Emblématiques du littoral, les filaos qui abritent nos moments de détente et de célébration à la plage suscitent fait également débat. Il est question d'équilibre des écosystèmes côtiers.
Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement et océanographe, explique que les filaos (Casuarina equisetifolia) ont été introduits sur la côte dans les années 1970 pour protéger les plages. «À cette époque, ils faisaient office de brise-vent.» Sunil Dowarkasing, consultant en développement durable, rappelle toutefois que le filao est une espèce exotique et non endémique.
«Ces wind breakers ont été présents pendant des décennies, possédant un pouvoir de rétention du vent. Finalement, les gens en sont venus à les considérer comme faisant partie de l'écosystème marin, mais ce n'est pas le cas. C'est une plante non native de l'île, à structure rigide et aux racines peu profondes. Lorsqu'elle balance sous le vent, elle ne retient pas efficacement le sable.
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Et en tant que structure rigide, soumise au va-etvient des vagues, elle renvoie la force reçue sans l'absorber et ne parvient pas à atténuer la pression de la mer.» Une étude de 2022 commandée par le gouvernement d'alors sur l'érosion côtière, rappellet-il, ont démontré comment les filaos peuvent contribuer à l'érosion côtière lorsqu'ils sont plantés trop près de la mer. Pour limiter ce problème, il était conseillé de retirer les filaos à moins de 50 mètres du haut de la marée et de privilégier des espèces endémiques.
Alternatives veloutier et batatran
Vassen Kauppaymuthoo nuance cependant ce constat. «Des études ont été faites pour retirer les filaos, installer des gabions, puis des murs. J'estime que les filaos jouent quand même un rôle pour protéger le littoral, au-delà de leur fonction pour les nombreux visiteurs des plages, et de leur valeur culturelle. Même si le niveau de la mer monte et que la compaction du sable est légèrement modifiée lorsque le filao bouge, cela ne signifie pas que l'arbre est une cause principale de l'érosion.
Je ne suis pas d'avis qu'il faut enlever les filaos. Le vrai danger est lorsque la plage est fortement érodée et que les racines deviennent visibles ; dans ce cas, l'arbre peut tomber et représenter un risque, et il faut alors le retirer.» Il ajoute que certaines espèces locales comme le veloutier ou le batatran sont naturellement adaptées à la protection du sable. «Cependant, en cas de fortes marées, ces plantes ne protègent pas le littoral de manière efficace. C'est néanmoins une solution qu'il faut envisager aujourd'hui.»