Une centaine de soldats de la Cédéao sont déployés au Bénin pour soutenir le gouvernement et l'armée. Mais elle devra faire face à de nombreux défis.
En mars dernier, réunis à Abuja au Nigeria, les chefs d'état-major de la Cédéao avaient annoncé l'activation de la force en attente de l'organisation sous-régionale en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale mais aussi pour garantir la stabilité dans les pays de la sous-région.
Et c'est dans ce cadre qu'une centaine de soldats ont été déployés au Bénin pour faire échec à la tentative de coup d'Etat contre le président Patrice Talon. C'était le dimanche 7 décembre 2025. Un bon début selon Emery Owolabi expert en sécurité.
"C'est une bonne nouvelle pour la consolidation de la démocratie dans l'espace Cédéao de savoir que cette force en attente a été mise en action. Dans le cas béninois, nous ne sommes pas dans le cas d'une remise en place de l'ordre constitutionnel mais de prévention, de stabilisation et de renforcement de l'ordre constitutionnel et des institutions républicaines."
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Les soldats déployés au Bénin proviennent du Nigeria et de la Côte d'Ivoire. Ils devraient être rejoints par ceux du Ghana et de la Sierra Leone.
Défis logistiques
A terme, la force en attente de la Cédéao pourrait mobiliser jusqu'à 6 500 hommes voire plus. Un objectif pour l'instant freiné par la situation sécuritaire dans la sous-région selon le chercheur Seidik Abba, spécialiste des questions sahéliennes et président du Centre international d'études et de réflexions sur le Sahel (Cires).
"Je ne crois pas que la Cédéao va mettre en place tout de suite une force en attente de 8 000 hommes. Mais elle réunira un certain nombre de contingents en fonction de la disponibilité. Comme la sous-région ouest-africaine est confrontée à des défis de sécurité, je ne vois pas les pays dégarnir leurs armées pour envoyer beaucoup d'éléments au sein de la force en attente", estime le chercheur.
La Force en attente devrait surtout reposer sur le Nigeria, une grande puissance économique et militaire sur le continent avec plus de 200.000 hommes et un matériel militaire imposant.
Questions sur le financement
Une des grandes difficultés sera aussi la mobilisation du financement nécessaire au bon fonctionnement de cette force. Et là aussi, le Nigeria devrait dans un premier temps, supporter une bonne partie de la facture.
"Il est évident que dans le contexte actuel, à mon avis, au moins 50% du financement de la force à ce stade va être fourni par le Nigeria et la Cédéao va fournir une partie du financement et éventuellement ils vont solliciter les bailleurs de fonds extra-africains pour fournir le complément", dit le chercheur Seidik Abba.
La Force en attente de la Cédéao a le mandat de garantir la paix et la stabilité dans la sous-région. Elle s'est déjà déployée en Gambie en 2017 lorsque le président sortant Yahya Jammeh refusait de quitter le pouvoir. Elle avait toutefois finalement renoncé à intervenir en 2023 après le coup d'Etat au Niger.