Afrique de l'Est: L'Organisation démocratique afar de la mer Rouge (RSADO) alerte sur les persécutions subies par la communauté afar sous le régime érythréen.

Addis-Abeba — L'Organisation démocratique afar de la mer Rouge (RSADO) a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes face à ce qu'elle décrit comme une campagne de persécution systématique et grave menée contre le peuple afar sous le régime autoritaire érythréen.

L'organisation a averti que la passivité prolongée de la communauté internationale contribue à la perpétuation de violations massives des droits humains dans un climat d'impunité totale.

Lors d'une conférence de presse tenue à Addis-Abeba, la direction de la RSADO -- représentée par son président Ibrahim Haroun, son secrétaire Abdushek Mahmoud et son porte-parole Nesredin Ahmed -- a mis en lumière la situation alarmante des droits humains en Érythrée, en particulier celle des communautés afar.

Selon la RSADO, depuis 1991, les Afars autochtones d'Érythrée sont victimes de persécutions systématiques, de marginalisation structurelle et de violations généralisées de leurs droits fondamentaux.

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Dans la région de Dankalia, ces communautés subissent depuis des décennies une répression continue marquée par des déplacements forcés, la confiscation de biens, la restriction de leurs moyens de subsistance et de graves atteintes à leurs droits humains.

Le président Ibrahim Haroun a expliqué que les politiques gouvernementales érythréennes ont progressivement détruit le mode de vie traditionnel des Afars, notamment en les privant de l'accès à leurs terres ancestrales et aux ressources côtières.

Cette politique, a-t-il souligné, a porté un coup sévère aux activités économiques vitales de ces communautés, telles que la pêche, le commerce et l'élevage.

Il a ajouté que la population afar de la mer Rouge est depuis longtemps confrontée à une répression étatique organisée, caractérisée par des déplacements massifs, des persécutions ciblées, des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et une dépossession systématique de leurs terres le long du littoral de la mer Rouge.

Face à ces abus persistants, la RSADO a soumis en juin dernier un rapport détaillé de 122 pages au Secrétariat de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP), documentant de manière approfondie la situation dramatique du peuple afar sous le régime érythréen.

Selon Ibrahim Haroun, le Secrétariat de la CADHP a officiellement accusé réception de la communication et, conformément à son mandat issu de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, a transmis la Communication n° 868/25 au gouvernement érythréen, lui accordant un délai de soixante jours pour répondre, en application de l'article 116(2) de son Règlement intérieur.

La direction de la RSADO a qualifié cette démarche d'avancée historique et longtemps attendue dans la lutte du peuple afar de la mer Rouge pour la justice, la reconnaissance et la reddition des comptes, a déclaré Abdushek Mahmoud.

L'organisation a souligné que cette décision adresse un message sans équivoque à l'échelle continentale : aucun État n'est au-dessus des dispositions de la Charte africaine, et aucun régime ne peut échapper indéfiniment à la surveillance et à la responsabilité régionales.

Pour la RSADO, l'exigence de réponse formulée par la Commission constitue une affirmation claire que ces crimes ne peuvent plus être ignorés, niés ou réduits au silence.

Elle y voit une reconnaissance essentielle de la gravité et de l'urgence des souffrances endurées par le peuple afar, ainsi qu'une étape déterminante vers la fin de la culture d'impunité qui a longtemps protégé les auteurs de ces violations.

L'organisation a également exprimé sa profonde reconnaissance à la Commission africaine pour son action rapide, fondée sur des principes et centrée sur les victimes, saluant son engagement constant en faveur de la protection des peuples opprimés et marginalisés à travers le continent.

La RSADO a réaffirmé sa pleine volonté de coopérer avec la Commission à toutes les étapes de la procédure, dans un esprit de recherche de la vérité, de justice et de réparation.

Enfin, l'organisation a appelé les États membres de l'Union africaine, les institutions régionales, les organisations internationales et l'ensemble des parties prenantes concernées à soutenir le mandat de la Commission africaine et à poursuivre les efforts diplomatiques et juridiques nécessaires pour protéger les droits humains et prévenir de nouvelles atteintes aux communautés affectées.

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