Ile Maurice: Khalid Nazroo, «l'obsession de créer»

15 Décembre 2025

«Je ne travaille pas pour exposer, mais pour la recherche, parce que j'ai l'obsession de créer.» Khalid Nazroo nourrit l'enfant émerveillé en lui. L'enfant qui a un grand sourire comme devant un cadeau de Noël, devant une «magnifique» boîte de pastels à l'eau, de 84 couleurs. «Dans la peinture, on s'amuse sérieusement.»

Il expose une sélection d'œuvres intitulées Cycles de créations, à l'Art wall du Hennessy Park Hotel jusqu'au 10 janvier 2026. L'exposition a été conçue en fonction de l'espace, explique l'artiste. On peut y voir une sélection de gravures. «Souvent, je fais des monotypes, 1/1. Si on fait 1/50, cela fait baisser le coût de la gravure. Cela peut attirer un public qui n'a pas les moyens d'investir dans une peinture.» Quelques grandes toiles sont aussi montrées, fenêtres sur la diversité de celui qui se définit avant tout comme un coloriste. «Je ne suis pas Pollock. La créativité peut être dans une œuvre monumentale comme dans un petit format. L'idée n'est pas de faire de grandes choses pour épater la galerie, mais de continuer à m'exprimer.»

L'artiste s'est orienté vers une «direction écologique», avec des travaux à la cire à l'eau, du pastel à l'eau. Des matériaux qu'il prend le soin d'aller choisir chez un fournisseur à Singapour. Fini la térébenthine et autres matériaux à base d'huile, «qui sont mauvais pour la santé».

Dans les Cycles de créations, Khalid Nazroo montre aussi des travaux réalisés à ses débuts, qui n'avaient jamais été exposés auparavant. Comme ce collage de 1972.* «Je suis né en 1953. Ma première expo date de 1971, à la galerie Max Boullé»*, rappelle-t-il. Il montre également une série réalisée fin 1974, avant qu'il ne parte étudier les Beaux-Arts en France. «Avec le recul, en regardant ces travaux de mes 17-18 ans, il y a toujours des thèmes qui m'inspirent encore aujourd'hui. Je regarde ces œuvres avec beaucoup de bonheur, en me disant que je n'ai pas perdu mon temps. J'ai bien choisi ma voie. À cinq ans, je disais que je voulais être peintre.»

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N'oublions pas les artistes

Khalid Nazroo a fêté ses 72 ans. Il travaille toujours autant. Plus disponible maintenant qu'il a pris sa retraite après 30 ans d'enseignement au Mauritius Institute of Education. Il regrette les grands départs de Fabien Cango en octobre et de Lalit Gupta, sculpteur, qui a été son collègue. «Un artiste travaille pendant 20, 30 ans, mais il n'y a pas de lieu de référence où l'on peut voir son travail. En plus, on ne peut pas vivre de sa peinture», rappelant l'absence d'une galerie d'art nationale. «Quand je vois le nombre d'expositions qui se tiennent au Caudan Arts Centre ou à la galerie Imaaya, Cela veut dire qu'il y a des gens qui s'y intéressent.»

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