Lors d'une visite de supervision des récoltes dans le cadre des vacances agricoles citoyennes, le directeur des activités socio-éducatives et de la vie associative (DASEVA) au ministère de la Jeunesse et des Sports, Georges Armand Daguenovo, était de passage à Kolda, ce week-end. À cette occasion, une visite des sites de Bod̔eyel Abdou et Saré Gagna s'est suivie, au cours de laquelle les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction quant au programme, tout en évoquant les difficultés rencontrées.
Sous un temps clément, Georges Daguenovo, directeur des activités socio-éducatives et de la vie associative (DASEVA) au ministère de la Jeunesse et des Sports, a supervisé les résultats des vacances agricoles. Cette mission s'inscrit dans un programme national visant à mobiliser la jeunesse rurale autour d'activités productives, dans une dynamique de quête de souveraineté alimentaire. À Bod̔eyel Abdou (commune de Dioulacolon) et à Saré Gagna (commune de Saré Bidji), les jeunes ont emblavé des hectares de maïs, transformant l'oisiveté en opportunité économique.
Moustapha Diamanka, responsable des jeunes à Saré Gagna, exprime sa gratitude : « Je remercie l'État du Sénégal et la délégation présente. Nous avons produit sur trois hectares de maïs, dont voici les récoltes. »
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Toutefois, des défis persistent. « Les difficultés sont liées à la divagation des animaux, faute de clôture. Les jeunes étaient constamment mobilisés dans leurs champs, ce qui a réduit la production en deçà de nos estimations », explique-t-il. Il souligne également le manque de matériel : « Mis à part l'engrais fourni par l'État, il nous a manqué des tracteurs. Avec un meilleur accompagnement, on pourrait lutter contre l'émigration clandestine qui ravage notre zone. La terre est disponible ; tout ce que nous demandons, c'est du matériel agricole. »
Georges Daguenovo, en pleine opération d'égrainage -- phase post-récolte essentielle pour la valorisation des productions --, met en exergue l'importance du programme. « Nous procédons aux opérations d'égrainage des hectares de maïs emblavés dans le cadre des vacances agricoles. C'est une activité clé pour mettre la production à la disposition des consommateurs, en valorisant l'aspect économique et la contribution à la souveraineté alimentaire », souligne-t-il.
Il insiste également sur la mobilisation citoyenne : « L'objectif était d'orienter les jeunes vers des activités de développement. Les associations sportives et culturelles (ASC) doivent s'impliquer davantage pour promouvoir la citoyenneté. Les vacances agricoles mettent en valeur la capacité des jeunes, même en zones rurales, à participer à cette quête nationale. »
À Kolda, on note que ces jeunes ont de réelles opportunités de génération de revenus sur place. À Bod̔eyel Abdou, Bakary Mballo, président des jeunes engagés, partage son expérience : « Nous avons cultivé trois hectares de maïs et un hectare de pastèque, malgré un retard dans la mise à disposition des semences. Nous avons atteint nos objectifs. »
Pour lui, le programme est une véritable aubaine : « Il était difficile pour un jeune de rester six à sept mois sans activité productive. D'où la pertinence des vacances agricoles. » Ancien migrant, il témoigne : « J'ai moi-même passé six ans en Libye. Nous demandons à l'État un meilleur accompagnement pour rester et réussir chez nous. »
Ces initiatives, bien que modestes, incarnent un réel espoir pour la jeunesse koldoise. Face à l'exode rural et au chômage, les vacances agricoles offrent une alternative concrète. Mais les appels convergent vers un besoin accru de soutien matériel afin de pérenniser ces efforts. Comme le résume Georges Daguenovo, « les jeunes ruraux sont capables de contribuer à la souveraineté alimentaire du pays ». À Kolda, la terre fertile attend simplement les outils pour fleurir.