Maroc: Les syndicats n'en démordent pas

28 Décembre 2025

Une nouvelle année, de nouvelles grèves

Le torchon brûle entre les syndicats de la santé publique et le gouvernement d'Aziz Akhannouch qui, à travers sa politique, a réussi à raviver les tensions et à fragiliser les fondements de la paix sociale au sein de ce secteur.

Un secteur que les cinq syndicats composant la Coordination syndicale nationale avaient, pourtant, toujours veillé à préserver de toute escalade, dans le souci de garantir un climat professionnel sain, propice à l'exercice des missions de santé loin de toute forme de crispation.

En effet, une source syndicale a affirmé que les récentes orientations gouvernementales, perçues comme un reniement des droits des professionnels de la santé et une atteinte, jugée grave, au droit des patients à bénéficier de soins de qualité dans des conditions adéquates, ont poussé les syndicats à annoncer un nouveau programme de mobilisation.

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La même source a précisé que cette décision fait suite au retard persistant du gouvernement et du ministère de tutelle dans la mise en œuvre de l'ensemble des points de l'accord du 23 juillet 2024, ainsi qu'à l'absence des textes d'application de la loi n°09.22 relatifs aux métiers de la santé. Sont notamment concernés le décret sur le mouvement de mutation, les indemnités pour les zones éloignées et les nouvelles primes, en plus de plusieurs dysfonctionnements structurels.

Dans ce contexte, la Coordination syndicale nationale des professionnels de santé a décidé d'organiser des sit-in de protestation à l'échelle nationale, en parallèle avec les réunions du Conseil de gouvernement prévues les jeudis 8, 15 et 22 janvier prochain.

Par ailleurs, les cinq syndicats ont appelé à une grève nationale dans l'ensemble des établissements de santé, à l'exception des services d'urgence, le jeudi 29 janvier 2026.

Cette décision illustre clairement, selon des sources syndicales, le niveau élevé de colère qui prévaut parmi les professionnels de la santé à l'égard du ministère de tutelle et du gouvernement, tous deux accusés de s'être désengagés de l'application des clauses de l'accord de juillet 2024.

Dans un communiqué détaillant son programme de lutte, la Coordination syndicale a mis en avant la persistance de nombreuses anomalies, en tête desquelles le non-respect de l'accord de juillet et l'absence de réponse à l'ensemble de ses points. Le communiqué souligne également le flou entourant le parcours du groupement sanitaire territorial pilote de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, présenté par le porte-parole du gouvernement comme un succès, alors que cette expérience n'a commencé qu'il y a quelques mois et qu'aucune évaluation n'a été menée.

Selon la même source, ni les citoyens ni les professionnels de la santé n'ont constaté d'amélioration tangible des services, tandis que ces derniers expriment leurs craintes quant à une remise en cause de leurs acquis et droits. À cela s'ajoutent l'absence de réponse à leurs revendications, ainsi que la situation préoccupante de l'Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, entre autres points de divergence.

L'appel lancé par la Coordination syndicale à l'ensemble des professionnels du secteur se veut à la fois un cri d'alarme et un acte de responsabilité. Il s'agit, selon leurs termes, de redresser le système de santé public, de défendre les droits des travailleurs et de préserver ceux des citoyens, en refusant une réforme imposée, opaque et potentiellement déstabilisatrice. Dans ce combat, l'opposition ittihadie trouve un terrain naturel d'expression, fidèle à sa vocation historique de défense des services publics, de justice sociale et de gouvernance démocratique.

À l'heure où le Maroc est confronté à des défis sanitaires majeurs, aggravés par les inégalités territoriales et sociales, la réforme du système de santé ne peut se permettre ni l'improvisation ni l'arrogance. Elle exige écoute, humilité et courage politique. À défaut, elle risque de creuser davantage le fossé entre les institutions et les citoyens, et de transformer une promesse de modernisation en une source durable de fracture sociale.

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