Coup de tonnerre dans le paysage politique gabonais. Pascal Ogowè Siffon , figure du gouvernement de transition jusqu'à ces dernières heures, a été interpellé mardi soir à Libreville. L'ancien ministre du Tourisme est actuellement entendu par la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM), le célèbre « B2 », pour des soupçons de malversations financières massives.
Une arrestation à la sortie du Palais Rénovation
Le timing de cette interpellation ne doit rien au hasard. Selon des informations rapportées par Gabonactu , citant des sources généralement bien renseignées, Pascal Ogowè Siffon a été appréhendé mardi soir entre la présidence de la République et son domicile. Il venait tout juste de remettre sa démission au Chef de l'État, le Général Brice Clotaire Oligui Nguéma .
L'objectif de ce départ du gouvernement était clair : l'ancien ministre s'apprêtait à rejoindre le Palais Omar Bongo pour y siéger en tant que Sénateur de la commune d' Akanda . En étant interpellé avant l'installation officielle de la chambre haute prévue ce mercredi, Pascal Ogowè Siffon n'a pas pu bénéficier de l'immunité parlementaire attachée à sa nouvelle fonction.
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10 milliards de francs CFA dans le viseur de la justice
Les charges qui pèsent sur l'ancien membre du gouvernement sont lourdes. Il lui serait reproché le détournement de plus de 10 milliards de francs CFA. Ces fonds étaient initialement destinés au développement du secteur touristique gabonais, un pilier stratégique pour l'économie nationale.
Les premiers éléments de l'enquête révèlent que de graves irrégularités auraient été décelées sur les écritures comptables et financières du département ministériel sous sa tutelle.
Un signal fort pour le nouveau Sénat
Cette arrestation, survenant à quelques heures de l'installation de la première chambre haute post-transition, jette une ombre sur la rentrée parlementaire, mais envoie surtout un message politique sans équivoque.
En empêchant Pascal Ogowè Siffon de s'abriter derrière son futur statut de parlementaire, les autorités affichent une volonté de rupture. Pour le nouveau Sénat, ce précédent rappelle que le Palais Omar Bongo ne saurait servir de refuge ou de "zone d'immunité" pour les cadres soupçonnés de mauvaise gestion. L'institution, censée incarner la sagesse et le contrôle de l'action publique, se voit ainsi rappelée à l'exigence d'intégrité avant même son premier jour de session.
Une chute prévisible ?
Si cette interpellation marque un tournant, l'étau semblait se resserrer autour de lui depuis plusieurs semaines. Fin octobre, l'ancien ministre avait déjà été brièvement assigné à résidence et frappé d'une interdiction de quitter le territoire national.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de lutte renforcée contre les détournements de deniers publics sous l'ère de la Transition. L'enquête qui débute devra déterminer les responsabilités exactes dans ce qui s'annonce comme l'un des dossiers financiers les plus retentissants de la période post-transition au Gabon.