Comores: Soulagement de la presse au pays - Les journalistes ne sont pas tenus de révéler leurs sources

Aux Comores, la presse et le Syndicat national des journalistes comoriens respirent. Le Parlement a clos, vendredi 26 décembre, un débat sensible sur la révision du Code de l'information. Le projet contenait un article controversé autorisant, dans certaines circonstances, un juge à contraindre un journaliste à révéler ses sources. Les médias y voyaient une atteinte à la liberté de la presse.

Si 31 des 33 députés ont adopté la révision du Code de l'information, l'article 169 a, lui, été rejeté. Le Code affirme que le journaliste n'est pas tenu de divulguer ses sources.

Ahmed Bacar, président du Syndicat national des journalistes comoriens réagit au micro de notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba, souligne l'importance, pour la liberté de la presse, du rejet de l'article 169.

« L'article [169] allait créer un grand problème sur l'exercice de la profession dans notre pays puisque la protection des sources est un principe fondamental. Même si on précise des cas exceptionnels, ces cas exceptionnels pourraient devenir la règle.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Nous avons mené un combat pour sensibiliser l'opinion publique, faire un plaidoyer auprès des parlementaires. Cela a marché et nous avons eu gain de cause. Qui aurait donné des informations à un journaliste si, à la moindre occasion, sur une décision judiciaire ou motivée, le journaliste allait être contraint de divulguer la source ? Il n'y aurait personne pour confier des informations sensibles à un journaliste. Ce serait donc un danger permanent pour la profession. Pour nous, il n'y allait pas avoir de journalisme aux Comores. Le métier allait perdre de sa crédibilité et perdre ses valeurs. C'était donc un danger que nous avons, heureusement, pu éviter.

C'est un soulagement et je tiens d'ailleurs à remercier l'ensemble des journalistes comoriens et, encore une fois, je tiens à remercier les députés qui ont décidé de trancher en faveur de la liberté de la presse », a expliqué Bacar, président du Syndicat national des journalistes comoriens.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.