Ile Maurice: Une carte SIM pour protéger les mineurs

12 Décembre 2025

À l'heure où le numérique occupe une place croissante dans la vie des jeunes, les risques en ligne se multiplient. Face à cette réalité alarmante, le ministère des Technologies de l'information, de la communication et de l'innovation (TIC) et l'Information and Communication Technologies Authority (ICTA) ont lancé, ce mercredi 10 décembre, la première phase du programme Child Online Protection (COP).

La présentation s'est tenue au siège de l'Economic Development Board, à Ébène, en collaboration avec le président de la République, la ministre de l'Égalité des genres et du Bien-être de la famille et celui de l'Éducation et des ressources humaines, la police, des représentants d'organisations non gouvernementales, des fournisseurs de services mobiles et des partenaires institutionnels. La cérémonie s'est tenue en présence de Tassarajen Pillay Chedumbrum, nouveau chairman de l'ICTA.

Entre 2018 à février 2025, plus de 19 000 incidents ont été signalés via le Mauritian Cybercrime Online Reporting System. Rien que cette année, les autorités ont déjà enregistré 198 cas de harcèlement en ligne, 67 contenus offensants, 14 cas de sextorsion, 84 incidents de cyberintimidation et 111 escroqueries. Cette situation s'inscrit dans une tendance mondiale : selon le Global Child Online Safety Index, 45 % des enfants interrogés ont déjà été victimes de cyberharcèlement, 39 % ont été confrontés à des risques portant sur leur réputation et 29 % ont été exposés à des contenus violents ou à caractère sexuel.

Prévenir le cyberharcèlement

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Dans le cadre du programme COP, une carte SIM spécialement conçue pour la protection des mineurs a été présentée. Elle offre des filtres adaptés à l'âge, des alertes en temps réel, un accès restreint aux sites dangereux et un tableau de bord pour les parents. L'objectif est de prévenir le cyberharcèlement, et l'exposition à des prédateurs en ligne, aux plateformes de jeux d'argent et aux contenus inappropriés.

Pour illustrer ces mesures, les opérateurs de services mobiles ont détaillé leurs offres: My.T propose un filtrage pour navigateurs et applications, avec blocage des Virtual Private Networks, pour Rs 120 par mois; Emtel limite l'accès aux réseaux sociaux et à YouTube tout en offrant 2 GB de données éducatives, 30 minutes d'appels locaux et 100 SMS pour Rs 199 par mois; et CHiLi, conforme à la Telecommunication Directive 4 de 2025, inclut 60 GB de données mensuelles et Kaspersky Safe Kids Premium pour le filtrage par catégories, le suivi du temps d'écran et diverses alertes.

Le ministre des TIC, Avinash Ramtohul, a rappelé qu'en moyenne 17 cas de cybercriminalité sont signalés chaque jour, sans compter ceux non déclarés. Il a mis en garde contre les contenus illégaux et dangereux, allant des défis liés à l'automutilation aux activités liées aux drogues. Par ailleurs, il a appelé les médias, plateformes numériques et réseaux sociaux à respecter la Data Protection Act et l'ICTA Act afin de protéger la vie privée des mineurs tout en préservant la liberté d'expression.

Pour compléter ces mesures, le programme COP inclut un projet de filtrage des contenus liés à l'abus sexuel sur enfants, basé sur les recommandations de la Convention de Budapest sur la cybercriminalité et du Comité des Nations unies pour les droits de l'enfant. Ces organismes insistent sur la responsabilité des agences de régulation dans la protection des enfants sur internet.

Enfin, une stratégie de sensibilisation est déployée auprès des familles. Elle comprend la collecte de données, la production de supports éducatifs, et le renforcement des campagnes dans les établissements scolaires de Maurice et de Rodrigues. L'objectif est de toucher parents et jeunes des générations Z et Alpha, avec une mobilisation plus large des médias, afin de créer un environnement numérique plus sûr pour tous.

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