Afrique: Une responsable namibienne salue l'Éthiopie comme modèle de production de blé appelant à l'unité africaine pour la sécurité alimentaire.

Addis-Abeba — La vice-ministre namibienne de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Eau et de la Réforme agraire, Ruth Masake, a mis en avant les avancées remarquables de l'Éthiopie dans la production de blé, les qualifiant d'exemple inspirant pour l'ensemble du continent africain.

Elle a, dans le même temps, appelé à un renforcement de la coopération africaine afin de faire face durablement à l'insécurité alimentaire.

Dans un entretien accordé à l'Agence de presse éthiopienne, Mme Masake a estimé que les progrès réalisés par l'Éthiopie, conjugués au développement des programmes de blé d'hiver en Namibie, illustrent la capacité croissante de l'Afrique à améliorer sa production alimentaire grâce à des actions concertées.

Elle a souligné que l'essor rapide de la filière blé en Éthiopie figure parmi les réussites agricoles les plus marquantes du continent, le pays étant parvenu, en peu de temps, à passer du statut de grand importateur à celui de producteur de plus en plus autosuffisant, avec des ambitions exportatrices.

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Pendant de nombreuses années, la production nationale éthiopienne est restée inférieure à la consommation, obligeant le pays à recourir massivement aux importations pour répondre à une demande soutenue par la croissance démographique et l'urbanisation.

Cette situation a toutefois été profondément modifiée grâce à l'engagement continu des autorités, à des investissements ciblés et à la forte mobilisation des agriculteurs.

Masake a insisté sur le fait qu'une collaboration renforcée entre les pays africains permettrait d'apporter des réponses durables aux défis agricoles persistants.

Elle a plaidé pour l'adoption de politiques harmonisées, le développement de partenariats techniques et la conclusion d'accords formels afin d'accélérer les progrès et d'assurer une croissance collective.

Elle a également mis l'accent sur la nécessité d'investir dans l'éducation et le renforcement des capacités techniques, notamment dans les domaines de la santé végétale, de la gestion des maladies animales et de la biosécurité, afin de soutenir le commerce agricole intra-africain.

Par ailleurs, elle a appelé à la levée des droits de douane jugés superflus, estimant que ces barrières freinent les échanges régionaux et limitent l'accès aux denrées alimentaires.

Soulignant l'importance du dialogue continu entre les nations africaines, la vice-ministre a indiqué que celui-ci est essentiel pour renforcer la résilience face aux chocs climatiques.

Elle a encouragé des investissements accrus dans les semences résistantes à la sécheresse, les pratiques agricoles intelligentes face au climat et un dialogue plus étroit avec les agriculteurs, affirmant que le partage d'expertise entre spécialistes africains pourrait accroître la valeur nutritionnelle et économique du blé.

De son côté, Andrey Dalnov, représentant de la Banque agricole russe, a mis en lumière l'importance de l'apprentissage mutuel entre l'Afrique et la Russie, notamment pour mieux appréhender les effets du changement climatique sur la production agricole.

S'exprimant lors de la Conférence internationale sur la garantie de la souveraineté alimentaire des pays africains, tenue à Addis-Abeba en novembre 2025, Dalnov a qualifié cette rencontre de plateforme stratégique pour le renforcement des échanges commerciaux directs.

Il a proposé un modèle de production complémentaire, dans lequel les pays africains se concentreraient sur des cultures à forte valeur ajoutée, telles que les fruits et légumes, tandis que la Russie fournirait des céréales en grande quantité.

Il a enfin dénoncé les déséquilibres au sein des chaînes de valeur mondiales, citant l'exemple du café éthiopien, commercialisé à des prix élevés sur les marchés internationaux alors que les producteurs locaux n'en perçoivent qu'une faible part.

Selon lui, le développement de partenariats commerciaux directs contribuerait à une rémunération plus équitable des agriculteurs.

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