Dans le cadre de la Semaine du handicap 2025, couplée aux Six jours d'activisme contre les violences basées sur le genre, le Comité des Femmes de la Fédération Sénégalaise des Associations des Personnes Handicapées (CF/FSAPH), en partenariat avec HOMDEDFF, a organisé à Dakar, un forum de plaidoyer consacré à la santé de la reproduction des femmes et filles handicapées. Cette rencontre a été marquée par une revendication centrale portée par Yacine Koné, présidente du comité des femmes du département de Dakar : l'allongement de la durée d'hospitalisation gratuite pour les femmes handicapées.
Selon Yacine Koné, ce forum avait pour objectif de sensibiliser l'opinion, de partager les expériences vécues et d'interpeller les autorités publiques ainsi que les partenaires, notamment Handicap International et HIC International, sur les réalités spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes handicapées.
« Il existe des droits pour toutes les femmes au Sénégal, mais nous subissons des violences spécifiques », a-t-elle rappelé, évoquant aussi bien les violences liées à la santé reproductive, que celles d'ordre économique et psychologique. Majoritairement issues de milieux défavorisés, ces femmes sont confrontées à de multiples entraves dans l'accès à l'éducation et aux soins de santé.
En dépit des efforts consentis par l'État, à travers notamment la carte d'égalité des chances, la CMU ou la gratuité de la césarienne, les difficultés subsistent. L'accès effectif aux structures sanitaires demeure problématique, en particulier lorsqu'il s'agit de monter sur les tables d'accouchement, selon la nature du handicap. Les femmes présentant une déficience auditive rencontrent par ailleurs, des atteintes à la confidentialité des soins, lorsqu'elles sont contraintes d'être accompagnées.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Yacine Koné a mis un accent particulier sur la question de la césarienne. Bien que celle-ci soit gratuite au Sénégal, elle ne couvre que sept jours d'hospitalisation. Or, pour un grand nombre de femmes handicapées nécessitant un suivi médical plus rigoureux, cette durée s'avère insuffisant. « Nous demandons que l'hospitalisation gratuite passe à au moins quinze jours », a-t-elle plaidé, dénonçant des factures pouvant atteindre 250 000 FCFA, impossibles à supporter pour ces femmes.
Ce plaidoyer est appuyé par Daouda Diop, secrétaire général de HOMDEDFF, qui exhorte l'État à assurer la gratuité totale des soins pour les personnes handicapées et à adapter les infrastructures sanitaires à leurs besoins spécifiques. Tous deux estiment qu'une prise en compte effective des réalités vécues par les femmes handicapées constitue une condition essentielle au respect de leur dignité et à la garantie de leurs droits fondamentaux.
Créé en 1999 et reconnu juridiquement en 2021, le CF/FSAPH, qui fédère vingt-huit sections féminines à travers le Sénégal, entend poursuivre son combat en faveur d'une amélioration durable du statut social, sanitaire et juridique des femmes handicapées.
Créé en 1999 et reconnu juridiquement en 2021, le CF/FSAPH, qui fédère vingt-huit sections féminines à travers le Sénégal, entend poursuivre son combat pour en faveur d'une amélioration durable du statut sociale, sanitaire, et juridique des femmes handicapées.