L'industrie aérienne mise désormais sur la protection de l'environnement par l'utilisation d'énergies propres, notamment le carburant aérien durable (Saf : Sustainable aviation fuel) et de technologies innovantes.
Devant les journalistes, le 9 décembre, à Genève, en Suisse, Marie Owens Thomsen, responsable de la durabilité et économiste en chef, a précisé que le secteur aérien vise un objectif de zéro émission nette de carbone à l'horizon 2050.
« Nous estimons que les carburants durables pour l'aviation pourraient contribuer à hauteur d'environ 65 % à la réduction des émissions nécessaires pour que le secteur aérien atteigne l'objectif zéro émission nette en 2050 », précise Marie Owens Thomsen.
Pour elle, cette vision nécessitera une augmentation massive de la production de cette énergie propre pour répondre à la demande. D'ailleurs, selon elle, la plus forte accélération est attendue dans les années 2030, du fait que le soutien politique deviendra mondial, que les carburants durables pour l'aviation deviendront compétitifs par rapport au kérosène fossile.
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Les Saf, en réalité, sont des carburants liquides actuellement utilisés dans l'aviation commerciale qui peuvent réduire les émissions de Co2 jusqu'à 80%. Ceux-ci contiennent les mêmes hydrocarbures que le Kérosène fossile.
Cependant, la différence essentielle réside dans le fait que ces carburants proviennent de sources plus durables. Ils peuvent être produits à partir de certaines matières premières, notamment les déchets graisses, les huiles et les déchets solides municipaux, les résidus agricoles et forestiers, les déchets humides, etc.
Les Saf peuvent être considérés comme durables, car leurs matières premières n'impactent pas négativement les cultures vivrières ou la production alimentaire. Leur production ne nécessite pas d'utilisation supplémentaire de ressources comme l'eau et plus largement, ne favorise pas les défis environnementaux tels que la déforestation, la perte de productivité des sols ou la perte de biodiversité.
Comparativement, les combustibles fossiles augmentent le niveau global de Co2 en émettant du carbone qui était auparavant emprisonné. Les carburants alternatifs durables recyclent le Co2 qui a été absorbé par la biomasse utilisée dans la matière première au cours de son cycle de vie.
La production de ce carburant durable nécessite toutefois des investissements importants qui se chiffrent en termes de millions de dollars. Malgré cet investissement, en 2025, l'Iata prévoit une production de Saf qui atteindra 1,9 Mt (millions de tonnes métriques), soit 0,6 % de la consommation mondiale de carburant pour avions.
Envoyé spécial en suisse
Lors de ces journées, le patron de l'Iata a eu un échange particulier avec les journalistes venant de l'Afrique.