Guinée: Une élection présidentielle sans réel enthousiasme

29 Décembre 2025

Les Guinéens étaient appelés aux urnes pour un scrutin présidentiel censé mettre fin à une longue période de transition militaire. Sur le terrain, la journée électorale s'est déroulée dans une ambiance plutôt morose.

Dès les premières heures de la matinée, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes en Guinée.

À Kolama, en banlieue de Conakry, comme dans plusieurs quartiers de la capitale, l'affluence est restée faible. Peu de files d'attente, des électeurs dispersés, et un climat marqué par la chaleur intense.

Pour les responsables électoraux, le processus s'est pourtant déroulé sans incident majeur, comme l'explique Issiaga Touré, président du bureau de vote 9 de Koloma :

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

"Depuis le matin, nous sommes là précisément dans le bureau numéro de Koloma numéro 9. Comme je viens de le dire, nous sommes là, ça se passe bien, on n'a rencontré aucun incident majeur. Les électeurs viennent, malgré ils ne viennent pas en nombre, ils viennent quand même au compte-gouttes", explique Issiaga Touré.

"Toutes les deux-trois minutes, nous avons la présence de deux ou trois électeurs. En tout cas, on a l'espoir quand même que ceux qui sont à la maison viendront après. Donc, à quelques minutes, nous avons l'espoir puisque nous avons à peu près atteint la moitié des électeurs inscrits sur la liste."

Mais sur le terrain, le soleil décourage plus d'un électeur. Certains préfèrent attendre la fin de la journée pour éviter les effets de la chaleur. C'est le cas d'Alpha Ibrahima Barry, venu voter seulement en soirée.

"J'ai des problèmes aux yeux, donc j'attendais que le soleil se repose un peu avant d'y être dans mon bureau de vote pour voter. Je suis venu voter tranquillement, je ne voulais pas être gêné par mes yeux. Tout s'est bien déroulé. Félicitations aux organisateurs dans l'ensemble", a déclaré cet électeur.

Plus de la moitié des inscrits ont voté

Dans certains quartiers, de légers mouvements d'impatience sont signalés : discussions animées, électeurs mécontents du rythme des opérations, mais sans débordements majeurs.

Du côté de la commission électorale, les autorités se veulent rassurantes. À la mi-journée, la participation atteignait déjà la moitié du corps électoral attendu, selon Djenabou Touré, directrice générale des élections

"Le taux de participation sur l'ensemble du territoire est très bon avec tout ce que nous remonte de l'ensemble des communes urbaines et rurales de la République de Guinée et des ambassades. 50 % du nombre d'électeurs déjà inscrits sur les listes électorales ont déjà voté. Donc, c'est déjà l'engouement, la maturité politique que nous voyons parce qu'il y a des problèmes nulle part", a-t-elle assuré.

Un chiffre que les observateurs accueilleront toutefois avec prudence, alors que la journée électorale s'est poursuivie dans une atmosphère calme, mais sans réel enthousiasme.

Car pour la première fois depuis 1990, les principaux poids lourds de l'échiquier politique guinéen ne participent pas à ce scrutin censé mettre à une transition de quatre ans. L'opposition a donc lancé un mot d'ordre de boycott général, dénonçant un processus biaisé. Ce climat de fermeture est également critiqué par les Nations Unies, qui ont déploré une campagne électorale marquée par des actes d'intimidation récurrents contre les voix dissidentes.

Gayo Diallo, enseignant-chercheur, estime aussi que cela pourrait la transition a trop duré et l'élection présidentielle de dimanche peut-être perçue comme une exclusion d'une partie de la Guinée.

Les résultats provisoires sont attendus dans les prochains jours, dans un pays où chaque scrutin reste un test majeur pour la confiance entre électeurs et institutions.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.