Sénégal: Saly-Portudal sous tension - Le foncier rallume la mèche sociale

22 Décembre 2025

Le climat social s'est brutalement détérioré dans la station balnéaire de Saly-Portudal, à la suite de l'autorisation délivrée par le sous-préfet de Sindia pour l'installation d'une foire sur un terrain de trois hectares faisant l'objet d'un litige entre la mairie à la Société d'Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal (SAPCO).

Ce différend foncier, ancien et récurrent, oppose depuis plusieurs mois la commune à la SAPCO autour de la gestion de cet espace, initialement destiné à abriter la construction d'un centre de santé de référence pour le district sanitaire de Mbour. La mairie, s'appuyant sur des attributions officielles émanant des autorités compétentes, revendique ce terrain en tant que bien communal stratégique destiné à répondre aux besoins sanitaires des populations.

La décision administrative du sous-préfet, perçue comme une provocation par les autorités municipales et une partie des riverains, a rapidement suscité des rassemblements spontanés. Les manifestants réclamaient la suspension de la foire et le respect des procédures judiciaires en cours. La situation a dégénéré lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser la foule, faisant usage de gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes, dont des personnes âgées, ont été incommodées, alimentant un sentiment de colère et d'incompréhension.

Face à cette escalade, le maire Ousmane Gueye a réagi avec fermeté, dénonçant une décision « précipitée et lourde de conséquences ». Dans une déclaration, le maire a appelé à un arbitrage urgent et impartial de l'État afin d'éviter l'installation d'une crise sociale durable dans cette commune touristique qui accueille à la fois des résidents locaux, des visiteurs nationaux et des touristes internationaux.

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« Il ne s'agit pas d'être contre une foire ou une activité économique, mais de respecter la légalité, les collectivités territoriales et les procédures en cours », a-t-il insisté, tout en lançant un appel au calme. Le maire a rappelé les sacrifices passés des populations.

Des cimetières ont été rasés par la SAPCO sans contestation majeure, des dédommagements minimes versés, souvent inférieurs à 10 000 FCFA, une perte de terres de parcours pour le bétail, de pêcheries, de champs de mil et d'arachides, rasés. Selon lui, ce site est le seul identifié pour le centre de santé, brandissant à l'appui, des correspondances officielles adressées à la SAPCO et au ministre de la Santé pour étayer ses revendications.

Du côté des populations riveraines, notamment les jeunes, l'intervention policière est vivement dénoncée. Ils se disent choqués par l'usage de gaz lacrymogènes en lieu et place du dialogue et menacent de poursuivre la mobilisation « jusqu'au sacrifice suprême ».

Le Collectif pour la protection et la défense des intérêts de Saly-Portudal, par la voix de son coordonnateur, fustige un manque de courtoisie à l'égard des manifestants, en particulier des personnes âgées affectées. Le collectif redoute que cette « première » n'entame durablement le climat de paix et stabilité de la station balnéaire.

Ce nouvel épisode met en lumière les tensions persistantes liées aux questions foncières à Saly-Portudal, une zone stratégique où s'entrecroisent intérêts touristiques, enjeux communaux et décisions administratives souvent contestées. Dans l'attente d'un arbitrage clair des autorités supérieures, la commune demeure dans l'attente, redoutant de nouvelles tensions, et craignant de nouveaux heurts dans un contexte déjà marqué par des conflits récurrents avec la SAPCO.

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