Ile Maurice: ANSAM appelle à une réforme urgente

15 Décembre 2025

La surpopulation des chiens et des chats errants à Maurice a atteint un niveau critique. Face à une situation qui se détériore depuis des décennies, l'Animal Network for Sterilisation Advocacy and Mobilisation (ANSAM) tire la sonnette d'alarme et réclame une réforme en profondeur de la gouvernance du bienêtre animal, en particulier au sein du Veterinary Council.

Alors que plusieurs pays confrontés à des problématiques similaires ont réussi à inverser la tendance grâce à des programmes de stérilisation à grande échelle et à un encadrement strict de l'élevage, Maurice peine toujours à mettre en place une stratégie efficace et durable. Des pays comme les Pays Bas ou le Bhoutan montrent pourtant que des politiques fondées sur des données scientifiques, associées à l'implication active du corps vétérinaire, permettent de réduire significativement la population animale errante tout en améliorant les standards de bien-être animal.

Sur le terrain ici, la réalité est tout autre. Les acteurs du secteur dénoncent l'influence persistante au sein du Veterinary Council d'un petit groupe de praticiens jugés déconnectés des urgences actuelles. Pendant ce temps, les organisations non gouvernementales et les rescuers, qui fonctionnent en grande partie grâce aux dons du public, tentent tant bien que mal de sauver, soigner, stériliser et replacer des milliers d'animaux, malgré des moyens limités et des coûts en constante augmentation.

ANSAM déplore également les obstacles répétés à l'octroi de licences à des vétérinaires étrangers qualifiés, alors même que le pays fait face à une pénurie de ressources humaines dans ce domaine. Les conséquences se font déjà sentir : multiplication des conflits entre humains et animaux, hausse des cas d'abandon et de maltraitance, et saturation des structures d'accueil.

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Pour le réseau, la situation a dépassé le stade de l'alerte. Une réforme structurelle s'impose de toute urgence afin de garantir une gouvernance transparente, responsable et alignée sur les principes internationaux de bonne gestion. ANSAM s'interroge notamment sur le maintien, pendant de longues années, de membres du Veterinary Council dont l'inaction face à la crise des animaux errants est pointée du doigt. «Pourquoi l'argent des contribuables devrait-il continuer à financer des membres qui ont failli à leur mission de protection animale ?», questionne la coalition.

Dans ce contexte, ANSAM formule plusieurs revendications prioritaires : la mise en place immédiate d'un programme scientifique de gestion des populations de chiens et de chats, inspiré des modèles internationaux ; le renforcement des contrôles sur l'élevage ; le remplacement des membres jugés non performants du Veterinary Council par des professionnels compétents ; et une application plus rigoureuse de l'Animal Welfare Act. ANSAM affirme rester ouverte à la collaboration avec les autorités et l'ensemble des parties prenantes afin de doter Maurice de normes modernes, humaines et efficaces en matière de bienêtre animal.

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