Gabon: Le vote de la loi sur la taxe forfaitaire d'habitation - 'Ce vote est nul et de nul effet' dixit Michel Ongoundou Loundah

17 Décembre 2025

L'affaire fait grand bruit dans les coins et les recoins de la capitale gabonaise, l'intimer du pays aussi. Les débats étaient houleux autour de la taxe forfaitaire d'habitation à l'Assemblée nationale. Des parlementaires ont dit non et plusieurs acteurs politiques s'indignent, parmi eux, Michel Ongoundou Loundah, Président de REAGIR et figure politique du pays.

Le sujet relatif à la taxe forfaitaire d'habitation fait grand bruit et suscite grand débat au sein de l'opinion. Même à l'Assemblée nationale, il avait été présenté au vote, mais les tensions étaient perceptibles. Plusieurs parlementaires ont voté contre cette loi. Au sein de la classe politique, des acteurs et leaders politiques s'indignent, parmi eux, le Vénérable Sénateur Michel Ongoundou Loundah, l'ancien Premier ministre et Président de Ensemble pour le Gabon, Alain Claude Bilie By Nze, Benoît Mouity Nzamba du PGP et bien d'autres.

Le Sénateur de la transition affirme, lors d'une conférence de presse animée par un bon nombre d'acteurs politiques, qu'il y a beaucoup de bricolages dans les institutions et malheureusement pour lui, le Gabon est en train de se singulariser. "Nous avons un parlement où d'un côté, il y a des Députés élus et des Sénateurs nommés dont je fais partie. Nous n'avons pas le même statut parce que n'ayant pas la même légitimité. Et pourtant nous devons voter les mêmes lois. Le pays est dans une phase très délicate malheureusement, nous en paierons le prix" fait-il savoir.

Du débat houleux et des oppositions à la loi

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Pour des parlementaires qui ont voté, contre ou qui ont opté pour l'abstention, le Président de REAGIR a témoigné de son admiration et a salué leur bravoure.

"Il faut saluer leur courage. Il faut qu'ils continuent à penser d'abord au mandat qui leur a été confié par leurs électeurs au lieu de leurs intérêts personnels, ni aux intérêts du parti qui les a investis si tant est que ce sont des élus qui ont été investis par des formations politiques. Il n'y a pas de mandat impératif et quand vous êtes à l'Assemblée, quand vous êtes au Sénat, vous devez agir en votre âme et conscience en fonction de ce que vous pensez de votre pays et de ce que vous voulez faire du Gabon. Ce vote est nul et de nul effet" soutient-il.

L'ancien Premier ministre et Président de Ensemble pour le Gabon, Alain Claude Bilie By Nze, lui aussi, n'est pas allé du dos de la cuillère. Il a également qualifié ce vote de nul et de nul effet. Pour lui, cette adoption de la loi devrait être annulée.

Le Pr. Vincent Moulengui Boukossou n'est pas allé du dos de la cuillère en soulignant qu'il faut que le Gabonais sache que dans des pays à gouvernance sérieuse, il y a une différence entre un impôt et une taxe. Pour lui "L'impôt est une somme que l'État prélève, sans une contrepartie directe. C'est le cas notamment de l'impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP) ou de l'impôt sur les sociétés. L'impôt contribue à financer les charges de fonctionnement ou les programmes d'investissements".

Aussi, lance-t-il qu'avant d'imposer aux Gabonais la taxe d'habitation, le gouvernement doit d'abord nous dire ce qu'il est advenu des 7 Milliards octroyés par province, soit un total de 63 milliards pour les 9 provinces, bien au-delà de 2,8 Milliards escomptés.

Le débat reste ouvert. Les populations gabonaises continuent de s'interroger sur leur quotidien, sur la vie chère, le loyer, le transport... Elles continuent de s'inquiéter quant à la suite des événements. Ce qui est d'ailleurs légitime. Elles attendent de bonnes réponses et de bonnes garanties pour un lendemain meilleur.

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