Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès, qui célèbreront leurs 60 ans en 2026, s'inspirent jusque-là essentiellement de techniques de tissage importées de France. La volonté affichée du nouveau directeur général est désormais de se tourner vers des sources d'inspiration africaines, en valorisant des techniques de tissage propres au Sénégal et à l'Afrique de l'Ouest.
Précurseurs et seule entreprise culturelle et artistique de ce genre en Afrique de l'Ouest, les MSAD entendent ainsi opérer un recentrage stratégique. Le directeur général, Bassirou Thiam, a annoncé la création prochaine d'un centre de recherche et d'incubation des techniques de tissage africaines.
Il a fait cette annonce en marge de la cérémonie d'installation du kantigui du Sénégal par ses pairs de l'Afrique de l'Ouest, tenue aux Manufactures. À cette occasion, des pagnes tissés provenant de la sous-région ont été offerts aux participants. Profitant de ce rassemblement du public ouest-africain, M. Thiam a indiqué qu'un projet de centre d'incubation des techniques de tissage du pagne africain est en gestation, en partenariat avec l'Institut français du Sénégal.
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Selon lui, le projet consistera d'abord à répertorier toutes les techniques de tissage de pagnes pratiquées au Sénégal, en tenant compte des différentes ethnies qui perpétuent cet art. Le recensement sera ensuite élargi à l'ensemble de la sous-région ouest-africaine. L'ensemble de ces techniques sera regroupé au sein d'un centre de recherche et d'incubation, afin qu'elles puissent être expérimentées aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès et devenir, à terme, la principale source d'inspiration.
Toujours selon Bassirou Thiam, plusieurs partenaires ont déjà manifesté leur intérêt pour accompagner ce projet d'envergure sous-régionale.