La résidence de Mamy Ravatomanga, président-directeur général (PDG) du groupe Sodiat, située à Mantasoa, Madagascar, a de nouveau été la cible d'une intervention des forces de l'ordre.
Le samedi 13 décembre, des éléments armés à bord de sept véhicules se seraient introduits sur la propriété, sans présentation de mandat de perquisition, selon nos confrères malgaches. L'opération aurait duré près de deux heures, au cours desquelles plusieurs biens ont été saisis, tandis que d'autres ont été endommagés ou détruits. À ce stade, aucune version officielle n'a été communiquée par les autorités.
Cette nouvelle perquisition s'inscrit dans le prolongement du gel des avoirs visant Mamy Ravatomanga dans le cadre d'enquêtes financières en cours. Si la procédure judiciaire se poursuit, ses conséquences débordent désormais largement le cadre strictement judiciaire pour affecter le tissu social et économique.
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À Mandrosoa Ivato, la tension est montée d'un cran le jeudi 11 décembre. Les employés de la société Sodiat ont tenu un sit-in afin de réclamer le versement de leurs salaires du mois de décembre. Quelque 4 500 travailleurs se retrouvent aujourd'hui directement impactés par le blocage des comptes de l'entreprise. En signe de désespoir, une roue a été brûlée sur la voie publique, traduisant une colère alimentée par l'incertitude et l'absence de réponses concrètes.
Les salariés se veulent clairs : ils ne sont pas en conflit avec l'État. Leur appel se veut avant tout humanitaire et social. Ils demandent aux autorités de faciliter des discussions urgentes avec leurs représentants afin de permettre le déblocage des salaires. «Nous ne faisons que demander notre dû», confient certains, évoquant des familles désormais sans ressources à l'approche de cette fin d'année.
Dans ce climat déjà tendu, la direction générale du groupe Sodiat a annoncé, dans un communiqué, la mise en chômage technique de l'ensemble de ses 4 500 employés. Une décision directement liée au gel temporaire des comptes bancaires de son PDG, qui place plusieurs entreprises du groupe dans une situation administrative critique, paralysant le paiement des salaires et des charges courantes.