Afrique: Utilisation de l'energie solaire - L'expérience du « Green Energy Park » pour éclairer l'Afrique

23 Décembre 2025

Dans le campus de Ben Guerir, l'Université Mohammed VI polytechnique (Um6p) allie haute technologie et outils de dernière génération pour développer l'énergie solaire. Symbole de cette vision, le centre « Green Energy Park » ambitionne de produire de l'électricité pour le Maroc et le reste de l'Afrique.

Derrière les portes vitrées du « Green Energy Park », le silence n'est rompu que par le bourdonnement des machines de test et des instruments de mesure. Sur le campus de Ben Guerir de l'Université Mohammed VI polytechnique (Um6p), le photovoltaïque se mesure en mégawatts et en données scientifiques.

Lunettes transparentes sur le visage, Yasmine El Mrabet, ingénieure en énergies renouvelables, explique comment le soleil devient une source d'électricité stratégique dans une Afrique où, selon les estimations, près de 600 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'énergie.

Devant un parterre de journalistes venus dans le cadre d'un voyage de presse organisé le 12 décembre 2025 dans cette ville située au centre du Maroc, dans la région de Marrakech, elle ajuste un module solaire placé dans une enceinte d'essais.

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« Le laboratoire d'essai des modules photovoltaïques du « Green Energy Park » joue un rôle important dans la transition énergétique au Maroc et dans les objectifs de l'Office chérifien des phosphates pour la décarbonisation de ses processus. Le rôle principal du laboratoire est de tester les modules photovoltaïques en termes de qualité et de sécurité, en suivant des normes internationales », introduit-elle.

Dans ces laboratoires, chaque panneau photovoltaïque est soumis à une série d'épreuves destinées à vérifier sa performance, sa sécurité et sa durabilité.

« Il faut s'assurer que les modules installés sur le territoire marocain ou dans les grands projets d'investissement délivrent réellement la performance attendue, sans risque pour les installations », complète Abdelilah Rochd, responsable des réseaux intelligents au « Green Energy Park ».

Mais, au-delà des protocoles scientifiques, le climat marocain impose ses propres contraintes : chaleur intense, poussière, conditions semi-arides... Autant de facteurs qui accélèrent le vieillissement des équipements.

C'est pourquoi sur les plateformes extérieures du site, les modules sont exposés volontairement à ces conditions extrêmes.

« Si un panneau résiste ici, il pourra fonctionner dans la majorité des contextes africains », résume Yasmine El Mrabet, soulignant que cette expérience est transposable à l'échelle du continent.

Pour l'ingénieure marocaine, l'objectif n'est pas uniquement de produire de l'électricité pour le réseau, mais aussi d'observer le comportement des technologies dans des conditions réelles, proches de celles des sites industriels ou ruraux.

À Ben Guerir, la centrale solaire photovoltaïque de 202 MW installée sur le site minier de l'Office chérifien des phosphates (Ocp) symbolise cette ambition.

Mais, au-delà de la vitrine technologique, le « Green Energy Park » accompagne les projets sur toute leur durée de vie.

« Installer une centrale ne suffit pas. Il faut anticiper la maintenance, suivre les performances et éviter les pertes de production », insiste Abdellatif Ghennioui, directeur adjoint du « Green Energy Park ».

Ainsi, dans les laboratoires, la transition énergétique prend une dimension humaine. Former des compétences locales est devenu un enjeu central dans cette université fondée par le groupe Ocp en 2017.

« Le photovoltaïque ne crée pas seulement de l'énergie, il crée du savoir-faire», rappelle Yasmine El Mrabet.

Dans ce centre, chercheurs, doctorants et techniciens travaillent ensemble dans une logique de transfert de compétences à l'échelle africaine.

L'agrivoltaïsme explorée

Cette dynamique de recherche ne se limite pas au solaire classique. L'agrivoltaïsme figure parmi les pistes explorées.

Il s'agit d'associer la production agricole et celle de l'électricité, d'utiliser l'ombre des panneaux pour protéger certaines cultures et d'optimiser l'usage du foncier.

« Pourquoi opposer agriculture et énergie alors qu'on peut les rendre complémentaires ? », lance Abdellatif Ghennioui, dans un contexte marqué par le changement climatique et la raréfaction de l'eau. B. G. DIOP

Comment profiter de la mobilité électrique

Au « Green Energy Park » (Gep), la mobilité électrique est abordée avec pragmatisme.

Pour son directeur adjoint, Abdellatif Ghennioui, elle constitue une option incontournable pour réduire l'empreinte carbone du transport.

Toutefois, insiste-t-il, elle ne peut être déployée sans tenir compte du contexte africain.

« La mobilité électrique viendra en complément des modes existants, pas en substitution brutale », explique-t-il.

Pour des pays comme le Sénégal, engagés dans des projets de transport électrique, tels que le Bus rapid transit (Brt), les défis sont identifiés par M. Ghennioui : coût et durabilité des batteries, disponibilité des infrastructures de recharge, cadre réglementaire et surtout origine de l'électricité.

« Le bénéfice carbone n'existe que si l'électricité est elle-même verte », rappelle le directeur adjoint du Gep.

D'où la nécessité, selon lui, d'avancer progressivement avec une vision claire et des bases techniques solides.

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