L'électricité est le quatrième problème le plus important auquel le gouvernement devrait s'attaquer, selon les citoyens.
Key findings
- Environ quatre ménages sur 10 (42%) résident dans des zones de dénombrement (ZD) couvertes par le réseau électrique public.
- Les villes (97%) et la région de Conakry (100%) sont plus couvertes par un réseau électrique que les villages (12%) ainsi que les régions de Mamou (21%) et Faranah (22%).
- La proportion des ZD équipées d'un réseau électrique a progressé de 10 points de pourcentage depuis 2017 (32%).
- Seulement 32% des ménages en Guinée sont raccordés au réseau électrique public.
- Parmi les ménages qui sont raccordés au réseau d'Electricité de Guinée (EDG), seuls 23% disent que le courant est disponible « la plupart du temps » ou « tout le temps ».
- Trois Guinéens sur 10 (30%) disent utiliser une autre source d'électricité que le réseau de l'EDG.
- Parmi les ménages qui utilisent une autre source que le réseau de l'EDG, environ trois quarts (74%) font recours au panneau solaire comme source d'énergie.
- L'électricité se classe au quatrième rang des problèmes les plus importants auxquels le gouvernement devrait s'attaquer, selon les Guinéens.
- La grande majorité (85%) des répondants désapprouvent la performance du gouvernement en matière de fourniture fiable d'électricité, une hausse de 19 points de pourcentage depuis 2022.
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Surnommée « château d'eau » de l'Afrique de l'Ouest, avec un réseau hydrographique d'environ 1.100 cours d'eau, la Guinée possède un potentiel hydroélectrique suffisant pour atténuer les difficultés d'approvisionnement en électricité. Ce potentiel est estimé à environ 6.000 MW, avec une énergie d'environ 19.300 GWh par an (République de Guinée, 2016).
Pourtant, l'accès à l'énergie électrique reste un défi majeur en Guinée. Le secteur souffre d'un déficit d'offre, d'un faible taux de desserte et d'importantes difficultés de maintenance. A ces difficultés s'ajoutent la quasi-gratuité de l'électricité pour certains ménages, notamment en raison de la fraude y compris aux compteurs ; des infrastructures vétustes entraînant de fortes pertes ; un recouvrement insuffisant et sujet à des détournements ; ainsi qu'une gestion administrative opaque (Camara, 2024 ; Celestin, 2024).
Pour garantir l'accès à l'électricité à la population, le gouvernement s'est engagé dans un programme ambitieux d'infrastructures liées aux énergies renouvelables dès 2010. La construction des barrages hydroélectriques de Kaléta (240 MW) et de Souapiti (450 MW), ainsi que le projet d'interconnexion électrique entre les centrales guinéennes et maliennes, font partie des réalisations phares de ce programme (Banque Africaine de Développement, 2023 ; Banque Européenne d'Investissement, 2021).
En outre, le gouvernement a initié le Projet d'Amélioration de l'Accès à l'Electricité en Guinée (PAAEG) pour étendre l'accès à l'électricité à environ 1,53 million de personnes, dont la plupart bénéficieront d'un accès nouveau à l'électricité (Groupe de la Banque Mondiale, 2025).
Mais au-delà des efforts engagés, la question essentielle demeure : Quelle est l'expérience quotidienne des Guinéens en matière d'accès à l'électricité ?
Les résultats de la plus récente enquête Afrobarometer réalisée en Guinée montrent qu'environ quatre ménages sur 10 vivent dans une zone de dénombrement couverte par l'électricité publique, et que cette couverture a progressé par rapport à 2017.
Seuls environ trois répondants sur 10 déclarent que leur ménage est raccordé au réseau public d'électricité. Et parmi eux, à peine le quart affirment que le courant est disponible « la plupart du temps » ou « tout le temps ». Pour beaucoup, les coupures restent la norme. Près de la moitié de ceux qui sont raccordés au réseau d'Electricité de Guinée (EDG) disent avoir l'électricité « parfois » ou « jamais ».
Face à ces difficultés, trois ménages sur 10 se tournent vers d'autres sources d'énergie, surtout les panneaux solaires.
Sans surprise, l'électricité apparaît aujourd'hui comme l'un des problèmes les plus pressants du pays, cité parmi les quatre premiers défis nationaux. Et une majorité croissante des citoyens désapprouvent la performance du gouvernement en matière de fourniture fiable d'électricité.