Depuis quelques jours, la mer est fortement agitée, avec son lot de conséquences : fraicheur accrue, érosion du littoral, dangers pour les pêcheurs, pirogues immobilisées sur le rivage... Face aux risques, les pêcheurs plaident pour un renforcement des dispositifs de surveillance afin de dissuader ceux qui bravent le mauvais temps.
À la plage de Yoff-Tonghor, un vent frais souffle par rafale, faisant gicler les vagues sur une rive étroite et fragilisée par l'érosion côtière. Ce dimanche 21 décembre 2025, le mauvais temps se traduit par des dizaines de pirogues immobilisées, ballottées par la houle et leurs mâts dressés vers le ciel. Sur le sable, certaines embarcations échouées composent un décor de cimetière marin, témoin silencieux des dangers de l'océan. « La plupart des accidents en mer sont liés au mauvais temps.
Quand les alertes de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (Anacim) tombent, on les relaie entre pêcheurs. Mais il y en a qui persistent à sortir », déplore Ibrahima Guèye, président d'un groupement de pêcheurs de Yoff. Selon lui, la pression économique pousse certains à ignorer les consignes de sécurité. En cette matinée de marée haute, les vagues s'écrasent sur la berge de l'Atlantique, charriant déchets et algues.
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Le thermomètre affiche 23 degrés et les corps grelottent. Au large, une pirogue rase la côte avant de s'engager dans une mer imprévisible. Regard fixé sur l'horizon, mains derrière le dos, Khoulé Ndir souligne : « C'est souvent de l'indiscipline. L'État doit être plus ferme. Il faut des agents à la plage pour empêcher les départs à risque ». Même constat chez les mareyeurs. « Sur la route, on croise partout la police. En mer, la surveillance est quasi inexistante », regrette Abdoulaye Seck, mareyeur à Yoff.
Il pointe aussi le non-respect des mesures de sécurité : « Beaucoup sortent sans gilet de sauvetage ». Assise près des bassines, Mame Diarra Ndiaye, vendeuse de poisson et mère de cinq enfants, partage son dilemme. « Quand la mer est agitée, on gagne moins.
Mais mieux vaut perdre un peu que de perdre une vie », afforme-t-elle. Pourtant, certains continuent de défier la houle. « Cela fait plus de dix ans que je pêche dans ces conditions », affirme Ibrahima Fall, de retour en mer. « Je prends mes précautions. Si je reste à la maison, personne ne nourrira ma famille », ajoute-t-il. Un risque assumé, au péril de sa vie.