À la foire de l'AES à Niamey, les producteurs exposent leur ingéniosité pour cultiver les terres au Sahel.
Cultiver sous un soleil brûlant, sur des terres souvent pauvres en eau, c'est le quotidien de nombreux agriculteurs des pays du Sahel. À la foire de l'Alliance des États du Sahel (AES), organisée à Niamey, ces producteurs exposent bien plus que des denrées : ils racontent une histoire de résistance et d'ingéniosité.
Ainsi, les stands débordent de produits agricoles. Mil, sorgho, niébé, oignons, sésame ou encore moringa. Des denrées issues de terres arides, parfois ingrates, mais qui nourrissent des millions de personnes au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Défier la pluviométrie
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Parmi les exposants, Sabiou Ibrahim, producteur d'un aménagement hydroagricole venu de Maradi, dans l'est du Niger. Depuis plus de quinze ans, il cultive plusieurs variétés de céréales malgré une pluviométrie de plus en plus capricieuse.
"On produit le riz, nous avons amené les produits comme le mil, le sorgho aussi avec deux variétés, explique-t-il. En plus de ça, on a amené le maïs P3 Kollo qui est produit sur l'aménagement hydro-agricole de Jiratawa Maradi."
Sabiou Ibrahim mise sur des techniques agricoles adaptées au climat sahélien en maitrisant des cultures à cycle court, demi-lunes, cordons pierreux ou encore récupération des eaux de pluie, appuyés par des forages.
"Il faut d'abord garantir la station de pompage ou à travers des forages, des canalisations, dit-il. Après avoir assuré l'eau, il faut mettre en valeur, c'est notamment d'abord la semence, les engrais, les produits phyto- sanitaires et l'encadrement. Voilà comment est le dispositif de production sur les aménagements hydro agricoles."
Maîtriser les stocks d'eau
En tant que producteur, Sabiou Ibrahim estime que mauvaise pluviométrie ne doit pas être synonyme de sécheresse. Les techniques adoptées permettent de produire suffisamment mais même cela est loin de satisfaire les forts besoins alimentaires des populations nigériennes.
Selon lui, "on ne dépend pas de l'hivernage, ça veut dire que à tout moment, on apporte l'eau au besoin de la culture, c'est la maitrise d'eau totale. Mais à l'heure actuelle, on ne peut pas dire que, on produit suffisamment pour répondre aux besoins, mais l'objectif est de réduire l'importation d'ici 2027."
Derrière chaque sac de mil, chaque poignée de sésame ou de feuilles de moringa exposées ici, il y a un combat silencieux contre la sécheresse et l'incertitude. À la foire de l'AES, les produits agricoles sont la preuve que, malgré l'aridité, la terre sahélienne continue de nourrir l'espoir.