Sénégal: Vers l'harmonisation des outils de référence pour la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre

Dakar — Un travail de standardisation de la réponse nationale aux violences faites aux femmes et aux filles a été conduit par la tutelle, en vue d'assurer une prise en charge "globale, harmonisée et intégrée" des victimes, a-t-on appris du secrétaire général du ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, Mountaga Ba.

"L'absence d'harmonisation des outils de référence et de contre-référence disponibles constitue une entrave majeure à l'efficacité et à l'homogénéité de cette prise en charge. C'est face à ce constat qu'il a été mené un travail de fond visant la standardisation de la réponse nationale face aux violences faites aux femmes et aux filles, et l'assurance d'une prise en charge globale, intégrée et harmonisée pour les victimes/survivantes", a déclaré Mountaga Ba.

Il présidait, lundi à Dakar, un atelier de partage du protocole de collaboration multisectorielle et des outils de prise en charge harmonisés.

Selon M. Ba, cet effort concerté a abouti à la production de deux instruments de référence, à savoir le protocole de prise en charge par type de violences, assorti de ses annexes détaillées, à savoir la prise en charge psychosociale, l'arbre appui juridique et l'arbre appui médico-légal.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Le protocole de collaboration multisectorielle a été élaboré conjointement par les ministères de l'Intérieur, de la Justice, des Forces armées, de la Famille et de la Santé.

Il vise à "garantir aux victimes admises dans les centres d'accueil unique une prise en charge globale et intégrée en facilitant la collaboration entre nos différents services étatiques", a expliqué le secrétaire général du ministère de la Famille.

La production de ces documents est l'aboutissement d'un travail "multisectoriel", "rigoureux" et d'une "réponse directe" aux insuffisances constatées, notamment l'absence d'harmonisation des interventions, a ajouté M. Ba.

"L'objectif de cet atelier est donc double : il s'agira de vous présenter ces deux instruments et d'assurer leur appropriation pleine et entière", a-t-il souligné.

Selon Mountaga Ba, ces protocoles et outils sont "très chers" à la ministre de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, Maïmouna Dièye, en ce qu'ils matérialisent "sa volonté d'assurer une prise en charge globale et intégrée des victimes".

Dans ce sens, a-t-il indiqué, la ministre a pris les dispositions nécessaires pour mobiliser l'ensemble des parties prenantes, notamment les ministères de l'Intérieur, de la Justice, des Forces armées et de la Santé, dont l'implication est indispensable pour garantir l'efficacité des centres d'accueil unique.

Ces instruments seront d'ailleurs "utiles" à l'ensemble des acteurs, y compris ceux qui ont initié et qui gèrent déjà des centres d'accueil, a ajouté Mountaga Ba.

A l'en croire, cette démarche est née de la conclusion d'une étude socio-anthropologique récente portant sur les violences sexuelles, menée avec l'appui d'Enabel, l'agence belge de coopération internationale.

Cette organisation avait décelé qu'en dépit des multiples avancées caractérisées par la mise en place d'un dispositif légal et institutionnel solide, les résultats obtenus ne militent pas encore en faveur d'une pleine maîtrise du phénomène, a indiqué le secrétaire général du ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités.

Il fait valoir que les violences et pratiques néfastes ont progressé de 27% à 31,9% au cours des cinq dernières années.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.