Dans le cadre de sa participation à la 33ᵉ édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), ouverte depuis le 7 décembre, la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) a organisé, ce mardi 23 décembre 2025, un panel de haut niveau consacré aux enjeux de la modernisation foncière.
Placée sous l'autorité effective du ministère des Finances et du Budget, cette rencontre s'est tenue autour du thème : « Dématérialisation des procédures foncières : pour un accès sécurisé et transparent à la propriété » . Elle s'inscrit pleinement dans le thème général de la FIDAK 2025 : « Transformation territoriale et développement inclusif » .
La modernisation foncière, une priorité stratégique de l'État
À l'ouverture des travaux, M. Faty, conseiller technique en charge de l'actualisation et de l'économie numérique, a rappelé l'importance stratégique du thème abordé. Selon lui, « le sujet qui nous réunit est au cœur des priorités de l'État du Sénégal, tant sur le plan de la gouvernance que de la sécurisation des droits ».
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Il a également souligné un principe fondamental : « il ne peut y avoir de transformation durable sans sécurisation du modèle foncier ».
Un diagnostic largement partagé met en évidence plusieurs défis structurels, notamment l'absence historique de cadastres exhaustifs, la faible visibilité des assiettes foncières en particulier dans les zones à forte activité économique ainsi que la complexité des procédures d'accès au foncier.
Des échanges techniques et une forte mobilisation académique
Le panel a été marqué par des interventions techniques de haut niveau, portées par des experts du cadastre, des systèmes d'information et de la modernisation foncière.
Parmi les intervenants figuraient notamment M. Ousseynou Niang, responsable des bases de données et des systèmes d'information du PROCASEF, M. François Ndiaye, directeur du Cadastre et commissaire du gouvernement auprès de l'Ordre des géomètres-experts du Sénégal, M. Tidiane Badji, coordonnateur du Programme de modernisation de la gestion foncière (PROMOGEF), ainsi que M. Serigne Moussa Diop, directeur du Centre de formation et de documentation (CEFOD) et chef du Bureau de la communication et de la qualité (BCOMQ), qui a assuré la modération des échanges.
Intervenant sur les enjeux du cadastre et de la sécurisation foncière, M. Ousseynou Niang a mis en avant la contribution déterminante du PROCASEF dans la dématérialisation des procédures foncières. Il a notamment souligné que le programme « a pour ambition d'interconnecter le niveau central et le niveau territorial », afin d'assurer une meilleure fiabilité des données foncières et une circulation fluide de l'information entre les administrations.
De son côté, M. François Ndiaye a insisté sur le rôle stratégique du cadastre dans la réforme foncière. Selon lui, la dématérialisation constitue un levier essentiel pour réduire les conflits fonciers, améliorer la traçabilité des titres et restaurer la confiance entre l'administration et les usagers.
Pour M. Tidiane Badji, la réforme engagée vise avant tout à poser les bases d'un système foncier moderne, cohérent et harmonisé. Il a rappelé que la modernisation des outils et des procédures permettra de rationaliser la gestion du foncier, tout en renforçant la sécurité juridique des droits de propriété.
La présence remarquée des étudiants de l'École nationale d'administration (ENA) a également témoigné de l'intérêt académique et institutionnel suscité par les enjeux fonciers et numériques.
Vers un système de gestion foncière entièrement dématérialisé
Pour répondre à ces défis, la DGID a engagé un projet d'acquisition d'un système intégré de gestion foncière, destiné à dématérialiser l'ensemble des procédures métiers liées au foncier.
Cette réforme numérique vise la mise en place d'un bloc foncier cohérent, articulé autour de trois ambitions majeures : sécuriser les droits de propriété au bénéfice des citoyens, des collectivités territoriales et des investisseurs ; renforcer la transparence et la traçabilité des décisions foncières, conditions essentielles à l'instauration de la confiance ; et améliorer la gouvernance économique et fiscale grâce à une meilleure connaissance du tissu économique, à l'élargissement de l'assiette fiscale et à une mobilisation plus efficace des ressources internes.
À travers ce panel, la DGID a réaffirmé sa volonté d'inscrire la transformation numérique du foncier au cœur des politiques publiques. Une démarche visant non seulement à moderniser l'administration, mais aussi à garantir un accès équitable, sécurisé et transparent à la propriété, condition essentielle d'un développement territorial inclusif et durable.
Ce rendez-vous de la FIDAK 2025 aura ainsi permis de poser les bases d'une réflexion collective sur l'avenir du foncier au Sénégal, à l'ère de la digitalisation des services publics.