L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi de finances initiale pour l'année 2026, marquant une étape importante dans la trajectoire budgétaire et économique du pays.
Ce budget se distingue par un volume de dépenses évalué à 7 433,9 milliards de francs FCFA, pour des recettes estimées à 6 188,8 milliards. L'écart entre ces deux agrégats conduit à un déficit budgétaire projeté à 5,37 % du Produit Intérieur Brut (PIB), traduisant un choix assumé de soutien à l'investissement dans un contexte de consolidation progressive des finances publiques. La pression fiscale devrait atteindre 23,2 % du PIB en 2026, contre 19,3 % dans la loi de finances initiale de 2025.
Selon les données du ministère des Finances et du Budget, les recettes prévues enregistrent une hausse de 23,4% par rapport à la LFI 2025, tandis que les dépenses augmentent de 12,3%, confirmant une orientation vers une meilleure efficacité de la dépense publique.
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Sur le plan macroéconomique, la croissance est projetée autour de 5%, dans un contexte marqué par des tensions budgétaires persistantes, mais également par des perspectives de relance fondées sur l'investissement public. C'est dans cette logique que le gouvernement a inscrit, dans la Loi de finances initiale 2026, quarante-quatre projets prioritaires d'un montant global de 633,7 milliards de francs CFA.
Ces projets s'inscrivent dans le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), un pilier de la Vision Sénégal 2050, fondée sur les principes de souveraineté, de résilience et de prospérité partagée. Ils couvrent des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l'énergie, l'agriculture, l'industrie, l'eau, la santé, l'éducation et la défense avec l'ambition de moderniser le pays tout en répondant à des besoins sociaux urgents.
Les infrastructures constituent le premier poste d'investissement avec une enveloppe de 133,7 milliards de francs CFA. Les actions prévues concernent notamment la finalisation des routes Mékhé-Pékès-Thilmakha et Sandiara-Ndiaffate, la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Kidira, la modernisation de l'aéroport de Ziguinchor, la construction et la réhabilitation d'universités, la création de trente-cinq centres de santé à travers le territoire. Ces projets visent à renforcer la mobilité, à désenclaver les régions et améliorer les infrastructures sociales.
Le secteur de l'énergie bénéficie d'une allocation de 432 milliards de francs CFA, traduisant son caractère stratégique. Les priorités portent sur l'électrification rurale dans les zones Louga-Linguère-Kébémer, la poursuite du programme d'urgence d'électrification rurale (PNUER), ainsi que des projets ciblés pour connecter Kaolack, Kaffrine, Podor et Saint-Louis. L'objectif est l'accès universel à l'électricité d'ici 2029 et la sécurisation de l'approvisionnement énergétique.
L'agriculture de voit consacrer une dotation de 22,6 milliards de francs CFA, orientée vers la mécanisation pour améliorer la productivité à hauteur de 13 milliards de francs CFA, et vers le développement des coopératives agricoles communautaires pour un montant de 9,6 milliards de francs CFA. Cette orientation vise à moderniser les pratiques agricoles et à réduire la dépendance alimentaire.
Le ministère de l'Industrie et du Commerce dispose de 119,3 milliards de frrancs CFA destinés aux l'Agropoles Sud et Centre, au développement industriel des filières arachide, oléagineux, fruits, légumes, mil, fonio, sorgho ainsi qu'à la modernisation de la SONACOS. L'objectif poursuivi est celui d'une industrialisation durable fondée sur la valorisation des productions locales.
D'autres investissements structurants sont également programmés, notamment la construction de trente mille logements pour améliorer l'accès à l'habitat, l'appui aux communes afin de renforcer la décentralisation, ainsi qu'une enveloppe de 148 milliards de francs CFA destinée au secteur de l'eau, dont 137 milliards affectés au Grand transfert d'eau DIAL-GTE, dans une perspective d'accès universel à l'eau potable.
La santé bénéficie de 12,2 milliards de francs CFA pour la construction de neufs centres de santé et le renforcement des hôpitaux. L'éducation reçoit de 9,6 milliards de francs CFA, principalement consacrés à l'expansion de l'Université virtuelle du Sénégal (UVS). Les Forces armées se voient attribuer 10,5 milliards de francs CFA, incluant la construction de la nouvelle polyclinique de l'Hôpital principal de Dakar.
Près de 90 milliards de francs CFA sont dédiés aux infrastructures liées aux Jeux Olympiques de la Jeunesse et à la Coupe d'Afrique des Nations, confirmant l'importance accordée aux grands évènements sportifs comme levier de développement et de visibilité internationale.
Pour soutenir cette stratégie ambitieuse, le Plan de Redressement Économique et Social mise sur une meilleure mobilisation fiscale, la lutte contre l'évasion, la rationalisation des dépenses publiques et le recours à des financements innovants comme les Partenariats Public-Privé et le recyclage d'actifs publics. L'objectif affiché est de réduire la dépendance à l'endettement tout en renforçant l'autonomie financière du pays et la soutenabilité des finances publiques