La tenue de l'atelier s'inscrit dans le respect des recommandations formulées par les ministres de l'Énergie dans leur déclaration issue de la 5e réunion ministérielle « Desert to Power », visant à diffuser le Protocole dans les pays, et dont l'objectif est de garantir le développement de projets solaires compétitifs et bancables. Organisé dans le cadre de l'Initiative Desert to Power, l'atelier avait pour objectif de renforcer la compréhension et la maîtrise des documents de la boîte à outils du Protocole commun PIE, d'organiser des sessions pratiques d'analyse et de discussion autour des modèles de contrats et des approches de gestion des risques, ainsi que d'échanger sur les modalités d'utilisation de la documentation.
L'évènement a réuni des points focaux « Desert to Power » du Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad, des juristes impliqués dans les négociations contractuelles, ainsi que les représentants des ministères de l'Énergie, des chargés de projets en partenariats public-privé et des sociétés nationales d'électricité de ces pays.
La Mauritanie, premier pays ayant appliqué le Protocole commun dans un projet PIE a apporté un témoignage édifiant sur les avantages de l'outil. Ce processus a été marqué par la rapidité du cycle, qui a permis de passer des négociations à la signature avec le PIE, , et à la clôture financière en un temps record de dix mois, entre novembre 2024 et septembre 2025. Ce qui a contribué aux objectifs du pays relatifs à Desert to Power et à Mission 300. Selon Mamadou Kane, le point focal « Desert to Power » et coordinateur de la Mission 300 pour la Mauritanie, « Cela n'aurait pas été possible de clôturer le projet sans l'appui que la Banque nous a donné à travers l'Initiative Desert to Power et l'ALSF. C'est grâce au Protocole commun PIE que ce premier projet PIE a été possible. »
À l'ouverture de l'atelier, Daniel Schroth, directeur de l'Énergie renouvelable et de l'Efficacité énergétique de la Banque africaine de développement, a consolidé le témoignage mauritanien, informant que le projet avec IWA Green Energy venait d'être présenté lors de l'Africa Investment Forum à Rabat (Maroc), suscitant un vif intérêt des investisseurs, « Avec Desert to Power et la Mission 300, nous avons une opportunité unique pour électrifier 300 millions de personnes d'ici 2030 et de faire du Sahel un exemple de transition énergétique durable » a-t-il déclaré.
L'atelier, organisé autour de séances plénières et études de cas de négociations, a permis de consolider la première phase du travail sur le Protocole commun, où les représentants nationaux ont été formés et les modèles contractuels intégrés par les participants.
Le Protocole constitue une boite à outils alignés sur les meilleures pratiques internationales, et vise à réduire les délais de négociation, à simplifier les processus administratifs, à améliorer la bancabilité des projets, à renforcer la position des gouvernements dans les négociations et à créer un environnement favorable pour des investissements privés à long terme.
Le directeur de la Facilite africaine de soutien juridique, Olivier Pognon, a salué les participants pour leur engagement. « Ce projet dépasse de loin le cadre d'un simple atelier de renforcement des capacités. Il s'agit, en réalité, d'un moment fort de consolidation d'une vision commune pour la région du Sahel ; une vision fondée sur l'harmonisation des approches, le renforcement des compétences et la construction d'une base solide pour la mise en oeuvre de projets solaires développés par des producteurs indépendants d'électricité (PIE) », a-t-il déclaré.
« L'atelier nous a permis de mieux comprendre les mécanismes du Protocole commun PIE et d'identifier des solutions concrètes pour accélérer la mise en oeuvre des projets solaires », a souligné Rozzi Kellemi Brahim, directeur des Affaires juridiques et du Contentieux au ministère tchadien de l'Énergie. Ayant participé à une formation en octobre dernier à Rabat, il a ajouté que l'atelier complétait la formation actuelle sur les appels d'offres compétitifs.
La formation sur les « Appels d'offres compétitifs pour les projets d'énergie renouvelable » est une collaboration entre la Banque mondiale, dans le cadre de son initiative SRMI, et l'Agence marocaine d'énergie solaire - Masen dans le cadre d'un programme de formation de neuf mois, incluant deux ateliers en présentiel et sept séances virtuelles. Le premier atelier en présentiel a eu lieu du 27 au 31 octobre à Rabat. Il a réuni plus de 70 cadres de 17 pays francophones africains autour d'un objectif commun : renforcer les capacités institutionnelles à concevoir, lancer et gérer des appels d'offres compétitifs, transparents et bancables dans le domaine des énergies renouvelables. Le deuxième atelier en présentiel aura lieu en juin 2026 avec une visite de terrain au complexe solaire Noor, à Ouarzazate.
À propos de l'Initiative Desert to Power
L'Initiative Desert to Power est une des initiatives phares menées par la Banque africaine de développement pour exploiter le vaste potentiel d'énergie solaire de 11 pays du Sahel : Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad. L'Initiative Desert to Power et la Mission 300 visent à accroître l'accès à l'électricité des populations dans les pays membres régionaux du Groupe de la Banque et sont complémentaires.
À propos de la Facilité africaine de soutien juridique
La Facilité africaine de soutien juridique (en anglais, ALSF) est une organisation internationale qui fournit des conseils aux gouvernements africains en matière de structuration et de négociation de transactions commerciales complexes relatives aux activités extractives et aux ressources naturelles, aux infrastructures, aux partenariats public-privé, à l'électricité et aux secteurs de la dette souveraine, dans le but de s'assurer que les pays africains s'engagent dans des transactions justes et équitables qui contribuent à leur développement durable. Ses autres activités incluent le renforcement des capacités et la gestion des connaissances.