Afrique de l'Est: Des ONG kényanes s'inquiètent de la situation politique en Ouganda

Au Kenya, la société civile alerte sur un durcissement sécuritaire lors des périodes électorales dans la région. Après la répression sanglante des manifestations lors des élections fin octobre en Tanzanie, la répression politique en Ouganda inquiète à trois semaines de l'élection présidentielle du 15 janvier. Au début du mois, l'ONU dénombrait déjà 300 opposants politiques arrêtés depuis le début de la campagne électorale en septembre. Les ONG dénoncent un grave recul démocratique dans la région.

C'est par solidarité avec leurs voisins que les défenseurs des droits humains kényans se sont exprimés. Ils accusent le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, de violer de « manière systématique » les droits politiques des citoyens.

« Les agences de sécurité se coordonnent pour réprimer avec violence les activités de l'opposition, pour disperser les rassemblements, pour arrêter des dirigeants de l'opposition ainsi que leurs innocents partisans et pour terroriser les communautés. La présence de forces armées dans les processus politiques civils a anéanti toute prétention à une participation politique libre », dénonce Geoffrey Mboya, l'un de leurs représentants.

Utilisation de « tactiques répressives »

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L'Ouganda vient d'imposer des restrictions à l'importation d'équipements Starlink, qui doivent désormais être autorisés par le chef de l'armée et fils du président Museveni. Ce qui inquiète Mwanase Ahmed, défenseuse des droits humains kényane. « La note restreignant les importations de Starlink est un signal très inquiétant. Il y a de très nombreux signes indiquant qu'une coupure d'Internet va avoir lieu, c'était déjà le cas lors de la dernière présidentielle en 2021 ; la question est de savoir quand. Et aussi ce qui va se passer derrière ces portes closes », ajoute-t-elle.

Au début du mois déjà, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits humains a appelé les autorités ougandaises à « cesser d'utiliser des tactiques répressives ». Il dénonce notamment des arrestations et détentions arbitraires ainsi que l'usage disproportionné de la force contre l'opposition.

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