Sénégal: Convention nationale de la jeunesse au Musée des Civilisations Noires (MCN) - Les jeunes exigent une place réelle dans la gouvernance

12 Décembre 2025

Réunis hier, jeudi 11 décembre 2025 au Musée des Civilisations Noires (MCN), leaders de jeunesse et autorités publiques ont échangé sur l'urgence d'une participation accrue des jeunes dans les instances de décision. Portée par le président du Consortium Jeunesse Sénégal (CJS), Sobel Ngom, et le directeur général de la Jeunesse Alassane Diallo, cette première édition a mis en avant l'inclusion, l'emploi, l'entrepreneuriat et le genre, et a débouché sur un livre blanc destiné à orienter les futures politiques publiques.

Interrogé sur la nécessité d'une telle convention, Sobel Ngom a rappelé près de quinze années d'engagement dans les mouvements de jeunesse, soulignant leur vitalité quotidienne mais aussi leur difficulté à « faire bouger les politiques publiques ». Pour lui, l'objectif était clair : réunir leaders associatifs et décideurs publics pour « discuter et prendre des engagements très concrets ».

L'enjeu prioritaire retenu l'inclusion des jeunes dans toutes les instances de décision. « Quand on est dans un village, une commune, une école, comment fait-on pour qu'il y ait des jeunes dans les comités de gestion, les mairies, les conseils d'administration ? », a-t-il relevé. Une démarche « pas compliquée, pas chère », selon lui, mais qui dépend avant tout de « la volonté politique ».

Pour y parvenir, Sobel Ngom compte sur trois leviers : l'autorité publique notamment le ministère de la Jeunesse, les moyens des partenaires au développement, et l'influence des leaders d'opinion locaux. Le CJS s'engage également à accompagner la préparation des jeunes pour qu'ils jouent « un rôle positif » dans ces espaces. Un suivi chiffré est prévu : « J'aimerais pouvoir dire à la presse, sur cette année, voici le nombre d'instances de gouvernance qui ont inclus tant de jeunes ».

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Au-delà de l'inclusion, d'autres préoccupations ont été consignées dans un livre blanc remis aux autorités : l'emploi, l'entrepreneuriat, l'éducation, et les questions de genre notamment l'accès des jeunes filles à la terre. « Pourquoi des jeunes filles vont travailler pour produire sur une terre qui ne va jamais leur appartenir ? », a déploré Sobel Ngom.

Une vision soutenue par l'État

Du côté des autorités, M. Alassane Diallo, directeur général de la Jeunesse, a salué une « activité extrêmement importante » qui couronne un long processus de consultations territoriales. Il a rappelé les cinq thématiques structurantes identifiées : formation et emploi, engagement citoyen, inclusion, genre et entrepreneuriat.

« Les nouvelles autorités, avec le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont mis la jeunesse au coeur de la Stratégie Nationale de Développement », a-t-il affirmé. Il a également annoncé l'adoption récente par le Président de la République d'un projet de décret instituant un « conseil consultatif des jeunes », destiné à remplacer l'ancien Conseil National de la Jeunesse par un organe « plus responsabilisé » dont les avis seront intégrés dans la définition des politiques publiques.

Un livre blanc va être remis à la ministre de la Jeunesse et des Sports, Mme Khady Diène Gaye, qui s'est engagée à répondre « thème par thème » aux préoccupations soulevées rassure son représentant.

Cette première convention, qualifiée de « convention numéro 1 » par Sobel Ngom, appelle déjà une suite : une seconde édition est prévue l'année prochaine, avec l'ambition de transformer l'essai et de rendre visibles, dans les faits, les progrès de l'inclusion de la jeunesse sénégalaise.

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