Les 8 et 9 décembre, plusieurs médias britanniques ont largement relayé la mise en garde du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD), instance des Nations unies, qui a appelé Londres et PortLouis à suspendre la ratification de l'accord signé en mai dernier sur l'archipel des Chagos.
Les journaux et chaînes d'information ont mis en évidence un constat sévère : le traité, dans sa forme actuelle, serait contraire aux droits du peuple chagossien. Selon les articles publiés ces deux jours-là, le CERD estime que l'accord «empêche explicitement le retour des Chagossiens sur leurs terres ancestrales», en particulier sur l'île de Diego Garcia, où se trouve la base militaire américano-britannique.Les médias soulignent que cette critique touche au coeur d'un contentieux historique : l'exil forcé des habitants de l'archipel, entre les années 1960 et 1970, et qui reste aujourd'hui l'un des dossiers les plus sensibles du passé colonial britannique.
La presse anglaise rapporte également que le comité onusien dénonce un manque de consultation des communautés chagossiennes lors des négociations entre Maurice et le Royaume-Uni. Les journalistes rappellent que plusieurs associations chagossiennes ont déjà exprimé leur frustration de n'avoir été ni associées, ni informées de manière adéquate quant au contenu du traité, alors même qu'il détermine leur avenir et leurs droits fondamentaux.
Les médias britanniques évoquent aussi les carences du texte en matière de réparations. D'après les analyses publiées, le CERD reproche au traité de ne prévoir aucune reconnaissance formelle des injustices passées, aucune garantie de réparation intégrale, ni de mesures de préservation des droits culturels et patrimoniaux des Chagossiens.
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Certains articles rappellent que l'accord prévoit un transfert de souveraineté de l'archipel à Maurice, avec la possibilité pour le Royaume-Uni - et les États-Unis - de maintenir la base militaire de Diego Garcia grâce à un bail de longue durée. Ce point, jugé hautement stratégique, est présenté comme l'une des raisons pour lesquelles l'accord suscite autant de critiques : plusieurs commentateurs expliquent que la dimension géopolitique semble avoir primé sur les droits humains.
Face à cette situation, le CERD appelle les deux gouvernements à reprendre les discussions en y intégrant, cette fois, les représentants chagossiens, afin d'élaborer un texte qui respecte les principes du droit international, notamment le droit au retour, le droit à l'autodétermination et le droit à des réparations effectives.
Dans les éditions qui ont suivi, la presse britannique souligne ainsi que la recommandation de l'ONU place Londres, mais aussi Port-Louis, devant un choix délicat : poursuivre un accord jugé bancal par la communauté internationale ou rouvrir un processus de négociation susceptible, pour la première fois, de faire réellement entendre les voix chagossiennes.