Dans plusieurs régions de Madagascar, la fin d'année 2025 a été marquée par des actions concrètes qui donnent corps à l'économie bleue. Un équilibre à bâtir entre protection des écosystèmes, organisation des communautés, sécurité alimentaire et création de revenus.
Des mangroves de Morombe aux lacs des Hautes Terres, en passant par les zones côtières du Nord, les interventions se sont multipliées autour d'un même fil conducteur : mieux gérer la ressource pour mieux en vivre. Dans l'Atsimo-Andrefana, plusieurs initiatives montrent cette volonté de structurer la gouvernance des ressources naturelles.
À Befandafa, district de Morombe, les fokonolona ont officiellement approuvé un projet de Dina destiné à encadrer les membres des VOI Mampiray et Avotra, avec l'appui d'Asity Madagascar.
L'objectif affiché est la protection de l'environnement et des biens communs dans 11 villages, avant transmission du texte au tribunal compétent pour lui donner force légale. Dans la même zone, la prévention des Intoxications par la consommation d'animaux marins (ICAM) a donné lieu à des campagnes de sensibilisation menées auprès des pêcheurs et des vendeurs de poissons à Mangolovolo et Isosa, assorties de rappels sur la réglementation de la pêche.
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Appuis aux petits exploitants
À Morombe, la protection des mangroves s'invite au cœur de la filière crabe. À Ankotapiky et Belavenoke, des pêcheurs crabiers ont été sensibilisés à la sauvegarde de ces écosystèmes, avec la présentation du « Garigary », un outil plus respectueux de l'environnement et des crabes, qui doit leur être fourni dans le cadre de la deuxième phase du projet PCD. L'économie bleue, ce sont aussi des alternatives pour réduire la pression sur la ressource.
À Toliara II, une formation menée par WWF Toliara et la DRPEB s'est conclue par la distribution de 50 000 alevins de tilapia à 75 membres du VOI/Paysage Mahafaly d'Ambohimahavelo et Ambiky.
À Betioky Atsimo, 45 agriculteurs de Betanky et Andranomangatsiaka ont reçu 4 200 alevins et 150 kg de provende après deux jours de formation, grâce à un partenariat entre Aqua Ferme du Sud, l'ONG japonaise AMDA-MINDS et ASOS Toliara. Dans l'Atsimo-Atsinanana, 109 paysans de huit communes des districts de Vondrozo, Vangaindrano et Farafangana ont également été formés à l'aquaculture via le projet ASAM 4F, au cours du quatrième trimestre 2025.
Amélioration des compétences
Dans le Morombe, la dimension « emploi et compétences » a pris forme avec la sortie de 35 jeunes formés pendant trois mois à l'agriculture, l'élevage et aux activités aquatiques, à Ampandratokana (Ihosy), fruit d'une collaboration entre l'ONG Tsimoka et la DRPEB.
La sensibilisation à l'ICAM s'y est également intensifiée, avec un focus sur les risques liés à la chaleur, qui peut altérer la qualité des produits vendus. Au Nord, les actions mêlent appui logistique et régulation.
Dans la DIANA, l'association Famelona a effectué une descente à Anorontsangana et Ambariomena (Ambanja), avec remise d'équipements, dont un moteur 32 CV pour la pirogue du VOI Taratra, et des rappels sur l'ICAM. À Nosy Be, un atelier a présenté l'aire marine protégée "Tandavandriva" aux opérateurs de la pêche sportive et récréative, en collaboration avec WCS et les autorités locales. À Ambanja, une sensibilisation au bazary Tsaramandroso a insisté sur les dangers de l'ICAM et le respect des périodes de fermeture de la pêche.
Renforcement de la production
Enfin, la dynamique gagne aussi les eaux intérieures et l'organisation des acteurs. Dans la région Boeny, 20 000 alevins ont été déversés dans le lac Kinkony. Dans la Sofia, 78 agriculteurs ont été formés à Bealanana.
Dans les régions Betsiboka et Analamanga, la DRPEB a distribué des cartes de pêcheur et de pisciculteur, tout en rappelant les règles et les engins autorisés. À Alaotra Mangoro, 10 000 alevins ont été introduits à Andilanatoby, avec en parallèle un échange sur la gestion du plan d'eau.
Dans l'Androy, 190 pêcheurs et artisans « kinanga », regroupés en neuf associations, ont reçu des équipements via le projet Mionjo, la FAO et la CSA Habobo, avec une consigne claire : ces matériels doivent rester dédiés à la pêche.
Finalement, ces actions, dispersées mais cohérentes, montrent une économie bleue qui avance de manière pragmatique : sécuriser les pratiques, protéger les écosystèmes et créer des revenus complémentaires, au plus près des communautés.