La championne de cyclisme Kim Le Court-Pienaar est la troisième femme inscrite au palmarès du Mauricien de l'année, un exercice traditionnel du journal depuis 1965. Avant elle, France Boyer de la Giroday, directrice des écoles ménagères, avait été distinguée en 1973, à une époque pas si lointaine où il s'agissait pour la femme de savoir «tenir sa maison», une culture si éloignée des combats qu'elle doit mener aujourd'hui pour sa dignité ; et la chanteuse Jane Constance en 2015. Elles sont rares, c'est peut-être regrettable, mais cela les fait briller d'autant plus.
Il y eut aussi quelques autres, diluées dans des nominations à multiples personnalités. Il faut toutes les citer. Par respect. Me Vidya Mungroo-Jugurnath, inébranlable magistrate, en 2022 ; Virginie Gaspard, chanteuse, et l'handisportive Noemi Alphonse, en 2019 ; Nirmala Maruthamuthu, Sakoon «Super Nani» Veerannah, Iline Talate, figure du combat pour le retour des Chagossiens dans leurs îles, Claudette Gaffoor, Dharantee Boodram, Mirelle Sandarum, Aartee Nawoor, Sangeeta et Devi Samonokho, femmes cleaners, en 2017.
Il se trouve que notre Top 3 de personnalités ayant marqué l'année est également à dominante féminine, car Patricia Adèle-Félicité, secrétaire générale de l'association de bienfaisance Caritas, et l'autrice Nathacha Appanah, récompensée en France des prestigieux prix Fémina et Goncourt des Lycéens pour son essentiel roman La Nuit au coeur, nous ont également inspirés.
En cette année où l'on n'a jamais autant parlé de souffrances infligées aux femmes dans ces colonnes, triste actualité oblige, il nous semble important - et pas uniquement parce que notre rédaction est majoritairement féminine - de reconnaître à leur juste valeur la charge positive de ces femmes qui, justement, contribuent à ce que ces violences donnent matière à réfléchir, en ce qui concerne Nathacha Appanah ; et agir comme Patricia Adèle-Félicité, afin qu'elles diminuent, voire qu'elles cessent.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
En tous cas, elles contribuent chacune à leur manière, à ce que notre société réalise que ce n'est pas normal et encore moins acceptable pour une femme d'endurer la vie face aux déviances masculines (masculinistes ?) alors même qu'elles sont naturellement faites pour la donner.
Et nous, de les célébrer modestement, les respecter foncièrement, à travers ces distinctions. Kim Le Court-Pienaar pour l'effort qui a mené à la récompense et la reconnaissance de son excellence athlétique dans un sport culturellement associé aux hommes, Nathacha Appanah, pour la beauté de son verbe conjugué à l'inadmissible, et Patricia Adèle-Félicité pour son abnégation... Titrudeo Dawoodarry, boss acharné de la Financial Crimes Commission, n'a sans doute jamais été aussi bien entouré.