Le 13 décembre 2025 marquait les 27 ans de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo ainsi que de ses trois compagnons d'infortune à Sapouy, localité située à 100 km de Ouagadougou.
Cette journée commémorative a été rythmée par le traditionnel dépôt de gerbe de fleurs au cimetière municipal de Gounghin, le dévoilement du buste rénové de l'illustre disparu au Centre national de presse portant son nom et une conférence publique donnée à la Bourse du travail de Ouagadougou. « Ces articulations avaient comme dénominateur commun, la quête de la vérité et de la justice, avec ou sans François Compaoré », dira le président du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP).
Comme à chaque 13 décembre, date anniversaire de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons, des militants et sympathisants du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) et de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l'impunité et pour les libertés (CCVC) se sont retrouvés, dès potron-minet, au cimetière municipal de Gounghin.
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Aux côtés de ces acteurs, des proches du journaliste d'investigation dont son fils qui ont fait le déplacement dans cette nécropole pour honorer la mémoire des disparus et déposer une gerbe de fleurs. « Cela fait 27 ans, jour pour jour, que Norbert Zongo a été assassiné. Cela fait 27 ans également que nous sommes toujours debout pour que la lumière et la justice se fassent sur ces crimes odieux qui ont été commis le 13 décembre 1998.
C'est plus d'un quart de siècle et si nous sommes toujours debout, c'est que nous estimons que nous menons une lutte noble. Il vous souviendra que Norbert Zongo est mort parce qu'il défendait des causes justes, la démocratie et les libertés », a dit d'emblée le président du CODMPP, Chrysogone Zougmoré ; lui qui espérait que le jugement de cette affaire serait imminente. « L'année dernière, on nous avait promis le jugement de cette affaire mais nous attendons toujours. Le procureur du Faso nous a, à nouveau, dit que le juge avait envoyé le dossier pour jugement et que, peut-être courant 2026, on verra le dénouement de cette affaire.
Mais nous insistons et insistons de nouveau pour dire qu'avec ou sans François Compaoré, il est enfin temps que ce dossier puisse être jugé afin que la société burkinabè sache exactement ce qui s'est passé le 13 décembre 1998 et surtout que cela ne se reproduise plus jamais au Burkina Faso », a ajouté celui qui est par ailleurs le président du Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP). En effet, avant de rencontrer la Faucheuse, Norbert Zongo enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet président d'alors, Blaise Compaoré.
Buste rénové
Passé la traditionnelle cérémonie de dépôt de gerbe de fleurs, les acteurs ont convergé vers le Centre national de presse Norbert-Zongo (CNP-NZ) où dès l'entrée trône le buste de celui qui était le directeur de publication du journal L'Indépendant ; ce canard qui mettait à nu les maux de la société, les entraves à la liberté de la presse, entre autres. Ce buste, en bronze, avait déjà été dévoilé il y a deux ans de cela. Mais ce deuxième dévoilement vient du fait qu'il a tout simplement été rénové. « Nous sommes à présent rassurés.
Rassurés parce que le 11 octobre précisément, nous avons, au cours d'une cérémonie de dédicace d'un livre sur Norbert Zongo, été alertés de ce que le buste menaçait de céder sous le poids du bronze. Nous avons donc été choqués de savoir que le buste de cet illustre personnage pouvait s'écrouler au Centre de presse qui porte son nom. Mais avec ce socle, nous sommes rassurés que Norbert Zongo, à travers son buste, demeurera encore de nombreuses années dans ce Centre qui porte son nom », a expliqué le président du CODMPP.
Il a adressé ses remerciements à tous ceux qui ont rendu possible cette rénovation. « Aujourd'hui, il y a une avenue Norbert-Zongo à Ouagadougou, il y a une université qui porte son nom à Koudougou, et je sais qu'il y aura d'autres baptêmes de ce genre. C'est pour dire que le combat, la lutte pour les droits humains est une lutte difficile et de longue haleine », a déclaré le président de la Ligue pour la défense de la liberté de presse, Me Sibiri Eric Kam, pour qui ils ont eu raison très tôt, en placardant, dès décembre 1998, des écriteaux réclamant un baptême de rue à la mémoire de Norbert Zongo.
Le clou des activités a été la conférence publique, animée sur le thème : « Engagement citoyen contre l'impunité dans l'affaire Norbert Zongo, pour les libertés et la justice : enjeux et perspectives ». Il a été disséqué par le Pr de philosophie à l'université Joseph Ki-Zerbo, Mahamadé Savadogo, sous la modération de Habibou Koanda/Zongo, une sociologue.