MISSION D'OBSERVATION ÉLECTORALE DE L'UNION AFRICAINE POUR LES ÉLECTIONS GROUPÉES DU 28 DÉCEMBRE 2025 EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
DÉCLARATION PRÉLIMINAIRE
L'Union Africaine (UA) salue la tenue d'Élections Générales pacifiques et bien organisées en République Centrafricaine
30 décembre 2025
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A. INTRODUCTION
Sur invitation du gouvernement de la République Centrafricaine, Son Excellence Monsieur (S.E.M) Mahamoud Ali YOUSSOUF, le Président de la Commission de l'Union Africaine (CUA), a déployé une Mission d'Observation Électorale (MOEUA) de courte durée dans le cadre des élections générales et locales du 28 décembre 2025 en République Centrafricaine (RCA). La Mission comprend 32 observateurs, originaires de 21 pays, et y est déployée du 20 décembre 2025 au 1 janvier 2026. Cette Mission avait été précédée par une mission d'évaluation préélectorale de l'Union africaine du 7 au 13 septembre 2025.
Cette Mission est composée d'Ambassadeurs accrédités auprès de l'Union africaine, des Parlementaires panafricains, des représentants des organes de gestion des élections, des membres des organisations de la société civile, y compris celles des femmes et des jeunes, des experts électoraux, des droits humains, en genre et des médias et des universitaires. La Mission a évalué ces élections en se basant notamment sur le cadre légal électoral du pays et des standards internationaux, en particulier ceux de l'Union Africaine.
La MOEUA a déployé des équipes dans les préfectures de Bangui, Nana-Mambere (Bouar), et Ombella-M'poko (Damara) afin d'y observer la fin de la campagne électorale, les derniers préparatifs des scrutins, et les opérations du jour du vote. La Mission suivra aussi la gestion des résultats et les développements post-électoraux jusqu'à la publication de son rapport final qui interviendra un mois suivant la proclamation des résultats définitifs.
Conformément à sa méthodologie d'observation, la Mission a interagi avec les autorités publiques, l'ANE, les candidats, les organisations de la société civile et les représentants de la communauté diplomatique et internationale. Elle a aussi échangé avec d'autres missions d'observation électorale déployées en RCA.
La Mission rend public ses constats, conclusion et recommandations préliminaires dans cette déclaration. Cette déclaration est rendue publique au moment où les opérations de transmission et centralisation des résultats sont en cours. Ainsi, la présente déclaration couvre les activités de la MOEUA des derniers jours de la campagne jusqu'au dépouillement de l'élection présidentielle.
B. CONSTATS PRÉLIMINAIRES DE LA PÉRIODE PRÉ-ÉLECTORALE
1. Contexte politique
La République centrafricaine (RCA) a organisé un quadruple scrutin le 28 décembre 2025, dans un contexte politique complexe et un climat sécuritaire amélioré, mais encore fragile après trois décennies de crises cycliques. Des zones d'insécurité dans des espaces frontaliers réduits persistent toujours, où des groupes armés continuent de peser sur le processus électoral de ce pays d'un peu plus de cinq millions d'habitants.
Au défi sécuritaire s'ajoutaient des enjeux démocratiques et d'inclusivité. Ces élections générales se sont tenues conformément au calendrier constitutionnel et légal mais dans un contexte politique particulier. En effet, ces dernières interviennent après le Référendum constitutionnel du 30 juillet 2023, convoqué par le Président de la République, aux lendemains de sa réélection pour un second mandat constitutionnel. Cette consultation avait permis aux citoyens de se prononcer sur l'adoption d'une nouvelle constitution qui approuve la non-limitation du mandat présidentiel, en remplacement de la constitution du 30 mars 2016 adoptée à la fin de la transition et le retour à l'ordre constitutionnel en RCA.
Cette validation avait nourri la controverse dans le paysage politique, et a poussé la principale plateforme de l'opposition, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) à engager une action en inconstitutionnalité devant la Cour constitutionnelle et d'annoncer le boycott de l'élection présidentielle. Cependant, une autre frange de l'opposition regroupée au sein de l'Union des Forces Démocratiques de l'Opposition (UFDO), avait consacré les changements constitutionnels au système politique centrafricain et appelait à participer aux élections générales du 28 décembre 2025.
Le 2 septembre 2025, le gouvernement et le BRDC se sont rencontrés en vue de créer les conditions d'un dialogue politique à même de dissiper les tensions et favoriser des élections générales inclusives et pacifiques. Malgré les appels au boycott par une partie de l'opposition, le quadruple scrutin de 2025 a été marqué par un engouement des acteurs politiques qui s'est matérialisé par un nombre significatif de candidatures aussi bien pour les élections nationales que pour les locales. Ces élections générales ont enregistré la participation de 5163 candidats, toutes élections confondues, représentant un nombre important de partis politiques issus du paysage politique centrafricain mais aussi des candidats indépendants dont la présence à ces échéances a été très marquée comparativement aux élections de 2020.
Ainsi, sept (07) candidatures sur 10 ont été validées par le Conseil constitutionnel le 14 novembre 2025 pour l'élection présidentielle après des recours en contentieux. Quant aux élections législatives, le nombre de candidatures se porte à 687 candidats, et pour les élections régionales, le nombre est de 226 candidats.
2. Cadre juridique des électons
Les élections groupées du 28 décembre 2025 en RCA ont été organisées sur base d'un cadre juridique pluriel, composé notamment de la Constitution de la République Centrafricaine, du Code électoral révisé, des lois relatives à l'Autorité Nationale des Élections (ANE), à la parité entre les femmes et les hommes, aux circonscriptions administratives et électorales, aux partis politiques et au statut de l'opposition, ainsi que des décrets et arrêtés fixant l'organisation des scrutins et la convocation du corps électoral.
La MOEUA a noté que ce cadre juridique intègre plusieurs dispositions conformes aux principes et engagements régionaux et continentaux, notamment ceux énoncés dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo), ainsi que la Déclaration de l'OUA/AU sur les principes régissant les élections démocratiques en Afrique. À cet égard, la Mission relève positivement les mesures visant à promouvoir la participation des femmes et des jeunes aux fonctions électives, notamment l'instauration d'un quota minimum de 35 % de femmes dans les instances élues et la priorité accordée aux femmes candidates d'abord et aux jeunes candidats ensuite en cas d'égalité de suffrages.
Toutefois, la MOEUA a observé que certaines réformes issues de la révision constitutionnelle de 2023 ont suscité des débats parmi les parties prenantes. Ces réformes portent notamment sur l'exigence de la nationalité centrafricaine d'origine comme condition d'éligibilité, l'obligation d'un niveau d'instruction universitaire pour les candidats aux élections législatives, l'exclusion des personnes ayant appartenu à des groupes armés, ainsi que le niveau élevé des cautions électorales, en particulier pour l'élection présidentielle. Ces dispositions ont été perçues par certains acteurs rencontrés par la Mission comme susceptibles de restreindre l'inclusivité et l'égalité des chances.
Sur le plan de la mise en oeuvre, la MOEUA a pris acte de l'adoption de lois dérogatoires à l'approche des élections, afin d'adapter certaines dispositions juridiques à l'organisation des élections groupées. Ce qui pose des défis en matière de clarté et de prévisibilité du cadre électoral, conformément aux standards de l'UA relatifs à la stabilité du cadre juridique électoral. Néanmoins, la Mission a observé que ces contraintes ont été partiellement atténuées par l'élaboration et la diffusion d'outils pédagogiques, notamment le « manuel pratique des membres des bureaux de vote et de dépouillement » et le « guide de l'électeur », utilisés pour la formation du personnel électoral et la sensibilisation des électeurs.
La Mission a été informée par certains candidats des requêtes introduites devant les instances compétentes concernant l'appui financer de l'État pour la campagne électorale. En outre, la Mission a constaté que la loi encadrant l'appui financier de l'État aux partis politiques, prévue par la Constitution, n'a pas encore été adoptée. Cette situation est susceptible d'affecter l'égalité des chances entre les candidats, en contradiction avec les principes d'équité et de compétition politique équitable consacrés par les instruments normatifs de l'Union Africaine.
3. Système électoral
Le système électoral applicable au quadruple scrutin, conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles et juridiques se distingue par des modes d'élections nationales ou générales et des modes d'élections locales à la fois régionales et municipales.
Ainsi, la Mission a noté qu'aux termes de l'Article 67 de la Constitution et l'Article 114 du Code électoral, le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours et se déroule à bulletin unique, pour un mandat de sept (7) ans renouvelables.
Le même mode de scrutin est repris pour les élections législatives aux termes de l'Article 98 de la Constitution. L'Article 135 du Code électoral précise que le scrutin législatif est uninominal majoritaire à deux tours. L'Assemblée nationale est composée de 144 sièges de Députés et lors de ces élections législatives, un total de 33 formations politiques et 318 candidats indépendants étaient en compétition pour remporter un siège de député de la nation.
Le système électoral en vigueur pour les élections régionales et municipales, est défini par la loi organique portant Code électoral de 2024 et la loi portant organisation et fonctionnement des collectivités territoriales du 17 septembre 2020. Le Code électoral dispose que les Conseillers régionaux sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de sept (7) ans renouvelables.
Le scrutin a lieu dans chaque sous-préfecture de la région au scrutin uninominal majoritaire à un tour et sont déclarés élus, dans chaque circonscription, les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés. Les sept conseils régionaux de la RCA disposent d'un total de 184 sièges. Cependant, et lors du scrutin du 28 décembre, six circonscriptions régionales demeuraient sans candidatures et dix-sept autres avec des candidatures insuffisantes. Un total de 19 partis et formations politiques ont présenté des candidats ainsi que 73 candidats indépendants concourent pour ces élections régionales.
Les circonscriptions électorales pour l'élection des Conseillers municipaux sont les arrondissements et les communes et sont élus pour sept (7) ans renouvelables au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel de listes complètes, paritaire, bloquée sans panachage ni vote préférentiel. Les listes sont alternativement composées de femmes et d'hommes. Chaque commune ou arrondissement correspond à une circonscription électorale. Le Maire et les adjoints sont élus parmi et par les membres du Conseil Municipal en tenant compte de la parité. Le nombre total de Conseillers municipaux est de l'ordre de 1910 sièges. Un total de 4244 candidats dont 68% sont issues d'une vingtaine de formations politiques ou coalitions et 32% de candidats indépendants étaient en course pour ces élections municipales. Cependant, huit circonscriptions demeurent sans liste de candidatures lors de ce scrutin.
4. Administration électorale
La Constitution, en ses Articles 166 et 167, institue l'Autorité nationale des élections (ANE). La loi organique portant organisation et fonctionnement de l'ANE lui confère la personnalité juridique, ainsi que l'indépendance et l'autonomie administrative et financière.
L'ANE est composée, au niveau central, de onze (11) commissaires électoraux, dont au moins quatre (04) femmes, sélectionnés parmi des experts électoraux reconnus pour leur compétence et leur intégrité morale. Les commissaires sont désignés par un comité de sélection de quinze (15) membres représentant les pouvoirs publics, les partis politiques et la société civile, à raison de cinq (05) membres par entité. Leur mandat est de sept (07) ans non renouvelables.
Sur le plan opérationnel, l'ANE comprend une Assemblée plénière, un Bureau, des Commissions spécialisées, un Secrétariat permanent, ainsi que des démembrements locaux et consulaires. Pour ces élections, un total de 140 démembrements ou antennes locales ont été identifiés, alors que les opérations électorales ont été organisées dans 3 910 centres de vote, abritant 6 762 bureaux de vote, dont 65 bureaux répartis dans 15 pays à l'étranger, assurant ainsi la participation des électeurs de la diaspora. La MOEUA a été informée des efforts consentis par le Gouvernement Centrafricain pour rendre effectif l'exercice du droit de vote des Centrafricains de la Diaspora.
Au niveau de chaque bureau de vote, il est prévu un président assisté de quatre (04) assesseurs, tous formés à cet effet pour diriger les opérations de vote. À la clôture du scrutin, le président désigne deux scrutateurs pour le dépouillement, qui se déroule au niveau de chaque bureau de vote, avant l'acheminement des résultats vers le Centre de traitement des données (CTD) au niveau national, pour consolidation et publication conformément aux délais légaux applicables à chaque scrutin.
5. Inscription électorale
L'ANE a débuté la révision du fichier électoral le 24 novembre 2024. Après plusieurs reports, l'opération s'est déroulée dans 3.910 centres d'inscription opérant en trois (03) phases dans trois (03) aires opérationnelles : la première phase a concerné 11 préfectures de l'aire opérationnelle 1, la deuxième phase a couvert les neuf (09) autres préfectures de l'aire opérationnelle 2, et la dernière phase a permis d'enrôler les Centrafricains de la Diaspora dans l'aire opérationnelle 3. Avec un appui des partenaires internationaux, la révision des listes électorales a pris fin le 23 août 2025. Cette opération ciblait les primo-inscrits et toutes les personnes dont les noms avaient été omis sur les listes électorales.
Le fichier actualisé comprend un total de 2.398.158 électeurs inscrits. Les femmes et les hommes constituent respectivement 47,20%, soit 1.145.752, et 52,80%, soit 1.252.406, de la population électorale.
Le chronogramme de l'ANE prévoyait la distribution des cartes d'électeur du 1er octobre au 25 décembre 2025. Cette opération a finalement débuté le 12 décembre 2025, soit 72 jours après la date de démarrage fixée par le chronogramme des élections. La Mission a été informée, par les autorités compétentes, que les cartes d'électeurs délivrées en 2020 restent valables pour le quadruple scrutin de 2025. Ainsi, la délivrance de nouvelles cartes d'électeurs ne concernait que les primo-votants. La Mission a été informée que 376.941 cartes sur 882.869, soit 42,7%, ont été effectivement distribuées, avec le soutien opérationnel de la MINUSCA à la date du 23 décembre 2025.
La Mission a noté l'adoption de la Loi No. 25.011 du 26 septembre 2025. La Mission est d'avis que cette loi dérogatoire est de nature à accroitre la participation citoyenne au vote, et à réduire les incidences que la distribution tardive des cartes d'électeurs aurait pu avoir sur la participation effective des électeurs. Toutefois, la carte d'électeur ainsi que toutes les autres pièces d'identité additives doivent remplir les conditions de fiabilité afin de garantir l'intégrité et la crédibilité du vote.
6. Éducation civique et électorale
L'organisation de la campagne de sensibilisation et d'éducation préélectorales relève principalement de l'ANE. Avec un corps électoral de 2 398 158 électeurs, l'éducation civique et électorale pour ce quadruple scrutin historique a été un défi immense pour la RCA, au-delà de l'enjeu de la participation, l'accent devait être mis sur la maitrise du vote complexe par les électeurs.
A ce titre, la Mission a retenu que le Projet d'Appui au processus Electoral (PAPEC) en Centrafrique du PNUD, a appuyé des Organisations de la Société Civile telle que le Réseau Journalistes pour les Droits de l'Homme (RJDH) et l'Organisation Nationale des Personnes vivant avec un Handicap (ONAPHA) pour des campagnes d'éducation civique encourageant l'enregistrement des électeurs et le retrait des cartes électorales. Sur un autre registre, l'ANE a mené une campagne de masse pour une sensibilisation à travers des sms pour le retrait des cartes d'électeurs et le vote proprement dit.
Aussi la Mission a été informée que la société civile s'est chargée de la sensibilisation et de l'éducation civique des citoyens depuis la période d'inscription jusqu'aux opérations de vote. La production des affiches techniques du vote aurait pu avoir plus d'effet si elle avait été conçue plus tôt et placées dans les lieux publics.
La Mission a été aussi informée, par des acteurs rencontrés, des retards accusés dans le démarrage des campagnes de sensibilisation et d'éducation électorales. Certains de ces acteurs ont également regretté le manque de moyens financiers et matériels conséquents pour des campagnes de sensibilisation à grande échelle.
7. Désignation des partis politiques et des candidats
Selon le calendrier électoral, le dépôt des dossiers de candidatures pour les quatre élections s'est déroulé du 02 au 11 octobre 2025. Conformément au Code électoral, les candidats à la présidentielle sont tenus de verser une caution de 15.000.000 FCFA remboursable seulement dans le cas où le candidat obtient au moins 5% des suffrages exprimés. Cependant, cette caution est versée au trésor public si le candidat obtient moins de 5% des suffrages. Pour les législatives, les candidats ont pour obligation de verser 250.000 FCFA.
La Mission a relevé une variabilité des candidatures issus des partis politiques et celles indépendantes. Elle a noté le dépôt de 10 dossiers de candidatures à la présidentielle et l'invalidation de trois (03) candidatures. Pour ce qui concerne l'élection présidentielle sur les sept (07) candidats, six (06) sont issus de partis politiques et un candidat s'est présenté comme indépendant.
Les élections législatives, régionales et municipales ont été marquées par la même tendance avec une prééminence des candidatures issus des partis politiques soit 53,7% et 46,3% de candidats indépendants.
8. Campagne électorale et financement de la Campagne électorale
La campagne électorale s'est tenue du 13 au 26 décembre 2026 dans un climat relativement apaisé. Elle s'est déroulée avec des approches différentes soit par des manifestations et rassemblements (meeting) et par des campagnes de proximité sous forme de porte à porte. Aussi la propagande s'est tenue au moyen des médias traditionnels et numériques et des réseaux sociaux.
Certains acteurs politiques rencontrés par la Mission ont évoqué la faiblesse de leurs moyens financiers, la disproportion des dépenses de campagne, l'utilisation exclusive des moyens publics par le candidat issu du parti au pouvoir ainsi que l'absence de mise en application du financement publique. Du fait de sa position institutionnelle, le candidat de la majorité présidentielle était dans une posture confortable pour mener la campagne à travers tout le pays.
La Mission a noté avec satisfaction que le Gouvernement Centrafricain a contribué substantiellement au financement de ses élections pour un montant de 7 611 738 Dollars soit 40,81% du budget global du processus électoral. La Mission est d'avis que cette démarche renforce sa souveraineté sur le processus électoral. Le financement de campagnes présidentielles RCA est régie par le Code Électoral et des dispositions légales qui encadrent les sources de financement (privées/publiques), plafonds de dépenses, déclarations de comptes, et sanctions. Aussi il est fait obligation aux candidats et partis de déclarer leurs sources de financement et leurs comptes de campagne.
9. Participation politique des femmes
L'Article 13 de la constitution de 2023 érige la non-discrimination en principe. Toutefois, le sexe n'est pas considéré comme motif de discrimination. L'Article 14 consacre le droit de la femme à une représentation équitable au sein de toutes les institutions nationales, régionales et locales. Le cadre normatif national relatif à la participation politique et électorale des femmes a connu un coup de pouce significatif suite à l'adoption de la loi N° 16.004 du 24 novembre 2016 sur la parité. Cette loi renforce davantage le principe constitutionnel du droit de la femme à une représentation équitable dans les structures de gouvernance nationale, régionale et locale. Elle fixe un quota d'au moins 35% de représentativité à toutes les instances de prise de décisions. Le principe de la parité s'applique aussi bien aux fonctions électives qu'aux postes nominatifs. L'institution de ce quota reste dans l'esprit et la lettre de la Constitution qui précise le nombre de femmes devant siéger dans certaines institutions publiques.
Bien que le système majoritaire uninominal applicable aux élections législatives ne soit pas de nature à favoriser la représentativité des femmes, le Code électoral précise qu'en cas d'égalité de voix au premier ou second tour, est proclamée élue la femme candidate . Le même type de dispositions s'applique aux élections locales où les textes imposent, par ailleurs, un système de listes alternatives paritaires pour les municipales.
Malgré ces signaux positifs, les femmes continuent de faire face à la dure réalité que leur impose le défi du faible niveau de leur participation et représentativité aux fonctions aussi bien électives que nominatives. Le niveau de représentativité féminine reste très en dessous du quota des 35% institué par la Loi sur la parité, ralentissant ainsi la marche de la République Centrafricaine vers la réalisation de l'Objectif de Développement Durable no.5 (ODD5).
En vue d'accroitre la participation politique des femmes aux élections de 2025, et de renforcer le caractère inclusif du processus en cours, certaines initiatives, soutenues par des partenaires internationaux, y compris la MINUSCA et ONU Femmes, ont été menées dans le pays. Cependant, si ces initiatives sont encourageantes, l'ampleur de la situation de la participation politique des femmes nécessite des mesures d'application contraignantes.
Nonobstant les avancées du dispositif juridique et les efforts d'accompagnement, les élections de 2025 révèlent un décalage entre les textes législatifs en vigueur et les réalités de la participation politique des femmes. La Mission regrette qu'aucune candidature féminine n'ait été enregistrée pour cette présidentielle contrairement à 2020 où une femme s'était présentée comme candidat. Les statistiques sur les candidatures aux élections législatives et régionales ne sont pas plus reluisantes. Sur les 687 candidats aux législatives, 86 sont des femmes et on enregistre 113 suppléants femmes pour les mêmes élections. Quant aux élections régionales, 22 sur les 226 candidats sont des femmes. Les régionales ont enregistré 52 suppléants femmes. L'adoption d'un nouveau système de scrutin proportionnel de listes paritaire alternativement composées de personnes des deux sexes aux élections municipales et communales a fait bondir les candidatures féminines lors de ces élections groupées. En effet, sur les 434 listes de candidatures en cours, parmi le nombre de 4244 candidats têtes de listes et colistiers, 1947 candidatures sont des femmes (46%).
La Mission salue les efforts conjugués des acteurs politiques et sociaux en faveur de la participation politique des femmes ayant débouché sur l'adoption des réformes du mode de scrutin pour les municipales et en partie pour les régionales.
La Mission a été informée par certains acteurs rencontrés des violences dont des femmes candidats ont été victimes ainsi que le décès d'une candidate aux élections législatives 2ème circonscription du 2ème arrondissement. La Mission tient à adresser ses condoléances à la famille éplorée.
10. Participation des jeunes
L'Article 4 de la constitution reconnait le droit de vote à tout citoyen âgé de 18 ans révolus. Les jeunes ne bénéficient pas d'un système de quota en faveur de leur représentativité dans les instances de prise de décisions.
La Mission a noté que les données sur les électeurs inscrits ne sont pas désagrégées par tranche d'âge. La disposition de ce type d'information électorale, par l'organe en charge des élections, ainsi que l'accès à ce type de données désagrégées par les acteurs électoraux offrent des gages supplémentaires d'inclusivité du processus électoral.
Le système majoritaire uninominal applicable aux élections législatives ne favorise pas la représentativité des jeunes. Néanmoins, le Code électoral précise qu'en cas d'égalité de voix au premier ou second tour, est proclamé élu le candidat le plus jeune au cas où les deux candidats sont du même sexe. La Mission note donc que cette disposition est applicable si aucune femme n'est en lice au même titre qu'un candidat jeune. Le même type de dispositions s'applique aux candidats jeunes dans le cadre des élections locales où les textes imposent, un système de listes alternatives paritaires pour les municipales.
Les initiatives, conduites par des acteurs de la société civile, appuyées par des partenaires internationaux en faveur de la participation politique et électorale des femmes, ciblaient aussi les jeunes. Par ailleurs, durant la période de révision du fichier électoral, des campagnes de sensibilisation ont été organisées, de manière ciblée, pour encourager les jeunes électeurs à s'inscrire sur les listes électorales et à exercer leur droit de vote de manière responsable.
11. Inclusion des personnes vivant avec un handicap
Les Articles 12 et 13 de la constitution consacrent les principes de l'égalité de tous les citoyens centrafricains devant la loi et de non-discrimination. Cependant, le handicap n'est pas un des motifs de discrimination cités explicitement. En vue de faciliter la participation des personnes vivant avec un handicap, le Code électoral prévoit l'assistanat dans le bureau de vote en cas de besoin.
Tout comme les jeunes, les personnes vivant avec un handicap ne bénéficient pas d'un système de quota en faveur de leur participation politique et de leur représentativité dans les instances de prise de décision. La Mission est d'avis que l'absence de mesures structurelles constitue un obstacle majeur pour l'effectivité de la participation politique des personnes vivant avec un handicap, et ce en dépit des engagements que la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) de l'ONU impose à la RCA.
La Mission a été informée de l'accompagnement du PNUD à des associations de défense des droits des personnes vivant avec un handicap et d'autres organisations de la société civile, venues de plusieurs régions du pays, à travers un atelier sur l'accessibilité des personnes vivant avec un handicap au processus électoral et l'amélioration de leur participation en tant que candidat et électeur. Cette initiative s'inscrivait dans la cadre d'un projet d'appui aux élections inclusives de 2025 en République Centrafricaine.
12. Participation des organisations de la société civile
La Mission a noté que la société civile s'est chargée de la sensibilisation et de l'éducation civique des citoyens de la période d'inscription aux opérations de vote.
Les OSC ont par ailleurs bénéficié du renforcement de capacités et des financements de Partenaires techniques et financiers (PTF) afin de déployer des observateurs de court et moyen terme.
A ce titre, le dispositif le plus illustratif a été la Mission d'Observation Electorale du Réseau Arc en Ciel (MOE-RAC) déployée, pour observer toutes les étapes du processus électoral, depuis le septembre 2024, grâce l'appui de l'Institut Electoral pour une Démocratie Durable en Afrique (EISA) et le financement de l'Union Européenne. Elle a observé toutes les étapes du processus électoral.
Les OSC ont joué leur rôle d'éducation citoyenne et ont contribué à l'effort de sensibilisation des masses pour appeler les citoyens à mieux s'approprier les scrutins pour une meilleure participation électorale. Les acteurs impliqués ont usé des campagnes éducatives par les médias, à travers les réseaux sociaux et les radios communautaires en utilisant les langues nationales.
Les OSC ont souhaité être davantage soutenues sur le plan du renforcement des capacités, de la sensibilisation des électeurs et de la mobilisation des ressources pour une meilleure plus-value.
13. Couverture médiatique du processus électoral
La MOEUA a noté que le paysage médiatique des élections du 28 décembre 2025 en République centrafricaine (RCA) s'est montré diversifié, avec une forte affluence des médias audiovisuels, en ligne et des radios communautaires. Les médias publics nationaux, notamment l'unique télévision nationale et la chaine privée Vision 4 ont été à la portée des acteurs politiques ; principalement ceux basés dans la capitale, et se sont focalisées principalement sur des activités officielles de campagne.
De même, la radio nationale et une quarantaine de radios communautaires opérationnelles ont adapté leurs lignes éditoriales à la communication électorale, ce qui a facilité une couverture étendue et la fluidité de la communication électorale dans les circonscriptions de leur ressort.
La MOEUA a noté avec satisfaction la contribution de radio Guira FM des Nations Unies qui, avec le soutien de la MINUSCA, a servi de vecteur central de la communication et de la sensibilisation de masse et d'éducation électorales, appuyant l'ANE dont elle s'est engagée à assurer une couverture systématique des activités tout le long du processus électoral. Les informations qu'elle a véhiculées ont été relayées par 23 radios communautaires à travers le pays, garantissant ainsi une sensibilisation étendue et une mobilisation des électeurs à tous les niveaux. Pour atteindre ceux qui n'ont pas accès à la radio, les crieurs publics, dans la pure tradition africaine, ont été mis à contribution dans les agglomérations.
Aussi, La radio Ndele Luka, soutenue par l'ONG suisse Fondation Hirondelle, le média privé le plus convoité dans la majeure partie du pays à l'aide de sept émetteurs FM a joué un rôle capital dans la sensibilisation et l'éducation électorales.
Dans la Capitale Bangui, la radio privée Lengo Songo a entre autres contribuée à la sensibilisation des électeurs et la promotion des candidats pendant la campagne électorale.
La Mission a salué les initiatives du Haut Conseil de la Communication (HCC) qui a affirmé son indépendance institutionnelle et mis en place un dispositif de monitoring des médias en période électorale, fondé sur le principe d'équité ; ainsi qu'une cellule de veille pour détecter les irrégularités à temps utile. La mise en oeuvre d'un plan de répartition équitable du temps d'antenne matérialisé par un tirage au sort, a contribué à une couverture de promotion globalement équilibrée des campagnes électorales dans les médias publics.
Toutefois, la MOEUA a noté que malgré les efforts déployés, l'environnement médiatique a été confronté à des défis liés à la désinformation et aux rumeurs. La régulation des réseaux sociaux et des plateformes en ligne quant à elle est restée limitée suite aux contraintes techniques. La Mission salue les initiatives de renforcement des capacités des acteurs des médias et du HCC, qui ont contribué à l'apaisement du climat médiatique durant la campagne électorale.
14. Sécurité du processus électoral
Les conditions sécuritaires tout au long du processus électoral ont connu une amélioration significative grâce à des actions qui ont eu un impact sur la participation et l'intégrité des opérations électorales à l'intérieur du pays. Cette amélioration est due à la fois à l'augmentation des effectifs passant de 6.000 militaires en 2016 à 26.000 en 2025, et à la professionnalisation et au renforcement des capacités opérationnelles des organes nationaux en charge de la sécurité, notamment les Forces Armées Centrafricaines (FACA), la police la gendarmerie. Celles-ci ont été dotées de moyens adaptés et mènent des opérations de sécurisation sur l'ensemble du territoire national avec le concours de la MINUSCA.
Un Plan Intégré de Sécurisation des Élections (PISE) a été mis sur pied et regroupe l'ensemble des forces de sécurité centrafricaines ainsi que les forces de la MINUSCA. Ce plan a été mis en place basé sur une analyse conjointe des risques, et consistait à faire de la police, la gendarmerie ainsi que les FACA, les primo-intervenants appuyés respectivement par UNPOL et les Forces de la MINUSCA. Cette coordination à travers le Comité National et les Comités préfectoraux de Sécurisation des Elections a favorisé une sécurisation globale du processus électoral et une stabilisation dans les zones à risque. Ces opérations a permis l'appui sécuritaire nécessaire aux activités de l'ANE avec succès lors de la révision des listes électorales, le déploiement du matériel, l'accompagnement des personnels électoraux dans les zones à risque ou difficiles d'accès, ainsi que la sécurisation, la récupération et l'acheminement des résultats et du matériel électoral.
De même, le renouvellement du mandat de la MINUSCA par le Conseil de sécurité des Nations Unies, à travers sa résolution 2800, a renforcé le dispositif de sécurisation du processus électoral dans le moyen et long terme en RCA.
C. CONSTATS DU JOUR DES SCRUTINS
La MOEUA a déployé 32 observateurs, répartis en 13 équipes, dans trois régions du pays. Le jour du vote, les observateurs ont visité 271 bureaux de vote (BV) et y ont observé les procédures d'ouverture, le déroulement, la clôture et le dépouillement. Parmi les BV observés, 76 % étaient situés en milieu urbain et 24 % en milieu rural.
1. Ouverture des bureaux de vote
La MOEUA a observé les procédures d'ouverture dans 13 bureaux de vote. Seuls 23 % des BV observés ont ouvert à l'heure et conformément aux procédures établies. Les retards constatés dans 77 % des autres BV visités étaient principalement dus à l'acheminement tardif du matériel électoral et au manque de ponctualité de certains membres des bureaux de vote. Dans 40 % des BV observés, ces retards ont dépassé une heure.
La Mission a noté que le matériel électoral était disponible en quantité suffisante dans l'ensemble des BV visités et que les forces de sécurité étaient présentes dans tous les bureaux de vote observés. Ils ont fait preuve de professionnalisme et de discrétion dans l'exercice de leurs fonctions.
La MOEUA a également relevé que 23 % des BV observés étaient difficilement accessibles aux personnes vivant avec un handicap, en raison notamment de terrains non nivelés et de l'absence d'aménagements d'accessibilité appropriés.
2. Déroulement du vote
a) Atmosphère
La Mission a constaté que l'atmosphère était calme et paisible dans l'ensemble des bureaux de vote visités.
Dans la majorité des BV observés, une priorité a été accordée aux personnes vivant avec un handicap, aux personnes âgées, aux femmes enceintes, ainsi qu'aux mères allaitantes.
Le vote s'est déroulé sans interruption tout au long de la journée et les procédures de vote ont été respectées dans tous les bureaux de vote visités.
b) Transparence
Les représentants des partis politiques et des candidats étaient présents dans tous les bureaux de vote observés. La présence constante des représentants des principaux partis et candidats, tant de la majorité présidentielle que de l'opposition, a contribué à renforcer la transparence des scrutins. Ces représentants ont pu accomplir leur mission librement, sans restriction ni entrave, dans l'ensemble des BV visités.
Des observateurs citoyens et internationaux étaient également présents dans 176 bureaux de vote observés.
c) Application des procédures de vote
La MOE-UA a noté avec satisfaction l'affichage systématique des listes électorales à l'entrée de tous les bureaux de vote visités.
Les membres des bureaux de vote étaient présents au complet dans tous les BV observés et ont, de manière générale, démontré une bonne maîtrise des procédures électorales. Ils étaient facilement identifiables grâce au port de gilets distinctifs. Dans 99 % des BV observés.
L'identité des électeurs a été vérifiée à partir du registre électoral dans 99 % des bureaux de vote observés. Le marquage du doigt à l'encre indélébile a été effectué conformément à la procédure dans tous les BV visités.
Le secret du vote a été garanti par l'aménagement approprié des bureaux de vote de façon à permettre l'exercice libre du droit de vote dans des isoloirs. Les bulletins de vote pliés étaient déposés par les électeurs eux-mêmes dans les urnes scellées.
d) Participation électorale
Un engouement des électeurs a été observé dans tous les BV visités, surtout au début du quadruple scrutin où les citoyens se sont montrés enthousiastes pour exercer leur devoir de citoyen.
La MOEUA a salué la participation des femmes et des jeunes en tant qu'électeurs, membres du personnel électoral, ainsi que représentants des partis politiques et des candidats.
La Mission a constaté avec satisfaction la participation active des femmes dans la gestion des bureaux de vote, où elles représentaient 48 % des membres du personnel électoral. Dans de nombreux BV visités, des femmes ont exercé les fonctions de présidente, de secrétaire ou de scrutatrice. La Mission se félicite en particulier de la désignation de femmes en qualité de présidente de bureaux de vote.
e) Clôture et dépouillement
La MOEUA a observé que certains bureaux de vote n'ont pas procédé à la clôture à l'heure légale pour compenser le retard de l'ouverture. Toutefois, aucune file d'attente n'a été signalée au moment de la fermeture des bureaux de vote observés.
La Mission a noté que la réconciliation des bulletins de vote a été effectuée dans 90 % des BV visités à l'issue des scrutins.
Le dépouillement s'est déroulé de manière globalement efficace, bien que parfois lent dans certains bureaux de vote. Toutefois, le problème d'éclairage mérite une attention particulière dans le futur.
Conformément à la loi électorale, les représentants des candidats pour chaque élection ont signé procès-verbaux de résultats. Les copies des PV ont été remises aux représentants des partis et des candidats, et les résultats ont été affichés à l'entrée des bureaux de vote.
D. BONNES PRATIQUES
A la suite de son observation des élections générales du 28 décembre 2025, la MOEUA a identifié les bonnes pratiques suivantes qui pourraient être appliquées dans d'autres pays africains :
· La mise en place d'un cadre de concertation qui permet de décrisper les clivages et engager un dialogue.
· Le rôle du Conseil constitutionnel dans l'observation des élections et la pacification de l'espace socio-politique est de nature à préserver et renforcer la paix et la cohésion sociales qui sont des impératifs de la stabilité ;
· L'autorisation de documents administratifs alternatifs à la carte d'électeur pour l'identification de ces derniers le jour du vote est une mesure qui favorise la préservation du droit de vote des électeurs et soutient la participation citoyenne aux affaires publiques.
· L'organisation des élections groupées (quadruple scrutin) est de nature à permettre l'optimisation des ressources et une meilleure planification des politiques publiques, gage d'accélérateur de développement permettant aux futures autorités élues de se focaliser sur les défis socioéconomiques, gage de la démocratie et de paix durables.
· L'effectivité du vote de la Diaspora, à travers 15 pays abritant le vote et la multiplication jusqu'à 62 BV, est de nature à accroitre le caractère inclusif des élections.
· L'élaboration des outils pratiques et simplifiés pour standardiser les procédures de vote, en l'occurrence le « manuel pratique des membres du bureau de vote et de dépouillement », ainsi que le « guide de l'électeur » sont des stratégies par excellence pour minimiser les conséquences de l'analphabétisme, optimiser l'application des procédures de vote et delà, accroitre la crédibilité des élections.
E. CONCLUSION
La MOEUA salue le caractère paisible du quadruple scrutin du 28 décembre 2025, organisé avec succès pour la première fois en République Centrafricaine.
La Mission félicite le peuple Centrafricain, le gouvernement et toutes les parties prenantes au processus électoral pour la tenue effective du vote citoyen et responsable. La Mission les invite à davantage oeuvrer pour la consolidation des acquis en vue de préserver la démocratie et la paix durable.
La MOEUA exhorte les candidats et les partis politiques en lice à recourir, le cas échéant, aux voies légales en cas de contestation des résultats.
Le présent communiqué sera suivi par la mise à disposition d'une déclaration préliminaire qui sera suivie d'un rapport final détaillé de la Mission.
F. RECOMMENDATIONS
La Mission adresse les recommandations suivantes aux parties prenantes du processus électoral:
A l'attention du Gouvernement:
· Renforcer les capacités des mécanismes institutionnels nationaux de protection de la démocratie et de promotion de la bonne gouvernance (le Conseil Constitutionnel, la Commission Nationale des Droits de l'Homme, le Cadre de Concertation des Elections, l'Observatoire de la parité entre les hommes et les femmes), en vue d'optimiser la performance et la crédibilité de ces institutions et consolider les acquis et continuer d'avancer vers la paix durable.
· Soutenir, en collaboration avec les partenaires au développement, les initiatives de contrôle citoyen et de participation civique dans les organisations de la société civile centrafricaine en vue de renforcer la bonne gouvernance et consolider la démocratie inclusive et participative.
· Favoriser l'appui aux projets d'accompagnement des institutions locales nouvellement élues en collaboration, avec les partenaires au développement, afin de renforcer l'efficacité de leurs actions en faveur de communautés.
A l'attention de l'Autorité Nationale des Élections:
· Bâtir davantage sur les acquis en matière de renforcement des capacités des agents des bureaux de vote.
· Revoir le type d'informations à caractère personnel affichées ayant de la valeur ajoutée dans le processus d'inscription des électeurs.
· Disponibiliser davantage les listes électorales désagrégées par sexe et âge afin de renforcer le droit à l'accès à l'information des acteurs électoraux conformément tant à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples qu'aux Principes Directeurs sur l'accès à l'information et les élections en Afrique.
A l'attention des candidats et partis politiques:
· Encourager la participation des jeunes et des femmes dans les processus électoraux et les instances de prise de décision.
· Déployer des délégués dans tous les bureaux de vote pour renforcer la transparence du processus électoral.
· Étendre le cadre de dialogue et de concertation à tous les aspects de la vie nationale.
A l'attention de la société civile:
· Poursuivre des actions et initiatives sur le long terme en faveur de l'application du système de liste paritaires aux élections législatives et régionales.
1. Dans l'hypothèse d'un second tour, « sont admis les deux candidats arrivés en tête au premier tour».
2. Le Code électoral dispose que chaque sous-préfecture constitue une circonscription électorale tandis que pour la ville de Bangui, chaque arrondissement est également érigé en circonscription électorale. L'Alinéa 4 de l'Article 132 introduit une distinction entre grandes circonscriptions - celle à forte démographie - et petites circonscriptions. Pour les premières « un siège électoral supplémentaire est alloué par tranche respective de trente-cinq mille (35 000) habitants pour les sous-préfectures et de quarante-cinq (45 000) habitants pour les arrondissements de Bangui».
3. Cette dernière précise que les collectivités territoriales sont les régions et les communes et que chaque région est composée d'au moins deux préfectures.
4. Le Conseil régional se met en place et vote un bureau composé du Président et de deux Vice-Présidents à la majorité absolue au premier tour.
5. Conformément aux principes énoncés dans la CADEG relatifs à l'indépendance et à l'impartialité des organes de gestion des élections.
6. Conformément à l'Article 6 de la loi organique du 5 février 2025.
7. Conformément aux standards régionaux en matière de stabilité institutionnelle des organes électoraux.
8. L'Article 28 alinéa 1er de cette loi dérogatoire dispose que la participation au scrutin est conditionnée par la présentation obligatoire d'une carte d'électeur avec photo ou d'un récépissé d'inscription, d'une carte nationale d'identité, d'une carte militaire, d'un passeport ou d'un permis de conduire.
9. Parmi ces institutions figurent l'ANE, la HCC, le Conseil constitutionnel et la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, etc...
10. Article 136 du Code électoral.
11. La Mission a été informée des actions menées en faveur d'un taux accru d'inscription des femmes sur les listes électorales ainsi que des campagnes de sensibilisation et de mobilisation des femmes conduites en faveur de la participation active des femmes comme électeur ou comme candidat.
12. Les Articles 67 et 99, fixent respectivement l'âge minimum de la participation, en tant que candidat, à 30 ans pour l'élection présidentielle, et 18 ans pour les élections législatives.
13. Conformément à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples et aux Directives sur l'accès à l'information et les élections en Afrique
14. https://docs.un.org/en/S/RES/2800(2025)