Ile Maurice: Personnel agressé, enfants incontrôlables et présence policière 24/24

28 Décembre 2025

Le shelter Cap l'Espoir, situé à Cap-Malheureux, est une nouvelle fois secoué par des tensions survenues durant la période des fêtes. Le jour de Noël, sept résidents, majoritairement des adolescents, ont tenté de quitter l'établissement sans autorisation, nécessitant l'intervention immédiate de la police.

Selon les informations recueillies, cette tentative de fugue aurait fait suite à l'annulation d'une sortie à la mer initialement prévue. Une décision qui, selon la ministre de l'Égalité des genres et du Bien-être de la famille, aurait provoqué une forte frustration chez les enfants. À cela se serait ajoutée la distribution de cadeaux jugés «décevants» par certains. Alors que des consoles de jeux, téléphones ou tablettes étaient espérés, les enfants ont reçu des cerfs-volants, montres, harmonicas, vêtements ou ardoises digitales, accentuant le climat de tension.

Les deux membres du personnel présents ont éprouvé de grandes difficultés à maîtriser la situation et ont dû solliciter l'appui de la police de Grand-Baie afin d'éviter une escalade.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Ces incidents s'ajoutent à la série de troubles signalés depuis plusieurs jours au sein du shelter. La semaine précédente, la découverte d'une arme blanche dans l'armoire d'un des mineurs avait suscité une vive inquiétude. La veille de Noël, des actes de vandalisme ont également été signalés. Des carers auraient été blessés lors de ces débordements, installant un climat de peur au sein du personnel, certains craignant désormais pour leur sécurité.

Les dégâts matériels rapportés sont importants. Le système d'alarme incendie, l'antenne de télévision et les installations téléphoniques auraient été endommagés. Deux caméras de surveillance situées près des bureaux administratifs auraient été mises hors service, tandis qu'une porte en aluminium aurait été fracturée. Plusieurs chaises en plastique ont aussi été dégradées.

Outre ces exactions, des actes de violence envers le personnel ont été signalés. Une carer aurait été agressée en pleine journée et un autre employé blessé par un objet lancé. Selon des témoignages internes, certains enfants adopteraient également des comportements inappropriés, notamment l'usage de téléphones portables pour visionner des contenus inadaptés, et des gestes déplacés envers le personnel encadrant.

Les nuisances sonores répétées, surtout en soirée, les déplacements dangereux sur les toits et les menaces de nouvelles dégradations rendent l'environnement difficilement contrôlable. Face à cette situation, plusieurs carers auraient exprimé leur refus de continuer à travailler dans ces conditions. Par ailleurs, le manager du shelter aurait récemment démissionné pour des raisons personnelles, une décision qui suscite de nombreuses interrogations.

Selon le National Children Council, certains enfants hébergés nécessiteraient une prise en charge différente, notamment dans un probation hostel, plutôt que dans un shelter destiné à accueillir des enfants victimes nécessitant une protection spécifique.

À la suite de ces événements, la ministre de l'Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, s'est rendue au shelter Cap l'Espoir, hier. Elle a déclaré que «la place des enfants à comportements risqués n'est pas dans un shelter», estimant que certains Probation Officers n'assumeraient pas pleinement leurs responsabilités, entravant ainsi le travail du ministère.

La ministre a également révélé que deux couteaux avaient disparu de la cuisine de l'établissement, une situation ayant conduit à une demande d'enquête. Afin de sécuriser le shelter et de prévenir de nouveaux incidents, une présence policière permanente, 24 h sur 24, a été instaurée.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 120 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.