Afrique de l'Ouest: Situation en Afrique de l'ouest et au Sahel - Un rapport des Nations Unies révèle des fragilités persistantes dans la région

20 Décembre 2025

La situation en Afrique de l'Ouest et au Sahel marquée par des vulnérabilités persistantes, malgré les capacités de résilience réelles au sein des sociétés de la région. Pis, le Sahel demeure l'épicentre mondial de l'extrémisme violent, en plus de l'expansion continue des groupes terroristes et de la criminalité.

C'est ce que révèle le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), couvrant la période du 1er août au 28 novembre 2025. Il a été présenté par la Représentante spéciale adjointe du Bureau régional, Mme Barrie Freeman, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, avant-hier jeudi.

Sur le plan politique, la Représentante spéciale adjointe de l'UNOWAS, Mme Barrie Freeman, a alerté les membres du Conseil de sécurité sur les risques liés à des réformes de gouvernance perçues comme «excluantes». «L'expérience à travers la région montre que ces réformes érodent la légitimité et alimentent le mécontentement populaire», a-t-elle souligné, plaidant pour des processus politiques ouverts et un dialogue inclusif. Dans cette perspective, l'UNOWAS prévoit d'intensifier son appui aux initiatives de dialogue d'appropriation nationale, notamment par une implication accrue de la société civile, des jeunes et des femmes.

Abordant la situation en Guinée-Bissau, la Représentante spéciale adjointe a fait état de développements récents ayant exacerbé les tensions politiques. Elle a appelé à la retenue, au respect de l'ordre constitutionnel et à un dialogue inclusif, tout en exhortant le Conseil de sécurité à soutenir les efforts de la CEDEAO pour préserver les acquis démocratiques, en Guinée-Bissau comme dans l'ensemble de la région.

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LE SAHEL, L'EPICENTRE MONDIAL DE L'EXTREMISME VIOLENT, ...L'EXPANSION DES GROUPES TERRORISTES ET LA CRIMINALITE

Mme Freeman a également exprimé sa préoccupation face à ce qu'elle a qualifié d'«érosion des normes démocratiques», évoquant le rétrécissement de l'espace civique et politique, ainsi que des informations inquiétantes faisant état de détentions illégales, de torture et de disparitions forcées dans certains pays.

Sur le plan sécuritaire, elle a rappelé que le Sahel demeure l'épicentre mondial de l'extrémisme violent. L'expansion continue des groupes terroristes dans le Sahel central, le bassin du lac Tchad et vers les États côtiers, combinée à la convergence croissante entre terrorisme et criminalité organisée, constitue, selon Mme Freeman, une menace majeure nécessitant des réponses coordonnées et un soutien régional et international renforcé.

SEULS 25% DE L'APPEL HUMANITAIRE DE L'ONU POUR LE SAHEL CENTRAL FINANCES, FACE A DES MILLIONS DE DEPLACES FORCES, L'INSECURITE ALIMENTAIRE ET L'ACCES LIMITE AUX SERVICES DE BASE

Cette insécurité persistante a de lourdes répercussions humanitaires. Mme Freeman a indiqué que seuls 25% de l'appel humanitaire des Nations Unies pour le Sahel central ont été financés, alors que des millions de personnes font face aux déplacements forcés, à l'insécurité alimentaire et à un accès limité aux services de base.

Elle a, en outre, mis en lumière l'impact aggravant des chocs climatiques, les inondations et phénomènes météorologiques extrêmes contribuant à déplacer des populations et à fragiliser les moyens de subsistance.

Réaffirmant l'engagement de l'UNOWAS, Mme Freeman a assuré que le Bureau régional continuera d'appuyer les États de la région ainsi que les organisations régionales, en particulier la CEDEAO et l'Union africaine (UA), dans leurs efforts pour promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité.

AVANCEES ET RECOMMANDATIONS POUR UNE PAIX ET UNE STABILITE DURABLES EN AFRIQUE DE L'OUEST ET AU SAHEL

Elle a salué les avancées vers l'opérationnalisation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme de la CEDEAO et appelé à traduire les engagements pris dans le cadre de la Résolution 2719 du Conseil de sécurité en financements prévisibles pour le Sahel.

Evoquant, en outre, les questions transversales, elle a reconnu des progrès dans la mise en oeuvre des Résolutions 1325 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité, et 2250 sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité. Elle a toutefois regretté la sous-représentation persistante des femmes et des jeunes dans les processus décisionnels, rappelant que dans une région où l'âge médian est de 17 ans, leurs aspirations à une inclusion accrue doivent être pleinement prises en compte.

Pour finir, Mme Freeman a affirmé que, malgré la complexité du contexte régional, UNOWAS demeure un acteur crédible et un facilitateur du dialogue, résolu à oeuvrer aux côtés des dirigeants et des populations pour réduire les fractures et favoriser une paix et une stabilité durables en Afrique de l'Ouest et au Sahel.

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