Sénégal: Budget 2026 du ministère de l'économie - 39,3 milliards FCFA adoptés

15 Décembre 2025

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Affaires économiques, a adopté à la majorité, le samedi 13 décembre 2025, le projet de budget 2026 du ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC), arrêté à 39 281 075 505 FCFA.

Présenté par le ministre Abdourahmane Sarr, ce budget s'inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029) et de l'Agenda « Sénégal 2050 », avec pour objectif de renforcer une économie endogène, résiliente et compétitive. Il s'articule autour de trois programmes majeurs : la coopération et le développement des partenariats public-privé (13,4 milliards FCFA), la gouvernance économique et la planification stratégique (24,2 milliards FCFA) et le pilotage ainsi que la gestion administrative (1,7 milliard FCFA).

Les débats ont été largement dominés par les préoccupations liées à la situation financière du pays. Le ministre a indiqué que la dette publique atteignait 119 % du PIB à fin 2024, soit près de 23 000 milliards FCFA. En tenant compte d'éléments additionnels qualifiés de « dette cachée », ce ratio pourrait atteindre 132 % du PIB, une situation ayant contribué à la dégradation de la note souveraine du Sénégal et au report des discussions avec le FMI.

Les commissaires ont exprimé leurs inquiétudes quant à la soutenabilité de cette trajectoire, alors que les besoins globaux de financement de l'État sont estimés à près de 6 000 milliards FCFA. Le gouvernement table toutefois sur une consolidation budgétaire progressive, avec un déficit ramené à 7,8 % du PIB en 2025, 5,4 % en 2026 et 3 % en 2027.

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Pression fiscale sous surveillance

La hausse du taux de pression fiscale à 23 % dans le projet de loi de finances 2026, contre un plafond moyen de 21 % prévu par la SND, a suscité des interrogations. Certains commissaires ont invoqué la courbe de Laffer, craignant qu'une fiscalité excessive ne freine la création de richesses. Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a relativisé ces inquiétudes, soulignant que ce taux reste inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE, estimée à environ 30 %.

Il a précisé que cette hausse découle principalement des mesures du Plan de redressement économique et social (PRES), notamment la taxation des jeux de hasard et la rationalisation des exonérations fiscales.

Secteur privé et partenariats public-privé

Les parlementaires ont également exprimé des doutes sur la capacité du secteur privé à mobiliser les 5 675 milliards FCFA attendus dans le cadre du Plan d'actions prioritaires (PAP 2025-2029). Des insuffisances en ressources humaines pour le pilotage des partenariats public-privé (PPP) ont été relevées, malgré les efforts de formation de l'Unité nationale d'appui aux PPP, notamment au profit des collectivités territoriales.

Le projet de PPP portant sur quinze centres de formation professionnelle illustre ces difficultés, avec des retards de financement ayant entraîné une hausse des coûts et des loyers, soulevant des questions de soutenabilité budgétaire.

Transformation économique et planification

Les commissaires ont insisté sur la nécessité d'une endogénéisation de l'économie et d'une transformation accrue des matières premières nationales. Ils ont salué l'adoption du nouveau Code des investissements, tout en demandant des clarifications sur les 13 000 milliards FCFA de promesses d'investissements annoncées lors du forum « Invest in Senegal ».

Dans le secteur agricole, l'évaluation en cours du programme PROVALE-CV, jugé peu concluant lors de sa première phase, devrait permettre d'ajuster les mécanismes d'accompagnement des petits producteurs. Par ailleurs, les résultats du Recensement général de la population, de l'habitat, de l'agriculture et de l'élevage (RGPHAE) 2023, qui établissent la population du Sénégal à 18 126 390 habitants, constituent une base essentielle pour la planification nationale et la territorialisation des politiques publiques.

Perspectives et coordination gouvernementale

Le ministre des Finances a salué la qualité de la coordination entre son département et celui de l'Économie, estimant que cette synergie contribue progressivement au redressement économique. Les 214 projets suivis par le MEPC concernent notamment l'éducation, la santé et l'assainissement.

Malgré les préoccupations liées à l'endettement, à la pression fiscale et à la mobilisation des ressources, les commissaires ont finalement validé ce budget, jugé conforme aux priorités de transformation économique du pays, tout en appelant à une vigilance accrue dans son exécution.

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