Le fils de l'opposant congolais Emmanuel Ramazani Shadary, interpellé mercredi 17 puis relâché jeudi 18 décembre, appelle à son tour à la libération de son père, haut-cadre du parti de l'ex-président Joseph Kabila et candidat à la présidentielle 2018. « Nous n'avons aucune information jusqu'à ce jour sur le lieu précis où il serait gardé », affirme Maître Paul Ramazani, avocat.
En République démocratique du Congo (RDC), Maître Paul Ramazani, fils de l'opposant Emmanuel Ramazani Shadary, a été libéré le 18 décembre 2025. Il avait été interpellé le 17 décembre à Kinshasa, au lendemain de l'arrestation de son père.
Emmanuel Ramazani Shadary, ancien candidat à la présidentielle de 2018, est aujourd'hui opposant et secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation de l'ancien président Joseph Kabila.
Cela fait quatre jours que sa famille est sans nouvelles de lui. La famille, qui dénonce une arrestation arbitraire, avait organisé un sit-in devant l'ambassade des États-Unis à Kinshasa, appelant à une implication de Washington. Une mobilisation motivée aussi par l'état de santé jugé fragile de l'opposant.
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« Il n'a jamais pris les armes contre le pays »
« Nous n'avons aucune information jusqu'à ce jour sur le lieu précis où il serait gardé, affirme Maître Paul Ramazani Shadary. Au sujet des services qui l'auraient enlevé, on ne sait pas non plus. »
Il souligne : « Nous avons commencé quelques démarches, donc cela veut dire des saisines officielles au niveau des instances et aussi aller dans tous les locaux d'audition des services de renseignements. Mais, jusque-là, on n'a aucune suite. On ne sait pas, on n'entre pas en contact avec lui, on ne sait pas s'il est en bonne santé, on ne sait pas s'il prend ses médicaments régulièrement. »
Le fils de l'opposant conclut : « Donc, ce que nous pouvons lancer comme message, c'est de libérer papa. Papa était un politicien connu, au vu et au su de tous. Il n'a jamais pris les armes contre le pays. Et, ce que nous demandons, c'est de le remettre en liberté et d'engager peut-être des poursuites légales et lui dire exactement ce qui lui est reproché. »
Selon des proches, l'interpellation d'Emmanuel Shadary eu lieu vers 3h30 le 16 décembre, à son domicile de la Gombe. Plusieurs dizaines d'hommes en uniforme - principalement des militaires de la Garde présidentielle - se sont présentés à son domicile. Une dizaine d'entre eux, armés, cagoulés et portant des gilets pare-balles, ont forcé la porte et ont fait irruption dans sa chambre. Ils ont fouillé son bureau, pris ses téléphones portables et sont repartis avec Emmanuel Shadary à bord de jeeps militaires.