Sénégal: Alpha Dieng, président du conseil d'administration des Salins du Sine-Saloum - « Le sel peut devenir un puissant levier de croissance et d'intégration africaine »

18 Décembre 2025

Administrateur civil à la retraite, ancien conseiller du président Léopold Sédar Senghor et figure chevronnée de l'administration sénégalaise, Alpha Dieng cumule une longue expérience au sommet de l'État, dans la coopération internationale et à la tête d'organisations publiques et privées. Il est, aujourd'hui, président du Conseil d'administration de la Société nouvelle sénégalaise des salins du Sine-Saloum (Snss), l'une des plus anciennes industries du pays. Dans cette interview, M. Dieng revient sur le parcours et les perspectives de la Snss, entreprise sénégalaise tournée vers l'exportation.

Quand l'entreprise a été créée en 1914 par sa maison mère, la Compagnie Française des Salins du Midi et des Salines de l'Est, c'est Blaise Diagne, député au Palais-Bourbon, qui était la figure marquante de la vie politique sénégalaise. C'est dire son ancienneté.

Aujourd'hui, elle produit du sel marin à partir de marais salants et en titre du sel en vrac lavé, séché qu'elle présente sous formes de sels en vrac, criblé ou raffiné. Le produit est vendu à 20% sur marché national et à 80% à l'exportation, vers une dizaine de pays africains.

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Retraçant les grandes dates de l'entreprise, M. Alpha Dieng indique qu'elle est devenue une société d'économie mixte en 1974 avec 49% du capital social appartenant à l'Etat. Dans la vague de privatisation menée par le président Abdou Diouf, en 1990, l'Etat a cédé ses parts à des actionnaires Sénégalais. Elle est donc une société Sénégalaise dont le siège social est sis à Kaolack.

« Elle emploie 500 agents dont seulement deux Français », précise notre interlocuteur. « Aujourd'hui la SNSS constitue la société la plus importante de la région de Kaolack. Elle cherche à étendre ses activités en ambitionnant de mieux servir les marchés national et Africain. C'est pourquoi elle a entrepris de coopérer avec les artisans de la région en les aidant à améliorer leurs, tout en développant des affaires avec eux.

Elle cherche également à acquérir pour elle-même de nouvelles aires d'exploitation afin de continuer son expansion », souligne-t-il, en réponse à une question sur les liens de la Snss avec les exploitants artisanaux et son positionnement.

Le gouvernement est inscrit dans la dynamique de Pôles régionaux. Son président du Conseil d'administration indique que « La Snss adhère parfaitement à la vision Sénégal 2050 de nos nouveaux dirigeants. À cet égard, elle nourrit l'ambition de faire du sel l'or blanc du Saloum, du Sénégal et de l'Afrique ».

Toutefois, il déclare que « le gouvernement du Sénégal doit aider d'urgence au réaménagement du fleuve le Saloum, à la réhabilitation du port de Kaolack et à l'affectation de 1000 hectares de terrain à la SNSS ». Selon Alpha Dieng, « cela permettra à la Snss d'accroître notablement sa production, ce qui va induire la création de milliers d'autres emplois internes ou connexes, sans oublier la grande attirance que qu'exerceront une meilleure navigabilité du Saloum et une redynamisation du port de Kaolack sur d'autres opérateurs économiques ».

La particularité de la société est qu'elle est résolument tournée vers l'exportation. « 80% de sa production sont destinées à la vente sur les marchés du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Burkina, de la Sierra Leone, de la Guinée, du Bénin, jusqu'au Gabon, faisant de la société une actrice importante des échanges commerciaux intégrés inter-africains », précise le Pca.

Selon lui, « le gouvernement du Sénégal pourrait assister la Snss à exporter davantage, non seulement en l'aidant à améliorer sa compétitivité grâce à l'amoindrissement de ses coûts de transport du fait de l'amélioration de la navigabilité sur le fleuve Saloum, comme je l'ai dit tout à l'heure, mais encore en amenant les pays destinataires du sel à respecter les règles régissant leurs échanges commerciaux, avec le Sénégal, notamment au sein de la CEDEAO et dans le cadre de la coopération bilatérale nous liant à certains pays d'Afrique Centrale ».

Il estime que « La Snss, comme le gouvernement, y gagneraient beaucoup : l'une pour l'accroissement de ses recettes d'exportation, l'autre par l'accroissement des recettes fiscales à tirer de ces recettes, sans oublier la création d'emplois supplémentaires qui en découlerait ».

Qui de la responsabilité sociétale de l'entreprise ? Tenant visiblement ce sujet à cœur, il révèle que « la Snss applique la Rse depuis plus de 10 ans. Elle fait même davantage, car elle consacre chaque année des dizaines, voire des centaines de millions de francs à des actions telles que l'assistance aux enfants de la rue, la construction de classes, le soutien aux activités sportives, culturelles et religieuses, l'électrification villageoise, la protection de l'environnement, la participation aux campagnes de lutte contre la maladie, la construction d'un centre de santé et d'une gare routière, la réfection ou la rénovation de bâtiments administratifs... ».

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