Invisible pour le grand public mais vital pour l'économie moderne, le réseau numérique ivoirien est aujourd'hui sous forte pression. Vols, vandalisme, sabotages et difficultés d'accès au foncier : les infrastructures de communication électronique subissent une insécurité croissante aux conséquences lourdes sur la continuité des services.
Face à cette menace persistante, les acteurs du secteur ont décidé de faire front commun. C'est dans ce contexte que se sont ouvertes, le 17 décembre 2025 à Grand-Bassam, les premières assises nationales sur la sécurisation des infrastructures des réseaux de communication électronique en Côte d'Ivoire, organisées par Ihs Côte d'Ivoire, en collaboration avec l'Artci.
Représentant Fatim Cissé, directrice générale de Ihs Côte d'Ivoire et Ihs Cameroun, Valentin Bédiakon, conseiller juridique, a donné le ton à l'ouverture des travaux. Saluant la mobilisation des parties prenantes, il a souligné que celle-ci témoigne de « l'importance accordée à la résilience des infrastructures numériques, véritables piliers du développement économique et social du pays ». Selon lui, la multiplication des incidents impose « une action urgente, collective et coordonnée ».
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Les chiffres confirment l'ampleur du défi. Entre janvier et octobre 2025, plus de 788 incidents ont été recensés sur les seules infrastructures d'Ihs. À l'échelle nationale, 665 actes de vols et de vandalisme ont touché les réseaux, incluant des vols de batteries, de carburant, de câbles de fibre optique et de câbles d'alimentation des équipements télécoms. Autant d'atteintes qui fragilisent la disponibilité du réseau et la qualité des services.
Procédant à l'ouverture officielle du séminaire, Kouamé Philippe, conseiller spécial et représentant du directeur général de l'Artci, a rappelé que les infrastructures de communication électronique constituent « le socle fondamental des services numériques », indispensables à la santé, à l'éducation, à la sécurité, aux transports et à l'administration publique. Il a également évoqué l'incident du 14 mars 2024, marqué par la rupture simultanée de plusieurs câbles sous-marins, qui avait plongé l'Afrique de l'Ouest dans une crise numérique majeure.
Au-delà de la sécurisation physique, les acteurs font face à des obstacles liés à l'accès aux domaines public et privé, aux lenteurs administratives et aux résistances locales. Pour les organisateurs, une certitude s'impose : aucun acteur ne peut agir seul.
Durant trois jours, opérateurs, gestionnaires d'infrastructures, administrations territoriales et régulateurs travaillent à dégager des solutions concrètes en vue de l'élaboration d'une stratégie nationale durable de protection des infrastructures numériques.
À Grand-Bassam, le message est clair : sécuriser les réseaux, c'est préserver les services essentiels et garantir l'avenir numérique de la Côte d'Ivoire.