Afrique de l'Ouest: Le Ghana sert-il de base arrière aux vols de reconnaissance américains au Nigéria?

Le Ghana sert-il de base arrière aux opérations militaires américaines en Afrique de l'Ouest ? Il y a quatre jours, le soir de Noël, les États-Unis ont bombardé, en coordination avec les autorités du Nigéria, des positions dites du groupe État Islamique sur le territoire nigérian. Une attaque précédée par une série de vols de renseignements effectués par des aéronefs américains qui ont comme point de départ un seul et même pays : le Ghana.

C'est ce qu'a révélé la semaine dernière une enquête de l'agence de presse Reuters. Si aucune communication officielle n'est pour l'instant venue confirmer l'idée d'un redéploiement militaire américain sur le sol du Ghana, Accra apparaît néanmoins comme un point de départ crédible du renouveau de la stratégie des États-Unis dans la sous-région.

Plus d'une vingtaine d'avions militaires américains sont arrivés au Ghana entre novembre et décembre. C'est ce qu'a constaté Eliasu Tanko, journaliste ghanéen spécialisé dans les enjeux sécuritaires, en se basant sur des données de vols en lignes ainsi que des rapports accessibles en open source. Un afflux d'une importance jamais vue selon lui. « Ces avions américains sont arrivés au Ghana de plusieurs endroits, y compris les États-Unis et Djibouti. La plupart de ces avions ont ensuite effectué des vols depuis Accra ou Tamale en direction du nord du Nigéria, puis demi-tour ».

Contraint de quitter le Niger en 2024, le commandement africain des forces armées américaines aurait-il depuis choisi le Ghana pour se redéployer dans la sous-région ? Si les États-Unis n'opèrent actuellement aucune base sur le territoire ghanéen, Washington et Accra ont signé en 2018 un accord de coopération militaire, explique Eliasu Tanko. « Une partie de l'accord stipule que les États-Unis peut déployer des armements au Ghana, et qu'ils peuvent amener leurs équipements dès qu'ils le jugent nécessaire, en utilisant les installations militaires des forces armées du Ghana ».

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Un accord qui aurait donc, selon le journaliste, trouvé toute son utilité dans la préparation de l'opération américaine au Nigéria. Joint par RFI, le gouvernement ghanéen n'a pas répondu à nos sollicitations.

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