Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le groupe rebelle de l'AFC/M23 a annoncé avoir entamé le mercredi 17 décembre 2025 son retrait de cette ville de la province du Sud-Kivu, conquise la semaine précédente. Ces derniers jours, sur place les activités se sont arrêtées : peu de circulation et des commerces restés fermés, et beaucoup d'incertitude.
Les motos-taxis sont de retour dans les rues, les moteurs tournent, les klaxons résonnent, mais les clients se font rares. Peu de personnes sortent, et cette ville de l'est de la RDC fonctionne au ralenti.
Sur la route nationale numéro 5, véritable colonne vertébrale d'Uvira, l'ambiance tranche avec l'ordinaire. Habituellement noire de monde, surtout dans le centre-ville, elle est presque vide ce matin.
Fikira, chauffeur de moto-taxi, klaxonne pour attirer les rares passants. Les courses sont peu nombreuses, mais il se dit tout de même soulagé de pouvoir circuler : « Nous remercions le Seigneur de voir comment nous commençons à circuler dans notre Uvira. Mais les clients sont très peu nombreux, ils n'ont pas eu la force de faire des courses. »
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« La population a encore peur »
Même constat pour son collègue Jafar. Lui aussi klaxonne, sans vraiment y croire. Il décrit un climat encore lourd dans la ville : « La population a encore peur. Vous savez, généralement, nous avons des clients quand il y a les activités scolaires. Nous transportons des élèves, des enseignants et autres travailleurs. C'est avec ça que nous gagnons un petit rien pour nous nourrir. On a espoir que tout cela va revenir à la normale très bientôt. »
Ce mélange de crainte et d'espoir se retrouve aussi au marché Maendeleo, le plus grand de la ville.
Situé le long du lac, il peine à se remplir comme avant. Bora y vend des haricots. Malgré la baisse de fréquentation, elle reste optimiste : « Nous sommes moins nombreux que d'habitude, mais nous arrivons quand même à vendre. Nous espérons que la semaine prochaine, la situation sera à la normale. Nous nous réjouissons surtout de voir l'ouverture de la route qui relie Uvira à Bukavu. Là, les échanges commerciaux entre les deux villes vont reprendre. »
Uvira vit au ralenti. Dans plusieurs artères de la ville, de nombreuses boutiques restent fermées.
Est de la RDC: ce que l'on sait du retrait de l'AFC/M23 d'Uvira Sur le terrain, les combattants de l'AFC/M23 se replient par la sortie nord de la ville, en direction de Bukavu. Le retrait a commencé mercredi soir, aux environs de 19h, heure locale : des colonnes de combattants en mouvement, des véhicules chargés de matériel militaire, des armes lourdes recouvertes de bâches, des rations et d'autres éléments de la logistique militaire.
Ces déplacements sont supervisés par Bernard Maheshe Byamungu, chef d'état-major adjoint de l'AFC/M23, numéro deux militaire du groupe.
Tous prennent le même axe qu'ils avaient emprunté pour se déployer et entrer à Uvira.
Les mouvements se sont poursuivis au cours de la nuit. Et ce jeudi matin encore, des habitants contactés par RFI confirment que les convois continuent de quitter la ville.
Autre élément observé : des maisons de l'État, occupées ces derniers jours par certains dirigeants, sont en train de se vider.
À ce stade, une inconnue demeure : jusqu'où vont-ils se replier ? Vont-ils retourner jusqu'à Kamanyola, environ 80 kilomètres plus au Nord, leur position initiale d'il y a une semaine et demie ? Sur ce point, le mouvement ne répond pas.
Dernier élément : la veille, des dizaines de membres de la police du mouvement sont arrivés à Uvira. On ignore encore s'ils vont rester, et pour combien de temps.
Enfin, l'AFC/M23 appelle Kinshasa à « faire preuve de bonne foi », en respectant le cessez-le-feu et en libérant ses prisonniers.