Sénégal: Kaolack - Ouverture du marché extérieur chinois à Keur Madiabel - Producteurs et opérateurs lancent l'alerte

11 Décembre 2025

Hier, au Centre de décorticage de la commune de Keur Madiabel, les nerfs étaient tendus. Les producteurs et opérateurs opérant sur les lieux étaient dans tous leurs états. Depuis près d'un mois déjà, cette colère largement partagée dans la commune de Keur Madiabel, de manière générale, ne s'estompe pas. La cause, ils n'ont pas la possibilité d'écouler les quantités de graines d'arachide qu'ils ont entre les mains et restent toujours à l'attente d'un créancier.

Pour y remédier, ces acteurs de la filière réclament une nouvelle mesure mettant en œuvre la libéralisation de la campagne de commercialisation arachidière. Autrement dit, une ouverture immédiate du marché extérieur notamment chinois, pour se débarrasser de ces énormes quantités d'arachide et pouvoir rentrer dans leurs fonds.

Par cette proposition, ces producteurs et opérateurs suggèrent la levée des 40% de la taxe sur l'exportation, pour permettre aux opérateurs étrangers de descendre sur le terrain et sauver la filière. A travers leurs appréciations de cette présente campagne de commercialisation arachidière, ces acteurs se disent persuadés que la SONACOS, à elle seule, ne peut pas absorber toute la production obtenue cette année.

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Selon eux, même soutenue par les autres sociétés industrielles comme COPEOL, West Africa Oil (WAO) et la Compagnie arachidière industrielle de Touba (CAIT), la SONACOS n'est plus en mesure de collecter toute la production nationale. Il faut alors d'autres circuits de commercialisation et renouveler la confiance aux anciens partenaires commerciaux du Sénégal dans ce domaine, à l'image de la Chine, pour éviter les velléités d'une mévente d'envergure comme il a été le cas lors de la précédente campagne de commercialisation arachidière où, malgré les contre-performances enregistrées çà et là en matière de production, une grande quantité d'arachide n'a pas pu être commercialisée. Et, au bout du compte, les graines sont restées entre les mains des producteurs.

Pour ces producteurs et opérateurs, si le problème persiste, le Sénégal risquerait de se trouver devant un marché totalement bloqué, où le prix au producteur ne dépasserait pas 100 FCFA le kilogramme d'arachide.

A présent, dans la commune de Keur Madiabel, comme partout ailleurs dans le département de Nioro, la situation se complique de plus en plus. Les machines de décorticage sont à l'arrêt. Les personnes qui, d'habitude tiraient leurs profits des activités de décorticage, triage et mise en sac, ne sont plus opérationnelles. Un tour effectué dans une petite entreprise de la place suffit largement pour se rendre compte de la morosité de la situation.

Ces opérateurs et producteurs, qui ont été surpris hier, dans leur lieu de travail, en un moment où ils devaient normalement être en pleine activité, ont été trouvés regroupés sous l'ombre des arbres ou sous de petits hangars de fortune qu'ils ont eux-mêmes confectionné pour leurs heures de repos.

Il faut cependant dire qu'à son actif, le Centre de décorticage de Keur Madiabel engage un millier de travailleurs, jeunes et femmes, tous investis dans les métiers liés à l'exportation des graines vers les pays étrangers. Hormis les femmes et les jeunes sénégalais qui s'y activent tous les jours, ce centre accueille en même temps d'autres jeunes venus de certains pays de la sous-région qui s'y rendent chaque année pour se faire fortune.

En termes de rentabilité, ce centre dispose de plus d'une centaine de machines de décorticage et produit chaque jour un chiffre d'affaires estimé en moyenne à 2.730.000 FCFA (par jour). Aujourd'hui, deux (2) années se sont écoulées et les pensionnaires de ce centre sont toujours sevrés de travail. Certains préfèrent y rester pour garder leurs dignités, d'autres ont choisi de déserter tout bonnement les lieux pour se frayer d'autres pistes d'opportunités, gardant l'espoir d'une vie meilleure.

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