L'hivernage 2025 a été caractérisé par une pluviométrie globalement normale à excédentaire et des situations hydrologiques exceptionnelles sur plusieurs bassins fluviaux. Face aux risques accrus d'inondations, l'État, à travers le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement et l'ensemble des structures concernées, a déployé un important dispositif de prévention, de réponse et de résilience, tout en formulant des recommandations stratégiques pour l'hivernage 2026.
Bilan météorologique et surveillance des cours d'eau : des tendances climatiques préoccupantes
Les analyses climatiques font ressortir une hausse progressive des températures saisonnières et annuelles, accompagnée d'une augmentation de l'intensité des précipitations durant l'hivernage. Cette évolution accentue les risques de crues, tout en rendant plus complexe la recharge des nappes en période d'étiage.
Sur le plan hydrologique, l'année 2025 a été marquée par une situation exceptionnelle sur les bassins fluviaux, avec des niveaux de crues élevés, nécessitant un suivi rapproché des cours d'eau et une planification rigoureuse des lâchers d'eau aux barrages de Diama et de Manantali.
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Les données de l'ANACIM indiquent que 60 % des stations pluviométriques présentent des cumuls équivalents à la normale, 36 % des cumuls excédentaires, tandis qu'une seule station, à Nioro, affiche un déficit. Plusieurs pluies exceptionnelles ont été enregistrées dans des zones à forts enjeux humains et économiques.
Ressource en eau et résilience : des vulnérabilités persistantes
La pression sur les ressources en eau demeure forte, tant en quantité qu'en qualité, dans un contexte d'urbanisation rapide et de besoins croissants en assainissement. Les autorités soulignent la nécessité d'une Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), incluant l'aménagement du territoire, la préservation des zones humides et l'élaboration d'un Plan Eau prenant en compte l'ensemble du cycle hydrologique.
Bilan des préparatifs et opérations pré-hivernales
En amont de l'hivernage, plusieurs visites de terrain ont été effectuées dans les zones à risque, notamment à Touba, Dakar, Tivaouane, Saint-Louis, Podor, Matam, Bakel, Ziguinchor, Bignona, Kaolack, Tambacounda, Kaffrine et Diourbel.
Depuis 2019, la gestion des inondations repose sur le Comité national de Gestion des Inondations (CNGI), dont la réorganisation est en cours afin d'élargir la participation aux collectivités territoriales, parlementaires, acteurs communautaires et personnes ressources. Des comités régionaux et départementaux assurent le pilotage territorial, avec un suivi hebdomadaire et des comptes rendus réguliers transmis aux autorités centrales.
Des réalisations majeures en 2025
Les actions menées ont permis des avancées significatives : 594 kilomètres de réseaux de canalisation curés à l'échelle nationale ; 10 hectares de bassins faucardés, rétablissant leur capacité de stockage ; 629 sites de pompage ouverts, dont 280 établissements scolaires ; des travaux structurants de drainage à Keur Massar, Touba, Rufisque, Sédhiou, Ziguinchor, Bignona, Kaffrine et Kaolack ; la réalisation de 7 bassins de rétention, 8 digues de protection, 3 537 mètres de murs de soutènement, ainsi que 15 kilomètres de digues dans le département de Podor.
Plans d'urgence régionaux : une réponse rapide aux situations critiques
Dans les zones les plus touchées, notamment Diourbel, Bakel, Saint-Louis et Matam, des plans d'urgence ont été activés avec la mobilisation de carburant, de matériel de pompage lourd, de groupes électrogènes, de tuyauteries, ainsi que des appuis alimentaires et logistiques pour le relogement des sinistrés. La mobilisation communautaire a permis l'engagement de plus de 500 jeunes et la distribution de centaines de motopompes.
Bilan humain et matériel : des pertes importantes
Malgré les efforts consentis, les inondations ont causé 20 décès et 8 336 sinistrés. Plusieurs axes routiers et ponts ont été coupés à Bakel, Matam et Tambacounda. Au total, 946 hectares de surfaces agricoles ont été détruits.
Dans le secteur de l'éducation, 296 établissements scolaires ont été inondés, mais tous ont été traités et libérés. Le secteur avicole a également subi des impacts notables, notamment à Touba et Tambacounda.
Les autorités notent une forte mobilisation des structures, une amélioration de la coordination et une mise en oeuvre effective de 66 % des recommandations, tandis que 17 % des actions sont en cours, notamment celles liées à la restructuration des zones inondables et à la préservation des voies naturelles de drainage. D'autres actions restent conditionnées à la mobilisation de financements.
Recommandations pour l'hivernage 2026
En perspective de l'hivernage 2026, plusieurs recommandations ont été formulées, parmi lesquelles : le renforcement des moyens de prévention et de surveillance climatique ; l'extension du réseau de radars et de stations pluviométriques ; la poursuite de la libération des zones humides ; l'encadrement strict des opérations de lotissement ; et la consolidation du dispositif institutionnel de gestion des inondations.