ont saisi l'instance arbitrale du Cno qui a annulé toutes les assemblées générales et subséquemment toutes les décisions qui ont été prises au cours de ces assemblées générales.

Le Cno n'était nulle part dans cette affaire. Par contre, lorsqu'ils ont projeté de faire une assemblée générale, le 6 décembre, et lorsque nous avons vu les conditions dans lesquelles allait s'organiser cette assemblée générale, nous avons fait des courriers à l'Union africaine, au ministère des Sports et à la fédération internationale pour dire que dans ces conditions-là ces élections-là sont illégales et organisées de façon frauduleuse.

Dans quelles conditions cette assemblée générale allait se tenir ?

A quel titre M. Soumaïla Dabonné, frère de Seydou Dabonné dont l'élection a été annulée, qui n'est plus secrétaire général, signe-t-il une convocation en vue de l'assemblée générale élective de la fédération ivoirienne de judo et discipline assimilées ? Ils veulent faire une élection sur la base des textes de 2017 qui ont été abrogés en 2024. C'est-à-dire qu'il va être élu en 2025 sur une loi qui n'existe plus dans l'ordre juridique ivoirien. Qui peut accepter cela. Le Cno dit non ! A ce niveau, oui, le Cno est intervenu, mais pas dans le litige qui a occasionné tout cela.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.