Ethiopie: Le pays structure et valorise les savoirs autochtones au service des politiques publiques

Addis-Abeba — Le ministère de l'Éducation a annoncé le lancement d'un dispositif national destiné à regrouper et organiser l'ensemble des savoirs autochtones du pays au sein d'une base de référence unifiée, afin d'éclairer la planification du développement et l'élaboration des politiques publiques.

Conscient de la valeur stratégique, culturelle et économique des connaissances locales pour la prospérité nationale et le renforcement de l'identité collective, le gouvernement entend faire de leur sauvegarde une priorité, en vue de les intégrer pleinement aux dynamiques de développement contemporain.

Malgré l'abondance et la diversité des savoirs traditionnels en Éthiopie, une large part de ce patrimoine demeure sous-exploitée en raison de l'absence d'une documentation coordonnée à l'échelle nationale.

Afin de remédier à cette situation, le ministère de l'Éducation a engagé un programme de formation ciblée à l'intention des établissements d'enseignement supérieur.

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Cette initiative porte notamment sur les approches méthodologiques permettant d'identifier, de recenser et de documenter les connaissances traditionnelles propres aux différentes régions du pays.

À l'ouverture de la session de formation, le ministre d'État à l'Éducation, Kora Tushne, a indiqué que ce nouveau mécanisme facilitera l'intégration des savoirs autochtones jusque-là dispersés dans les systèmes éducatif et de recherche, ainsi que dans les processus de formulation des politiques publiques.

Il a précisé que cette démarche renforcera sensiblement la capacité nationale à répondre aux défis locaux à travers des solutions fondées sur des réalités endogènes.

Selam Alemu, cheffe du Bureau de l'engagement communautaire et des savoirs autochtones au sein du ministère, a souligné que l'initiative va au-delà de la simple collecte de données, en visant également l'incorporation directe de ces connaissances dans les curricula scolaires nationaux.

Pour sa part, Mirgisa Kaba, chercheuse à l'École de santé publique de l'Université d'Addis-Abeba, a mis en avant l'ampleur du potentiel encore inexploité dans plusieurs secteurs, appelant à une collaboration renforcée afin que ces savoirs contribuent effectivement aux orientations stratégiques et aux objectifs de développement à long terme.

Sur le terrain, les universités impliquées constatent déjà des avancées tangibles.

Amare Ayalew, coordinateur du Centre de développement des connaissances autochtones et de la plante Ankober à l'Université de Debre Berhan, ainsi que Yasmin Mohammed, du Centre des savoirs autochtones de l'Université de Haramaya, ont présenté l'état d'avancement des travaux visant à collecter, numériser et préserver les connaissances locales.

Tous deux ont exprimé leur conviction qu'une coordination nationale accrue permettra d'amplifier l'impact et la durabilité de ces initiatives.

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