Cinq questions clés sur le Fonds africain de développement

17 Décembre 2025
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African Development Bank (Abidjan)

La réunion finale de la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), le guichet de financement concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, se déroule les 15 et 16 décembre 2025 à Londres, au Royaume-Uni.

Au cours de cette réunion, les partenaires au développement annonceront leurs engagements financiers en faveur de 37 pays africains à faible revenu, dans un contexte où l'aide publique au développement est confrontée à des pressions budgétaires croissantes.

Voici cinq questions clés qui résument les enjeux de cette réunion cruciale.

Qu'est-ce que le Fonds africain de développement ?

Depuis sa création en 1972, le Fonds africain de développement a fourni plus de 45 milliards de dollars de financement sous forme de dons, de prêts à faible taux d'intérêt et de garanties adaptées aux besoins de 37 des pays les moins avancés d'Afrique. Le fonds concentre ses efforts sur la construction d'infrastructures durables et résilientes au climat qui stimulent la croissance et l'intégration, tout en renforçant la gouvernance, la gestion des finances publiques et la viabilité de la dette afin de soutenir les résultats de développement à long terme. Depuis son premier cycle de reconstitution des ressources (FAD-1), le fonds fonctionne selon un cycle triennal soutenu par les partenaires au développement, ce qui garantit un financement prévisible et stable. À ce jour, il a investi plus de 45 milliards de dollars dans les infrastructures, les services sociaux et les solutions locales à travers le continent. Les priorités du Fonds ont évolué au gré des besoins de l'Afrique. Le cycle actuel met également l'accent sur la fragilité, l'engagement du secteur privé et la résilience climatique, notamment à travers l'adaptation au climat et l'atténuation de ses effets.

Pourquoi la session d'annonce de contributions de Londres est-elle cruciale ?

Organisée conjointement à Londres par le Royaume-Uni et le Ghana, cette réunion intervient à un moment où l'aide publique au développement est soumise à de fortes pressions. Au cours de l'année écoulée, de larges consultations avec les partenaires ont permis de définir les priorités stratégiques du FAD-17. Elles se concentrent sur cinq domaines : l'emploi et les moyens de subsistance, l'accès à l'énergie, le commerce et l'intégration régionale, ainsi que la viabilité de la dette et le renforcement institutionnel. La session de Londres marquera l'adoption du programme de financement 2026-2028.

Le Fonds africain de développement est un instrument de financement multilatéral unique, piloté par l'Afrique elle-même. Bien qu'il bénéficie du soutien de partenaires internationaux, il est détenu conjointement par des pays membres africains et non africains, et les décisions d'investissement sont guidées par les priorités continentales. Les pays membres régionaux africains jouent un rôle de plus en plus important grâce à des contributions financières directes, ce qui renforce l'appropriation et le partage des responsabilités.

Le FAD-17 représente une étape historique avec un nombre record de pays africains ayant pris des engagements financiers.

Comment fonctionne le mécanisme de financement du Fonds ?

Le Fonds africain de développement fournit des financements abordables sous forme de dons, de prêts à faible taux d'intérêt et de garanties adaptés aux pays dont la marge de manoeuvre budgétaire est limitée. Cela permet aux gouvernements d'investir dans des biens publics essentiels sans aggraver la vulnérabilité à la dette.

Tous les trois ans, les partenaires engagent de nouvelles ressources par le biais du processus de reconstitution, le FAD-17 étant le cycle actuel. Ces contributions des partenaires sont combinées à des remboursements internes et à des ressources provenant du guichet non concessionnel de la Banque africaine de développement, ce qui permet de mener des opérations plus importantes et plus transformatrices. Cette structure mixte permet également de mobiliser des capitaux privés, en particulier dans les environnements à haut risque.

Quels types de projets et de secteurs le Fonds privilégie-t-il ?

Le Fonds africain de développement aligne ses opérations sur les priorités nationales de développement tout en relevant les grands défis continentaux, tels que l'adaptation au climat, la sécurité alimentaire, les migrations et l'accès à l'énergie. Il soutient des initiatives stratégiques, telles que la sécurisation de l'accès aux minerais stratégiques pour la transition énergétique, le développement de corridors commerciaux transformateurs, comme le corridor de Lobito, qui relie l'Angola à la Zambie en passant par la RDC, et l'exploitation du vaste potentiel agro-industriel de l'Afrique.

Depuis sa création, le Fonds a financé plus de 3 000 projets et a été classé deuxième au niveau mondial parmi 49 agences de développement par le Center for Global Development en 2021. Entre 2015 et 2024, 18 millions de personnes ont bénéficié d'un nouvel accès ou d'un meilleur accès à l'électricité, 90 millions ont amélioré leur sécurité alimentaire, 87 millions ont bénéficié d'infrastructures de transport modernisées et 48 millions ont eu accès à l'eau potable et à des services d'assainissement.

Quels sont les défis actuels auxquels le Fonds africain de développement est confronté ?

Lors de la précédente session d'annonce de contributions pour la reconstitution des ressources, 8,9 milliards de dollars ont été mobilisés pour la période allant de 2022 à 2025.

La 17e reconstitution des ressources du Fonds intervient dans un contexte de raréfaction accrue des ressources mondiales, d'accélération des impacts climatiques à travers le continent et dans un environnement d'instabilité politique et d'incertitude à l'échelle mondiale. Le FAD-17 introduit des mécanismes de financement innovants, notamment l'Option d'emprunt sur les marchés, conçus pour renforcer considérablement la capacité du Fonds à mobiliser des ressources supplémentaires. Le Fonds met actuellement en oeuvre le cadre politique nécessaire pour opérationnaliser cette option d'emprunt sur les marchés des capitaux au cours de ce cycle, soulignant ainsi son engagement à accroître sa capacité financière tout en continuant à fournir un soutien concessionnel aux pays les plus vulnérables du continent.

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