Ile Maurice: Le Kolektif Artis Moris réclame une réforme en profondeur

11 Décembre 2025

Le Kolektif Artis Moris a tenu une conférence de presse, hier, mercredi, au restaurant Côte Jasmin, réunissant plusieurs artistes dont Bruno Raya, BilyGane, El Passi, Martine Rex, JSB Morning Game, Warren Permal et Steve Augustin.

L'objectif était de dénoncer un système jugé inéquitable dans le concours du «Disque de l'année» et d'appeler à une solidarité accrue entre artistes.

«Les radios privées, les seules gagnantes»

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D'emblée, les intervenants ont pointé du doigt le déroulement du concours «Disque de l'année». Selon eux, les radios privées tirent des bénéfices financiers importants de l'organisation de ce concours, notamment grâce aux votes payants et aux campagnes liées.

Pendant ce temps, affirmentils, les artistes ne reçoivent aucune compensation, malgré leur contribution essentielle, soit leurs chansons. «Nous, artistes, nous ne gagnons rien. Tout le monde gagne, sauf le créateur», ont souligné les membres du collectif, dénonçant un déséquilibre persistant. Bruno Raya a rappelé que cette revendication n'est pas nouvelle.

Il explique que ce problème perdure depuis des années. Il a retracé l'histoire de la relation entre artistes et radios : autrefois, un accord tacite existait. Les artistes acceptaient de participer au concours en échange de promotion gratuite sur les ondes. «À l'époque, c'était un échange équitable», dit-il.

Mais en 2025, avec la puissance des réseaux sociaux comme TikTok, Facebook, YouTube et les plateformes numériques, cet équilibre est rompu. «Aujourd'hui, un artiste peut faire un tube sans passer par aucune radio. Les règles ont changé.»

Pour lui, l'ère où le «Disque de l'année» suffisait comme promotion est révolue. Le titre doit désormais offrir une contrepartie réelle, notamment financière.

Néanmoins, une question de la presse a suscité une vive réaction. Quel est le rôle de la Mauritius Society of Authors dans ce «combat» ? Les artistes déposent leurs oeuvres à la MASA et paient cette dernière pour défendre leurs droits. Les radios ne sont pas payées pour diffuser les chansons des artistes. Cette équation, qui remet encore en lumière le rôle de la MASA dans cette lutte, suscite des questions.

Pourquoi un tel silence de cette institution alors qu'elle a été mise en place pour protéger les droits des artistes ? Bruno Raya explique qu'ils auront bientôt une rencontre avec la MASA pour situer les responsabilités. Bruno Raya a aussi questionné le rôle de la Gambling Regulatory Autority.

BilyGane : «Arrêtons l'égoïsme et l'hypocrisie. Soyons solidaires»

Lui succédant, BilyGane a lancé un appel vibrant à la communauté artistique. Selon lui, les revendications des artistes stagnent depuis des années parce qu'ils ne sont pas suffisamment unis. Il a exhorté ses pairs à abandonner l'égoïsme et l'hypocrisie, dénonçant le comportement de certains, qui restent silencieux publiquement mais se plaignent en privé. «Si nous ne sommes pas solidaires, rien ne changera.»

Le KAM réclame désormais une réforme simple mais symboliquement forte : que le chanteur qui remporte le concours «Disque de l'année» reçoive un véritable prix en argent.

Pour le collectif, ce n'est pas seulement une question financière mais aussi une reconnaissance du travail, des investissements et du rôle crucial de la création dans l'industrie musicale mauricienne.

Pour illustrer le malaise, Warren Permal et JSB Morning Game ont partagé leur expérience. Bien qu'ayant remporté le concours dans le passé, ils affirment n'avoir reçu ni récompense matérielle, ni soutien particulier, ni retombée concrète

Le KAM n'écarte pas la possibilité d'entrer une injonction en cour contre les radios privées.

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