Ile Maurice: Mort d'Andy Selmour - Un réseau de drogue soupçonné au «Kestrel block»

12 Décembre 2025

L'enquête sur la mort d'Andy Selmour, 33 ans, survenue mardi à l'Eastern High Security Prison de Melrose, révèle un engrenage de violences d'une rare brutalité, mais aussi de possibles activités illicites orchestrées par un réseau de détenus. La victime y était incarcérée depuis février pour un cas de vol et devait y rester jusqu'en 2027.

L'autopsie  initialement prévue le mercredi 10 décembre - a été reportée à la demande de la famille, dans l'attente de l'arrivée de sa mère de l'étranger. Le corps demeure sous surveillance à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre de l'hôpital Victoria, à Candos.

En revanche, les images CCTV et les premiers témoignages reconstituent une scène d'agression brutale, méthodique et difficilement contrôlée. Les enregistrements montrent qu'Andy Selmour a été pris pour cible peu après 14 heures. Sur une première séquence, un détenu lui assène un coup violent à la tête avec un morceau de bois, le faisant lourdement chuter. Selon les enquêteurs, les agresseurs auraient utilisé des barres métalliques récupérées des lits et des planches, confirmant une attaque préméditée et menée avec des armes improvisées.

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Dans un autre espace de la prison, Andy Selmour est ensuite encerclé par plusieurs détenus. Certaines vidéos - brouillées par les positions stratégiques de certains prisonniers - montrent qu'ils se sont volontairement regroupés pour masquer l'agression. Ils se placent devant la caméra, faisant des gestes provocateurs et empêchant les gardiens de voir clairement les coups portés.

Les enregistrements audio suggèrent également qu'Andy Selmour aurait été forcé à avaler un fil trempé dans une substance illicite, élément renforçant les soupçons d'un réseau de distribution de drogue au Kestrel block. Des sources internes évoquent même un «réseau de détenus vendant de la drogue discrètement», qui pourrait être lié au déchaînement de violences observé ce jour-là.

Une fois l'agression terminée, le groupe s'est dispersé, laissant Andy Selmour au sol. Alertés, des gardiens l'ont emmené au Paille-en-queue Yard, puis à l'infirmerie. Son état s'est rapidement dégradé. Malgré les soins prodigués, il a succombé peu avant 20 h 30. Un médecin du SAMU a confirmé son décès à 20 h 25. Une entaille de 2 cm à la tête et des saignements au nez ont été relevés. Une fouille dans le Kestrel Yard et d'autres dortoirs, le lendemain, a permis la saisie de deux bâtons d'environ 80 cm - un noir et un noir et blanc - placés sous scellés.

Cinq détenus présents dans la cour au moment des faits ont été transférés : deux vers la prison de La Bastille, trois vers celle de Grande-Rivière-Nord-Ouest. Ils sont désormais soumis à un protocole strict, classé under punishment. L'administration pénitentiaire a immédiatement ouvert une enquête interne. Deux officiers hauts gradés, en fonction au moment des faits, ont été suspendus dès le lendemain.

L'enquête vise à identifier d'éventuelles failles dans la gestion du Kestrel yard, où les violences se sont déroulées. La direction des prisons affirme collaborer pleinement avec la police et nie formellement tout refus d'accès aux équipes du SAMU car ce seraient les gardiens eux-mêmes qui ont sollicité l'intervention médicale en constatant la détérioration de l'état d'Andy Selmour. Avant sa mort, il aurait confié à deux codétenus qu'il «ne se sentait pas bien».

L'autopsie, cruciale pour déterminer les causes exactes du décès, sera effectuée dès l'arrivée de sa mère au pays. Les enquêteurs poursuivent la reconstitution des faits, avec pour objectif d'identifier un à un les protagonistes impliqués, mais également de faire la lumière sur le réseau de drogue supposément actif dans le Kestrel block, un élément qui pourrait expliquer, en partie, la violence extrême observée dans ce drame.

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